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Amérique, premier amour

Couverture du livre Amérique, premier amour

Auteur : Mario Soldati

Traducteur : Nathalie Bauer

Date de saisie : 30/11/2005

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Le promeneur

Prix : 24.00 € / 157.43 F

ISBN : 978-2-07-077393-0

GENCOD : 9782070773930


  • La présentation de l'éditeur

1929. Du paquebot qu'il a pris à Gênes, Mario Soldati voit surgir Long Island. Armé d'une bourse d'études à l'université Columbia, le jeune homme de vingt-trois ans s'apprête à découvrir un pays vers lequel il est poussé par une ferveur irrépressible. Son parcours est celui de l'émigrant, désireux de couper tout lien avec une nation qu'il ne reconnaît plus, l'Italie du fascisme, et de se tailler une place dans une société neuve, vitale, fébrile. À son arrivée, c'est le choc de la modernité - gratte-ciel, avenues bondées, métro, ponts surélevés -, et bientôt tous les éléments se mettent en place pour composer cet ouvrage d'apprentissage sous le couvert du reportage : université, promenades à Manhattan, rencontres à Harlem, restaurants italo-américains, week-end d'amour à la campagne, fureur du jazz, misère et luxe, prohibition... Le rêve américain est partout, y compris dans les hôtels sordides ou dans les rues du Chicago d'Al Capone, mais l'auteur ne parvient pas à le saisir : les mois passent, l'argent manque, la solitude s'accentue, entraînant une inévitable nostalgie. Histoire d'un amour déçu, ce récit d'une grande beauté stylistique fut qualifié par Pietro Citati de "dernière Île au trésor de notre époque".

Journaliste et cinéaste prolifique, Mario Soldati (1906-1999) est considéré comme l'un des plus grands romanciers de l'Italie contemporaine. De Mario Soldati, Le Promeneur a déjà publié La confession, La fenêtre, La veste verte, L' enveloppe orange, Le vrai Silvestri, Le père des orphelins, El Paseo de Gracia, L'acteur et La vérité sur l'affaire Motta.



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  • La revue de presse Jean-Baptiste Marongiu - Libération du 17 novembre2005

Serait-ce le trop de dons exprimés ailleurs que dans les livres (le cinéma, la télévision, la presse...) qui a dispersé, voire gâché, l'extraordinaire talent littéraire de Mario Soldati ? Ou est-ce l'amour de la vie croquée à pleines dents (le bon vin, les belles femmes, les bons cigares, pour ne pas parler des beaux garçons, étudiants ou marins) qui a relativisé chez lui l'exercice des arts, y compris l'écriture ? Enfin, son papillonnage quelque peu ombrageux ne serait-il pas le signe d'une connaissance intime et désabusée des doubles fonds de l'âme que l'éducation dans un collège jésuite a sûrement contribué à sonder et, en même temps, l'aveu d'une difficulté à colmater la fissure entre la chair et l'esprit, le réel et l'idéal de l'homme ? Il y a tout cela dans les livres de Mario Soldati, mais en facettes démultipliées... Le premier amour et le premier voyage sont des maladies semblables, écrit Mario Soldati qui a essayé de guérir le mal par le mal, en recherchant en sa période américaine des femmes plutôt blanches, vu que les Noires semblaient le fuir avec horreur, et des jeunes hommes plutôt blonds. A sa mort, en 1999, ses amis mettaient en avant qu'il avait été toujours entouré de belles créatures, suscitant quelques sarcasmes des militants gays au fait de la chose littéraire. Amérique, premier amour ne démentira pas ces allégations. Les histoires avec les femmes sont tristes, à l'image du côté désespérant de l'Amérique, et finissent mal parce qu'elles semblent, dès le premier jour, ne pas avoir de futur. Les rencontres suggérées, ou que l'on devine, avec les hommes sont heureuses, comme l'autre visage irréductiblement nomade et optimiste d'un monde naissant : «Ici je rencontrai Jim, ici Oliver, ici Gene, ici je vis le blond Clyde pour la première fois.» Ce sont tous des marins : «Grands, dos voûtés contre le mur, mains dans les poches, longues jambes écartées, cigarette pendant aux lèvres, béret blanc écrasé sur le front, yeux fermés à demi pour épier le regard du passant.» Aimer l'Amérique et la vie, c'était la même chose : «L'Amérique est un état d'âme, une passion. Et n'importe quel Européen peut, à tout moment, contracter le mal d'Amérique, être rebelle à l'Europe et devenir américain.»


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