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La souterraine

Couverture du livre La souterraine

Auteur : Christophe Pradeau

Date de saisie : 04/12/2005

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Verdier, Lagrasse, France

Collection : Chaoïd

Prix : 12.00 € / 78.71 F

ISBN : 978-2-86432-445-4

GENCOD : 9782864324454


  • La présentation de l'éditeur

La Souterraine peut se lire comme l'accomplissement d'une promesse : "Nous avions juré de nous rappeler jusqu'à l'heure de notre mort - c'était la formule que j'avais répétée après elle - ce que ça fait d'être un enfant." Sur le chemin qui les ramène chaque dimanche de Lubersac, le village de la grand-mère, vers cette ville qui est la leur et "dont le nom est secret", Laurence et son frère, le narrateur, ont inventé, pour conjurer l'ennui et la nausée qui les assaillent en voiture, un jeu qui consiste à s'emparer de chaque détail du paysage en lui attribuant une histoire. C'est ainsi que l'enfance se protège et s'oriente dans le brouillard des routes, de la peur, de la famille, de la géographie et de l'Histoire. Un soir d'hiver, sur l'écran de la vitre, ce brouillard que fend la voiture devient pour le frère et la soeur l'épaisseur même du langage. "S'engouffrer dans les mots", comme tout y invite dès lors, c'est explorer "l'intimité insituable des rêves" au risque de se perdre en retour dans ce qu'ils ont pour fonction de conjurer.





  • La revue de presse Jean-Baptiste Harang - Libération du 23 décembre 2005

... C'est un livre d'écriture où seule la vie est souterraine, la vie imaginaire de Laurence, une petite fille qui deviendra grande, après avoir longtemps eu peur du brouillard,... un monde construit comme un rêve, un rêve répété, nourri de culture et d'obstination,... C'est un garçon qui raconte, il ne dit pas son nom, il est le frère de Laurence. Ils sont petits dans une voiture conduite par le père, la mère est malade à la place du mort. Ils sont pris dans le brouillard, à n'y plus voir, tout ce qui n'entre pas par les yeux appartient à la vie souterraine. Le paysage se construit de mémoire, le dessinant en aveugle sur les vitres dans la buée des respirations, tandis que, de l'autre côté, le givre tente de bloquer les écoutilles. Les deux premiers tiers du livre sont engourdis de brouillard, écrits dans la lenteur apeurée du froid, d'une plume sérieuse, guidée de souvenirs, de fantaisie et d'application, phrases longues et balancées, trop justes, presque surécrites de peur de ne l'être pas assez,... Neuf heures de brouillard et de pistes brouillés jusqu'à la page 94 : «Etouffés d'ouate, blottis dans notre voiture comme dans un cocon, nous étions réduits à l'état de larves attendant nous ne savions quelle métamorphose ou que n'avance pour nous dévorer l'araignée qui avait jeté sa toile sur l'univers.»

L'araignée ne viendra pas et tout se métamorphose dans la seconde partie du livre, «la Route de l'ambre», la somptueuse histoire de Sédulius, inventée, peaufinée par Laurence, en partance vers ce monde souterrain et merveilleux de lourdes abeilles, d'animaux fabuleux, et, plus tard, de cabines téléphoniques sarcophages, alvéoles funèbres, dans ces dernières pages, le style travaillé du début trouve une harmonie naturelle avec ce qu'il invente...


  • La revue de presse Baptiste Liger - Lire, décembre 2005

Les enfants savent occuper les trajets en voiture. Pas seulement en se chamaillant. Chaque dimanche, Laurence et son frère reviennent de chez leur grand-mère. Leur aïeule leur a raconté ses souvenirs tout l'après-midi. Et les gamins, des histoires plein la tête, se plaisent à revivre ces anecdotes, au retour... Les paysages bougent dans le brouillard nocturne, et deviennent des formes abstraites, des fantômes. Un soir, alors que sa soeur dort à côté de lui, le narrateur sent que quelque chose se passe, sans pour autant trouver les mots pour le dire. Serait-il en train de percevoir le mécanisme du temps ?... Construit en très courts chapitres, le roman superpose les époques et les sensations, comme autant de digressions, avec une incroyable évidence...


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