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Adieu à l'amitié : Hemingway, Dos Passos et la guerre d'Espagne

Couverture du livre Adieu à l'amitié : Hemingway, Dos Passos et la guerre d'Espagne

Auteur : Stephen Koch

Traducteur : Marie-France Girod

Date de saisie : 04/12/2005

Genre : Littérature Etudes et théories

Editeur : Grasset, Paris, France

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 978-2-246-65471-1

GENCOD : 9782246654711


  • La présentation de l'éditeur

1936 : la guerre d'Espagne éclate. Pour certains, c'est le "grand soubresaut historique" que les intellectuels du monde entier attendaient depuis longtemps - le point culminant de la lutte opposant la droite fasciste, incarnée par le général Franco, à l'extrême gauche, menée par le gouvernement espagnol élu. Mais d'autres, à l'image de John Dos Passos, chantre de la Vérité et du modernisme, s'aperçoivent bientôt que les choses ne sont pas si simples - surtout dans la mesure où le Front populaire est financé et noyauté par le Komintern. A la mort de son grand ami Jose "Pepe" Robles, professeur et agent de liaison à la solde des autorités soviétiques, accusé de trahison et fusillé, "Dos" remuera ciel et terre pour dénoncer l'injustice et enrôler son entourage dans le combat - en particulier Hemingway. Mais pour "Hem", la guerre représentait une expérience indispensable au regain de sa santé artistique et émotionnelle. Dans cette fresque historique magistrale, Stephen Koch nous conte les splendeurs et misères d'une époque fascinante, qui vit le monde s'embraser et deux des plus grands noms des lettres américaines se déchirer, une époque où l'Histoire pouvait encore briser les coeurs.

Stephen Koch, ancien directeur des ateliers d'écriture à l'université Columbia, est romancier, historien, et auteur d'un essai qui a fait date La Fin de l'innocence : les intellectuels d'Occident et la tentation stalinienne, 30 ans de guerre secrète, publié en 1995 chez Grasset.



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  • La revue de presse Frédéric Vitoux - Le Nouvel Observateur du 1er décembre 2005

C'est une histoire d'amitié, déchirante comme toute amitié trahie. Une histoire du XXe siècle puisque tout commença à l'ombre de la Première Guerre mondiale, s'y précipita dans la montée des totalitarismes et s'y dénoua en pleine guerre civile espagnole, à l'heure des épurations staliniennes dans les rangs républicains. Une histoire littéraire enfin, puisqu'elle vit s'y affronter deux des plus grands écrivains américains de leur temps : John Dos Passos et Ernest Hemingway... Toute histoire d'amitié, comme toute histoire d'amour, a besoin d'une tierce personne pour précipiter la crise. José Robles joua ce rôle entre Hemingway et Dos Passos qui se rencontrèrent pour la première fois en 1918, alors qu'ils servaient comme ambulanciers sur le front italien. La complicité des deux écrivains fut d'abord sans ombre. Chacun avait pris la mesure du génie de l'autre. Ils connurent la célébrité en même temps. Mais si Dos Passos eut les honneurs de la couverture du «Time» après la parution de «la Grosse Galette», le troisième volet de sa trilogie «USA», Hemingway était, et de loin, le plus doué pour la gloire, il la chérissait, il forgeait patiemment sa propre mythologie. Gauche, taciturne, «Dos» n'était animé pour sa part d'aucun souci théâtral de faire valoir son courage ou sa puissance virile. L'instauration de la République en Espagne le transporta en revanche d'enthousiasme. «Hem» fut plus réservé. La République ? A la rigueur, du moment que les républicains ne touchaient pas à la feria. Bien entendu, les communistes américains (et derrière eux le Komintern) tentèrent de se servir de Dos Passos, l'homme de gauche. Mais au moment de la guerre civile «Hem» se révéla une recrue plus malléable, plus prestigieuse encore. Les deux hommes se retrouvèrent à Madrid en mars 1937, au moment où Robles venait de disparaître. Dos Passos posa aux autorités d'embarrassantes questions. Hemingway se tut et, pis, se dressa cruellement contre son ami. Il ne fallait pas désespérer les combattants loyalistes, n'est-ce pas ? Quand on vous parlait de trahisons...


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