Auteur : Manicamp
Date de saisie : 27/11/2005
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Grasset, Paris, France
Prix : 14.00 € / 91.83 F
ISBN : 978-2-246-69871-5
GENCOD : 9782246698715
"Jamais la France n'avait paru si triste qu'à l'automne 2005. Cet état eût pu s'améliorer sans peine si la perspective d'un règne qui n'en finissait pas n'avait paru très longue. D'ordinaire le pouvoir se concentrait où était la puissance. Cette fois la puissance avait disparu, le pouvoir avec elle ; un quadrilatère de pierres grises les remplaçait. Il semblait vide. C'était le Palais de l'Elysée..." Ainsi débute ce roman de politique fiction d'une drôlerie, d'une poésie et d'une rosserie incomparables, où se reconnaît le coup de griffe unique de Manicamp.
Manicamp, pseudonyme emprunté à Alexandre Dumas, est l'auteur du best-seller Mitterrand s'en va (Orban, 1992).
Manicamp : c'est le nom d'un fromage picard, aujourd'hui quasiment disparu des étalages, et c'est le patronyme d'un personnage d'Alexandre Dumas, que l'on voit apparaître dans Le Vicomte de Bragelonne, inspiré d'un contemporain de Louis XIV, souvent mentionné dans les Mémoires de Saint-Simon, et réputé, comme ce dernier, pour être parfaitement renseigné sur les us et coutumes de la cour du Roi-Soleil. C'est aussi le pseudonyme de Stéphane Denis, que les lecteurs du Figaro connaissent bien.
Il y a quelques années, Manicamp, alias Bernard des Saints-Pères, autre pseudonyme de Stéphane Denis, nous avait gratifié d'un Mitterrand s'en va, sorte de libelle qui empruntait aux genres du pastiche et de la politique-fiction... Avec Chirac s'en va, Manicamp renoue avec un genre qu'il maîtrise mieux que quiconque aujourd'hui. Si les personnages de cette chronique d'un pouvoir qui se délite ont changé, le décor et la manière restent les mêmes. Comme à la fin du second septennat de François Mitterrand, on retrouve un palais de l'Elysée plongé dans une ambiance crépusculaire, avec ses courtisans de fin de règne, ses fonctionnaires empressés et les ambitions qui s'avouent et se découvrent enfin. D'une cérémonie de remise de décorations à une séance du Conseil des ministres, en passant par un dîner Rue de Valois, où il est question d'adapter La Princesse de Clèves pour la télévision, avec des scènes qui seraient tournées aux Bains-Douches et à la Mamounia, Manicamp décrit avec férocité la comédie du pouvoir, ou ce qu'il en reste.
Personne n'est épargné dans ce jeu de massacre qui vire rapidement à la farce. C'est cruel et c'est délicieux..
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