Auteur : Nicole Lemaître | Dirigé par Patrice Marcilloux
Date de saisie : 02/02/2006
Genre : Sciences humaines et sociales
Editeur : Ed. du CTHS, Paris, France
Prix : 32.00 € / 209.91 F
ISBN : 978-2-7355-0568-5
GENCOD : 9782735505685
Le travail est-il toujours «le vrai dieu de l'histoire, sombre forgeron qui a forgé dans sa caverne obscure les destinées humaines», décrit par Jaurès ? Les vingt-huit communications ici réunies abordent la question de la place du travail dans les sociétés humaines sous l'angle de l'histoire des représentations : comment et pourquoi le travail est-il devenu une valeur propre, quelles ont été les variations de son contenu. Pour mener à bien cette enquête, l'ouvrage interroge une grande diversité de sources, avec à la fois beaucoup de rigueur et d'originalité : littérature militante, récits de voyageurs, peintures, photographies, films, architectures urbaines. Grâce à l'étude des images du travail dans la peinture ou dans le cinéma, en auscultant des films ou des récits d'ouvriers sur Renault, en tentant de cerner la notion de travail chez Descartes, Hugo, Balzac, Flaubert ou Zola, en scrutant les archives photographiques, en examinant les sceaux médiévaux ou les sculptures antiques, en interrogeant les décors des bâtiments publics on parvient à percevoir l'histoire du déploiement d'une perception valorisée du travail. Malgré une étymologie défavorable (tripaliare, torturer avec un tripalium), on s'affranchit de l'idée d'un travail/soumission pour passer à un travail synonyme de richesse, de valeur morale, de vertu ou de création. Au-delà de la réflexion historique, le livre est aussi l'occasion de (re)découvrir nombre d'oeuvres artistiques ou littéraires, toutes archives passionnantes à dépouiller. Qui a jamais écrit plus grandiose monument au travail et au travailleur dans la singularité de la tâche de chacun que l'Henri Pichette de l'Ode à chacun :
Je dis les coeurs tapant leurs cages ;
Tous les harnachements et tous les cahotages ;
Quiconque a cru cent fois mourir dans ses souliers ;
Les marcheux, les hercheurs, les schlitteurs, les rouliers ;
Les gravatiers, les saccatiers, les porteballes,
Les conducteurs de si gémissants triqueballes,
Les trimballeurs de seaux, de bidons, de baquets,
Les frotteurs et ponceurs et cireurs de parquets,
Le pas des matineux qui rentrent aux usines,
Les métallos - frittiers ! puddleurs ! - hommes-machines
[...]
Tout le bétail humain chargé de tous les bâts,
Ceux qui s'endorment morts d'immense lassitude,
... Noyés voyant des bâtiments de servitude...
Patrice Marcilloux, directeur de l'ouvrage
À l'heure où la civilisation traditionnelle du travail se fissure, où certains pensent que le travail est désormais une valeur en voie de disparition, les vingt-huit communications ici rassemblées explorent le champ des images et des représentations du travail, de l'Antiquité à nos jours. À cette fin, les auteurs interrogent des sources variées et parfois inhabituelles : littérature militante, récits de voyageurs, peinture, photographies, films. Loin de se contenter de rechercher dans ces images une validité documentaire, un reflet de la réalité, ils s'attachent principalement à cerner les étapes de la définition du travail comme valeur et décrivent les différentes représentations mentales dont les groupes humains, sociaux ou géographiques, l'ont paré au cours des âges.
Commander ce livre sur Fnac.com
Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli