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Jung, sa vie et son oeuvre

Couverture du livre Jung, sa vie et son oeuvre

Auteur : Barbara Hannah

Traducteur : Monique Bacchetta

Date de saisie : 05/07/2006

Genre : Psychologie, Psychanalyse

Editeur : la Fontaine de Pierre, Paris, France

Prix : 24.00 € / 157.43 F

ISBN : 978-2-902707-46-1

GENCOD : 9782902707461


  • La dédicace de l'auteur

Dès l'enfance, C.G. Jung s'est trouvé confronté à des d'impressions très fortes venues de l'inconscient sous la forme de rêves ou d'images puissantes. À l'âge de quatre ans, il eut le premier rêve dont il se souvienne :
Dans une prairie, il découvrait un trou noir et descendait sous terre par un escalier. Il écartait un rideau vert et voyait une chambre, un tapis rouge menant à un trône d'or sur lequel se dressait un objet gigantesque ressemblant à un tronc d'arbre, fait de peau et de chair vivante, et terminé, en haut, par un oeil. Il redoutait que l'objet puisse ramper vers lui. Il entendait la voix de sa mère dire : «Oui, regarde-le bien, c'est l'ogre, mangeur d'homme.»
Et Barbara Hannah commente :

«Ce rêve, qui ressemble si peu à un rêve d'enfant, préfigure toute la vie de Jung. De fait, comme il l'a souvent relevé, le premier rêve que l'on se rappelle contient en esquisse le destin et la personnalité à venir du rêveur. Or toute la vie de Jung a été imprégnée par le principe créateur, présent ici sous la forme d'un principe naturel caché, luttant pour atteindre la lumière de la conscience. L'angoisse ressentie à la pensée qu'il pourrait ramper vers lui préfigure ce que, plus tard, il appela le démon de la créativité [daïmon]. [...] Vers la fin de sa vie, Jung se rendit compte que ce rêve l'avait initié aux secrets de la terre. Il prédisait une sorte de mise en terre, d'enterrement dans le royaume des ténèbres, où il fallait vivre de nombreuses années pour pouvoir apporter la plus grande lumière possible dans l'obscurité. Il dit même que ce rêve fut le point de départ de sa vie spirituelle. Mais déjà à l'époque du rêve, à quatre ans à peine, il sut qu'il avait rêvé d'un Dieu souterrain.» (p. 27)

Comme le prouve ce rêve et l'interprétation qu'en donne sa biographe, la vie intérieure revêtait une importance capitale aux yeux de Jung qui considérait que les images montant de l'inconscient, les rêves, sont des événements à part entière. Vécus avec intensité, ils sont opérants, ils ont valeur d'enseignement et élargissent infiniment le champ de la conscience. Ainsi, c'est sur la base de sa propre expérience de l'inconscient que se bâtit la pensée de Jung, ou plutôt sa psychologie, comme il aimait à dire.
Quant au monde extérieur dans lequel vécut Jung, il est également très présent dans cette biographie, si bien que l'on se trouve transporté en Suisse alémanique, à Zurich et ses environs, dans le contexte historique du XXe siècle ; on suit les grandes étapes de sa vie ; on crée des liens avec son entourage, avec ses proches ; on s'ouvre aux multiples intérêts de Jung, dans des domaines aussi variés que ceux de la psychiatrie, de l'ethnologie, de l'alchimie... de la construction (faite en grande partie de ses propres mains) de sa maison secondaire, «la Tour».
Et l'on en arrive à découvrir que vie intérieure et vie extérieure sont les deux facettes d'une même réalité, qu'elles s'interpénètrent, se complètent et se nourrissent l'une l'autre.

L'itinéraire de Jung, tel que le décrit Barbara Hannah, a eu un écho profond en moi. Tout en me permettant de mieux comprendre les grandes découvertes de Jung, la présentation de sa vie et de son oeuvre agissait par ricochet. C'est comme si, mise en contact avec la profondeur de la psyché de Jung, avec l'inconscient, ma propre vie intérieure se mettait à vibrer elle aussi, à sa manière, et sollicitait mon attention, demandait à ce que je me penche sur elle et l'accueille.

Monique Bacchetta, traductrice de l'ouvrage.



  • La présentation de l'éditeur

Barbara Hannah a rencontré Jung en 1929. Après avoir été son élève, elle est devenue une collaboratrice, une amie. Une très grande compréhension de la psychologie junguienne alliée à un important travail d'analyste, des liens tissés avec Jung et sa famille, son entourage, font de l'auteur une des continuatrices les plus fidèles à son esprit ainsi qu'un des principaux témoins de sa vie.
Les rencontres avec Jung étaient consignées dans un journal, si bien que les éventuelles défaillances de la mémoire se trouvent, dans cette biographie, relayées par des notes prises au moment même où Jung vivait les événements relatés. Le récit des années vécues avant que l'auteur ne le connaisse se fonde sur les souvenirs autobiographiques de Jung, Ma Vie, et sur ceux qu'il lui a directement confiés. Dans cet ouvrage, c'est l'homme très vivant qui apparaît, et c'est aussi le chercheur des profondeurs de l'âme humaine. Les découvertes fondamentales de Jung dans le domaine de la psychologie sont en effet mises en relation avec son vécu, avec son exploration du monde intérieur, en même temps qu'elles sont présentées et analysées au fil de résumés extrêmement pertinents de ses livres.

Barbara Hannah (1891-1986) était d'origine britannique. Elle a été peintre avant de se consacrer entièrement à la psychologie junguienne. Analyste, chargée de cours à l'Institut C.G. Jung de Zurich, conférencière internationale, elle a écrit des articles et ouvrages marquants, comme Rencontres avec l'âme : l'imagination active.

Extrait du livre :

"Jung apprit le caractère objectif et réel de la psyché, son existence absolument indépendante. Nous pouvons l'explorer, mais nous ne pouvons agir sur elle que de manière excessivement limitée, si tant est que nous parvenions jamais à l'influencer. Je crois que c'est un point crucial, car c'est la source principale de l'incompréhension à l'égard de la psychologie junguienne. Les recherches faites dans le monde de l'inconscient ressemblent tout à fait aux investigations poursuivies dans d'autres domaines scientifiques: on ne peut travailler que sur ce qui existe, uniquement sur les animaux qui apparaissent dans chaque forêt en particulier, pour reprendre l'image de Philémon. Mais tout comme il existe un grand nombre de personnes qui se promènent dans la forêt sans voir les animaux qui s'y trouvent (et qui, souvent, les regardent intensément), ainsi, beaucoup de gens - et même, hélas, une grande majorité - ne voient jamais une image, n'entendent jamais un son de l'inconscient. Une caractéristique humaine très répandue consiste à affirmer que ce qui n'est pas perçu par les sens n'existe pas: on en arrive donc à nier l'existence objective de l'inconscient; et l'on se justifie en appelant "mystiques" ou "ésotériques" ces faits que l'on ne peut voir, on se refuse à les reconnaître pour ce qu'ils sont, à savoir des réalités scientifiques." (p. 146-7)



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  • Le message de l'auteur

Barbara Hannah a rencontré Jung en 1929. Après avoir été son élève, elle est devenue une collaboratrice, une amie. Une très grande compréhension de la psychologie junguienne alliée à un important travail d'analyste, des liens tissés avec Jung et sa famille, son entourage, font de l'auteur une des continuatrices les plus fidèles à son esprit ainsi qu'un des principaux témoins de sa vie.
Les rencontres avec Jung étaient consignées dans un journal, si bien que les éventuelles défaillances de la mémoire se trouvent, dans cette biographie, relayées par des notes prises au moment même où Jung vivait les événements relatés. Le récit des années vécues avant que l'auteur ne le connaisse se fonde sur les souvenirs autobiographiques de Jung, Ma Vie, et sur ceux qu'il lui a directement confiés. Dans cet ouvrage, c'est l'homme très vivant qui apparaît, et c'est aussi le chercheur des profondeurs de l'âme humaine. Les découvertes fondamentales de Jung dans le domaine de la psychologie sont en effet mises en relation avec son vécu, avec son exploration du monde intérieur, en même temps qu'elles sont présentées et analysées au fil de résumés extrêmement pertinents de ses livres.

Barbara Hannah (1891-1986) était d'origine britannique. Elle a été peintre avant de se consacrer entièrement à la psychologie junguienne. Analyste, chargée de cours à l'Institut C.G. Jung de Zurich, conférencière internationale, elle a écrit des articles et ouvrages marquants, comme Rencontres avec l'âme : l'imagination active.

Extrait du livre :

"Manifestement, Jung attacha une importance capitale à sa vie intérieure durant les années où il explora l'inconscient. Je l'ai souvent entendu dire que c'était, sans conteste, la tâche la plus dure qu'il eût jamais à accomplir. Plus tard, il lui arrivait de se sentir harcelé par un problème et la tension qui en résultait lui rappelait l'époque où il luttait dans son travail sur l'inconscient. "Mais, ajoutait-il toujours, c'était pire, bien pire." Lorsque ses élèves et ses patients se trouvaient en butte à de grandes difficultés, dans leur vie intérieure, il avait l'habitude de leur dire qu'au moment où ils atteindraient le fond de l'abîme, ils parviendraient au calme, car ils sauraient que le pire était passé. S'ils insinuaient qu'ils en étaient à ce stade, il répliquait gentiment, mais fermement: "Je me demande ce qui vous fait penser cela." Peu connaissent, par expérience, les profondeurs que Jung atteignit lorsqu'il toucha le fond et découvrit le symbole suprême ou, comme il dit: "le mandala comme expression du Soi" qui restaure "la paix intérieure". (p. 152)

Une dédicace sonore de Monique Bacchetta, traductrice de l'ouvrage


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