De l'aigle impérial au drapeau rouge / Passion du livre

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.. De l'aigle impérial au drapeau rouge

Couverture du livre De l'aigle impérial au drapeau rouge

Auteur : Piotr Krasnov

Traducteur : Xenia Yagello

Date de saisie : 13/10/2017

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Ed. des Syrtes, Paris, France

Prix : 25.00 €

ISBN : 9782940523580

GENCOD : 9782940523580

Sorti le : 05/10/2017

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  • La présentation de l'éditeur

Paru à Berlin en 1921-1922, De l'aigle impérial au drapeau rouge rencontra dès sa parution un immense succès littéraire dans l'émigration russe. Dans un style flamboyant, le livre décrit la vie en Russie depuis le début du règne de Nicolas II jusqu'à la fin de la guerre civile. L'art de Krasnov fait penser à un roman-feuilleton, à l'image de ses prédécesseurs français du XIXe siècle, notamment Alexandre Dumas. Grâce à de nombreux rebondissements et coups de théâtre, l'auteur nous plonge dans le bruit et la fureur de temps devenus lointains, décrivant la fin d'une époque, ne nous épargnant aucune cruauté de la Grande Guerre, de l'agonie de la Russie impériale et de la terreur tchekiste, avec un mélange de mélancolie et de sentimentalisme, de courage et d'euphorie en même temps que d'abattement et de recherche du tragique. Tout cela donne au livre une âme éminemment russe et en fait une grande réussite littéraire.

Piotr Nikolaïevitch Krasnov (1869-1947) était un officier russe et un écrivain, défenseur du gouvernement provisoire contre la révolution d'Octobre, qui combattit dans les armées blanches durant la guerre civile russe. Il est l'auteur de nombreux romans dont le plus connu, De l'aigle impérial au drapeau rouge, a été traduit en une douzaine de langues.





  • La revue de presse Elena Balzamo - Le Monde du 12 octobre 2017

Publié en 1921 à Berlin, une version française, abrégée, parut en 1926 ; la présente traduction, intégrale, donne enfin une idée adéquate d'une oeuvre qui a captivé des générations de lecteurs.



  • Les premières lignes

Extrait de l'avant-propos

«L'heure sonnera, noire pour la Russie,
Où tombera la couronne des tsars.
La populace oubliera l'amour qu'elle leur portait.
Et beaucoup n'auront pour pitance que le sang et la mort.»

Le poète Mikhaïl Lermontov écrit en 1830 ces mots prémonitoires dont on dirait qu'ils sont la trame du roman De l'aigle impérial au drapeau rouge de Piotr Nikolaïevitch Krasnov, écrit immédiatement après la révolution d'Octobre et qui rencontra un immense succès auprès de l'émigration russe en France. Les Éditions des Syrtes rééditent aujourd'hui ce livre et permettent ainsi aux lecteurs francophones de découvrir un écrivain russe dont ils ignorent, pour la plupart, jusqu'à l'existence.
Ce n'est que justice, car Piotr Krasnov n'est pas qu'un général du tsar Nicolas II, qu'un ataman des Cosaques du Don pendant la guerre civile russe, c'est aussi un talentueux romancier au style réaliste, direct et efficace, dont les phrases claquent comme des balles. Il sait, à l'instar d'Alexandre Dumas et d'autres feuilletonistes du XIXe siècle - on chercherait en vain de tels romanciers dans la littérature française contemporaine - happer ses lecteurs, les tenir en haleine et les lâcher sur une chute frustrante, dans les courts chapitres, qui se succèdent en rafales, sur lesquels ils se précipitent pour vérifier si l'auteur a tenu compte de ce que leur imagination avait construit. En effet, Krasnov fait preuve d'un sens dramatique efficace en s'emparant de l'histoire de la Russie d'Alexandre III et de Nicolas II jusqu'à la fin de la dynastie des Romanov. Il emporte ses lecteurs, dès l'entame du roman, dans un tourbillon qui les rend acteurs des événements qui jalonnent l'existence des personnages du livre. Krasnov aime le mouvement, et le mouvement il le restitue par le rythme qu'il imprime à une histoire qui ne connaît pas de temps mort, par ses dialogues vifs et naturels, par sa façon efficace de camper ses personnages, appliquant parfaitement le principe qu'énonça Dumas : «Commencer par l'intérêt, au lieu de commencer par l'ennui ; commencer par l'action au lieu de commencer par la préparation ; parler des personnages après les avoir fait paraître au lieu de les faire paraître après avoir parlé d'eux.»
Et quels personnages ! Nous les voyons tous, principaux et secondaires, de fiction ou réels, qui cohabitent pour le meilleur et pour le pire, nous sommes avec eux, nous nous identifions à eux tant Krasnov parvient à leur donner vie, une consistance de chair et de sang. Comment ne pas partager la joie de Sabline découvrant l'amour avec la jolie Kitty ? Comment ne pas s'émouvoir du destin tragique de Maroussia ? Comment ne pas avoir de l'empathie pour le chevaleresque lieutenant Karpov ? Comment ne pas être horrifié du massacre de la famille impériale (juillet 1918) ainsi que le raconte Tania Sablina, la fille de Sabline, dans une lettre émouvante qu'elle écrit à son père, alors prisonnier dans les geôles de la Tcheka ? Chez Krasnov, il y a les bons et il y a les méchants - les méchants sont évidemment les Rouges, on partage l'aversion de son héros, Sabline, pour Vertsinski, intelligent mais cynique, à l'âme tourmentée, on ressent de la haine pour les Korgikov et leur sauvagerie. Et puis il y a l'armée, l'armée russe du tsar, l'armée, colonne vertébrale du roman, à laquelle Krasnov voue un attachement sans bornes : ses descriptions des revues de troupes et des charges de cavalerie sont un modèle du genre, l'armée du tsar y est montrée dans toute sa splendeur, et son courage immense de même que son sacrifice pendant la Grande Guerre sont salués et évoqués dans nombre de pages avec un réalisme sanglant. L'occasion pour Krasnov/Sabline d'exprimer un regret, récurrent dans le roman, celui qui oblige, par le jeu des alliances résultant de la Triple Entente, l'armée russe à combattre l'armée allemande alors que pour lui, et son héros Sabline, ce sont l'Angleterre et la France les véritables ennemis de l'Empire russe et non l'Allemagne. Krasnov paiera de sa vie sa germanophilie assumée, mais malheureusement poussée jusqu'à un extrême inadmissible de 1941 à 1945, dont l'antibolchevisme radical du général est la cause première.


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