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La Bible nouvellement translatée de Sébastien Castellion

Couverture du livre La Bible nouvellement translatée de Sébastien Castellion

Auteur : Pierre Gibert | Introduction de Jacques Roubaud

Traducteur : Christine Gomez-Géraud

Date de saisie : 23/11/2005

Genre : Religion, Spiritualité

Editeur : Bayard, Paris, France

Prix : 179.00 € / 1174.16 F

ISBN : 978-2-227-47544-1

GENCOD : 9782227475441


  • La présentation de l'éditeur

"Le but essentiel de Castellion était de fournir à ses lecteurs une traduction du texte biblique aussi directe que possible dans son expression. Il parle dans une langue qui fait appel à toutes les ressources mises à sa disposition par son activité d'humaniste, de pédagogue, de lecteur, de polémiste. Elle est constamment imagée, vivante, concrète et garde aujourd'hui encore un extraordinaire pouvoir de suggestion. La Bible française de Castellion est une des plus belles traductions de la Bible, un chef d'oeuvre de la littérature française." Jacques Roubaud





  • La revue de presse Jean-Baptiste Marongiu - Libération du 23 décembre 2005

Le temps n'a pas été juste avec Sébastien Castellion (1515-1563). Ni le sien où, en pleine Réforme, le sale caractère, une humilité altière et le penchant à ne pas transiger sur les principes en ont fait un ennemi chez les protestants mais pas un ami des catholiques, ni les quatre siècles et demi séparant la parution de son grand oeuvre ­ une des premières traductions en français de la Bible ­ et la seconde édition de celle-ci, précieuse à plus d'un titre, paraissant aujourd'hui. De cette véritable météorite, ne restaient jusqu'à présent que six ou sept exemplaires de par le monde. C'est tout le paradoxe saisissant de l'entreprise et du destin de Castellion : sa Bible, il l'avait adressée au plus grand nombre, pour tout dire aux incultes ­ mais elle ne fut lue que par les clercs, docteurs et théologiens de tous bords, qui la réfutèrent pour mieux la refuser et, au final, la faire disparaître. Voulant élargir le petit cercle des initiés et des spécialistes, la deuxième édition intégrale, sans toucher à la syntaxe, a modernisé la ponctuation et, en partie, l'orthographe ­ tout en entourant cet écrin du français et de la religiosité de l'époque des guerres de religion par d'opportunes préfaces, notes et commentaires...

Si la Bible en latin de Castellion visait évidemment les savants, celle en français est adressée, comme il l'explique dans sa préface, aux «idiots». Chez Erasme, et à sa suite, ce terme désigne un vaste groupe où se côtoient femmes, artisans, pauvres, en somme toutes ces catégories sociales, rustiques autant qu'on veut, mais qui étaient finalement les destinataires prioritaires du message évangélique. Rien de plus canonique, sauf que Castellion en tire, dans sa traduction, des conséquences pratiques inédites qui vont provoquer un choc en retour explosif sur la doctrine. Si l'on ne peut toucher à l'esprit des Ecritures, que seul Dieu à la limite connaît, la lettre, elle, est humaine. Aussi la parole divine sera-t-elle disponible pour une traduction à l'infini dans la langue justement des «idiots», du peuple. Dès lors, c'est le traducteur qui en devient le passeur en son âme et conscience, et non pas les autorités d'une Eglise ou d'une autre... «Tuer un homme, ce n'est pas défendre une doctrine, c'est tuer un homme.» Cette phrase, devenue plus célèbre que son auteur, Castellion l'a écrite pour s'insurger contre le supplice, sur ordre de Calvin, de Michel Servet à Genève le 27 octobre 1553...


  • La revue de presse Patrick Kéchichian - Le Monde du 18 novembre 2005

Une édition nouvelle de la Bible peut-elle encore constituer un événement ? En 2001, ce que l'on a appelé la "Bible des écrivains" avait connu un succès plus qu'honorable. Le projet était audacieux et démontrait, s'il en est besoin, la vivacité toujours disponible du texte sacré. Le succès avait suivi : 170 000 exemplaires vendus, dont 20 000 en poche. Les mêmes éditions Bayard, sous l'impulsion de Frédéric Boyer, leur directeur, se sont lancées, il y a quatre ans, dans une autre aventure, non moins hardie et risquée. Elle voit aujourd'hui son aboutissement dans un volume argenté qui porte ce titre : La Bible nouvellement translatée par Sébastion Castellion, suivi d'une date : 1555.

De quoi s'agit-il ? D'abord d'une découverte. De cette Bible, on ne recense que quelques exemplaires dans le monde. Mais sa réputation va bien au-delà, car cette oeuvre est incontestablement un monument du patrimoine linguistique et littéraire de la Renaissance. En cette époque troublée où la religion réformée tentait d'étendre son influence face au catholicisme, la traduction de Castellion vint perturber les enjeux en proposant une vision trop singulière et dérangeante des Saintes Ecritures. La censure et le refoulement s'exercèrent, comme si cette Bible contenait une puissante force de subversion... Castellion, au même titre que Rabelais, Ronsard ou Du Bellay, est un exceptionnel inventeur et artisan de la langue, à une époque où elle se forme, se cherche. En termes d'invention linguistique justement (dialectismes, introduction de mots familiers ou populaires notamment), cette Bible, avec ses gravures d'origine, est bien plus qu'une curiosité. Dans le texte, Jacques Roubaud avance cette hypothèse plus que plausible, et qui conserve aux Ecritures leur pouvoir de conversion : "C'est dans sa longue fréquentation des deux parties de la Bible, dans son désir de la faire lire en français d'une manière à la fois fidèle et accessible, qu'il (Castellion) a forgé non seulement son style, mais aussi ses convictions."


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