Auteur : Marcel Allain | Pierre Souvestre
Date de saisie : 21/08/2006
Genre : Policiers
Editeur : R. Laffont, Paris, France
Collection : Bouquins
Prix : 23.00 € / 150.87 F
ISBN : 978-2-221-10523-8
GENCOD : 9782221105238
Pendant que M. Loincaré, président de la République, visite l'asile de Sainte-Anne où est interné Juve, Fantômas se rend au Mexique où il a entreposé son fabuleux trésor. Et là, par méprise, il condamne à la pendaison son fils Wladimir et sa fille Hélène : tragique Série rouge... Fandor, lui, pleure sa mère morte dans un sanatorium où l'on trépasse très vite. Lui-même échappe de justesse aux empoisonneurs et nihilistes tapis dans L'Hôtel du crime. Pour se débarrasser de Fandor qui les poursuit en Russie, les nihilistes le dénoncent à la police secrète comme voleur du célèbre collier de la tsaritsa. Juve arrive à temps pour le sauver de La Cravate de chanvre, avant d'être arrêté à son tour. Mais il échappe au tsar pour assister à La Fin de Fantômas (et à la sienne) dans le naufrage du Gigantic. Au moment où ils s'engloutissent, Fantômas lui révèle qu'ils sont... frères jumeaux ! Fin très provisoire : Fantômas sera ressuscité onze ans plus tard par Marcel Allain seul.
Fantômas, c'est d'abord un personnage énigmatique. En témoigne ce passage du premier chapitre du premier roman de la série :
"Fantômas !
- Vous dites ?
- Je dis... Fantômas.
- Cela signifie quoi ?
- Rien... et tout.
- Pourtant, qu'est-ce que c'est ?
- Personne... mais cependant quelqu'un.
- Enfin, que fait-il, ce quelqu'un ?
-- Il fait peur..."
Oui, avant tout, il fait peur, ce génie du crime qui vole, escroque, fait chanter, séquestre et assassine à une cadence impressionnante et avec, souvent, un sens grandiloquent de la mise en scène : quand, dans L'Assassinat de Lady Beltham, il guillotine sur scène l'actrice Rose Coutureau, les spectateurs des premiers rangs sont éclaboussés de sang ! Fantômas n'est pas pour rien le maître de l'Effroi !... Ce sont les douze derniers volumes de cette saga unique que réédite aujourd'hui la collection "Bouquins", accompagnés de divers appendices, tels une impressionnante bibliographie des deux auteurs ou un dictionnaire des personnages. Cette portion du feuilleton-fleuve frénétique truffé de coups de théâtre qu'est Fantômas permet de comprendre à la fois le succès public et l'aspect mythologique du grand oeuvre de Souvestre et Allain...
D'après Malraux, «l'Occident moderne n'a créé que deux mythes: Don Juan et Faust». Les mythes, comme les dieux de l'Olympe, répondent à une hiérarchie. Derrière Faust et Don Juan, on ajoutera Dracula, Madame Bovary (peu de mythes sont féminins !), Lolita, Sherlock Holmes et Fantômas. Il est curieux que l'auteur de L'espoir ait oublié ce dernier car il lui rend hommage dans La condition humaine. Et il ne fut pas le seul : de Desnos à Cocteau, de Max Jacob à Vialatte, de Cendrars à Neruda, Fantômas, «le monstre aux yeux gris», a eu de prestigieux chantres. Pourtant, bon Dieu, que c'est mal écrit ! Car dicté à toute vitesse. Souvestre et Allain y allaient au sprint. Il faut dire qu'ils écrivaient pour L'Auto de H. Desgranges, inventeur du Tour de France. Ils ne pensaient pas à faire oeuvre d'art mais à gagner des sous. Ils en raflèrent beaucoup.
Tout cela se passait avant la Première Guerre mondiale. Souvestre le gosse de riche et Allain le petit chose s'en donnent à coeur joie, ajoutant ce piment qui rôde dans l'inconscient des débuts de siècle : la peur. Ce «piment qui rôde» est une métaphore hardie en hommage à ceux qui écrivent sans broncher: «Il lui plongea son poignard dans le coeur, mais il fallait plus que cela pour arrêter Fandor.»...
Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli