Auteur : Jean-Marie Touratier
Date de saisie : 19/12/2005
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Galilée, Paris, France
Collection : Ecritures-Figures
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-7186-0698-9
GENCOD : 9782718606989
Le 23 juillet 1912, un événement bouscule le quotidien de Claude Monet : il ne voit plus de l'oeil gauche. Il a 72 ans. (Il mourra à 86 ans.) Cette cataracte naissante le mettra au bord de la cécité.
J'ai imaginé la vie de Monet dans son quotidien à Giverny, avec Blanche, l'épouse de son fils Jean - et sa fille ! puisqu'il a épousé sa mère. Blanche, sa disciple, sa confidente..., mais aussi peut-être, pour elle, le plus grand amour qu'elle eût au monde. Blanche dont Clemenceau disait qu'elle était «l'ange bleu de Monet».
J'ai voulu que ce récit évoque le combat mené contre la lumière qui s'en va, contre l'espace qui s'éloigne, contre le temps qui ronge..., cette vieillesse qui accapare, tandis qu'un à un, les proches disparaissent - Jean, le mari de Blanche, va mourir en février 1914. Et puis, la guerre si lointaine et si proche... Tout ce que ce que Monet appelle «les tristesses de l'heure présente» et qui lui fera écrire ces mots terribles : «Quelle terrible chose que la fin de la vie !»
Cependant, la gloire est là, et la reconnaissance. C'est le temps des nymphéas, le temps de la splendeur, le feu des lumières frémissantes en l'air et l'eau mêlées.
J'ai voulu que ce récit soit le récit de Blanche, jour après jour, à l'ombre de Monet, attentive, discrète, aimante. Blanche, sa joie, sa lumière et sa consolation.
Jean-Marie Touratier
Les dernières années de la vie de Claude Monet furent à la fois magnifiques - c'est le temps des nymphéas - et terribles : la mort de son épouse puis de son fils, tandis que, lentement, il devient aveugle. Monet, aveugle !
Ce récit, dans la nuit qui s'avance, raconte ce qui unit Monet à Blanche, sa belle-fille tant aimée :
Ainsi, en Monet, peintre illustre, vieillard qu'on aime et qu'on honore, qu'on vient de loin aimer et honorer, il y a la part de Blanche. Une minuscule part invisible, inconnue, ignorée de tous, presque d'elle-même quelquefois. Cette part, aussi enfouie soit-elle, ce fétu, est l'un de ces atomes à l'oeuvre dans cet oeuvre, derrière, au fond, au plus profond, muet, obscur, mais sans lequel la peinture ne saurait être ce qu'elle est, ce combat dans l'ultime lumière, contre la nuit qui vient. Et qui dévore.
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