Vernon Subutex. Volume 3 / Passion du livre

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.. Vernon Subutex. Volume 3

Couverture du livre Vernon Subutex. Volume 3

Auteur : Virginie Despentes

Date de saisie : 28/07/2017

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Grasset, Paris, France

Prix : 19.90 €

ISBN : 978-2-246-86126-3

GENCOD : 9782246861263

Sorti le : 24/05/2017

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Vous l'attendez depuis deux ans, le voici ! Vernon Subutex 3, le retour de Vernon, suite et fin de la trilogie.
il revient...

A PROPOS DE VERNON SUBUTEX 1

Prix Anaïs Nin, Prix Landerneau, Prix de la Coupole, Prix du Roman-News, Prix du meilleur roman Lire

«Magistral et fulgurant. Une oeuvre d'art.»
François Busnel, L'Express
«Une formidable cartographie de la société française contemporaine.»
Nelly Kaprièlian, Les Inrockuptibles
«On se doutait que Despentes pouvait écrire une grande fresque, mais on ne savait pas qu'elle y parviendrait avec une telle grâce.»
Frédéric Beigbeder, Le Figaro Magazine
«Virginie Despentes touche au sommet de son art.»
Alexis Brocas, Le Magazine littéraire
«Une comédie humaine d'aujourd'hui dont Balzac pourrait bien se délecter.»
Pierre Vavasseur, Le Parisien

A PROPOS DE VERNON SUBUTEX 2

«Un livre de combat.»
Nathalie Crom, Télérama
«Une immense romancière.»
Augustin Trapenard, Le Grand Journal
«Une construction romanesque exceptionnelle. Unique !»
Sandrine Mariette. Elle
«Une singulière précision, une beauté souvent prenante, un étonnant souci de chercher, ou de préserver, une délicatesse menacée.»
Pierre Pachet, La Quinzaine littéraire
«Le livre de l'année.»
Yann Barthès, Le Petit Journal

Virginie Despentes est l'auteur, notamment, de Baise-moi (1993, adapté au cinéma et coréalisé avec Coralie Trinh Thi), Les jolies choses (1998), Teen Spirit (2002), Bye bye Blondie (2004, adapté au cinéma par l'auteur), King Kong Théorie (2006), Apocalypse bébé (2010, prix Renaudot).





  • La revue de presse Sophie Joubert - L'Humanité du 1er juin 2017

Vernon Subutex captive en mêlant l'efficacité du polar et de la série télé à une empathie sincère pour des personnages qu'on trouve rarement dans la littérature française, des paumés en tout genre naviguant entre l'underground et la classe moyenne, les marges et le show-biz. Comme les scènes d'un film au montage virtuose ou les morceaux d'une play-list parfaite, Virginie Despentes juxtapose des pans de vie. Elle jongle avec toutes les nuances et les appartenances, sexuelles ou politiques, épouse le point de vue du salaud, de la mère de famille ou du mari violent, sans jugement. En trois tomes, elle a assemblé les briques d'un édifice ouvert aux quatre vents, de plus en plus perméable aux déflagrations qui ont embrasé la France  : les attentats de Paris, la crise des migrants, Nuit debout ou la montée du Front national...


  • La revue de presse Marie-Laure Delorme - Le Journal du Dimanche du 21 mai 2017

Le temps qui passe est justement au centre de la trilogie Vernon Subutex. L'auteure de Baise-moi (1993) y raconte la fin de l'adolescence à 50 ans, les poches vides des enfants perdus du rock et du porno, l'engloutissement d'un monde dans un style nostalgique d'opéra rock. Elle dresse avec maestria, à partir de l'itinéraire d'un ancien disquaire jeté à la rue, un bilan désenchanté de la société française. Tableau cru de vies déchirées en mille petits morceaux. Des ombres colorées dansent toujours sous son regard clair...
La romancière décortique ainsi la manière dont on construit les histoires qui nous gouvernent. Les histoires qu'on nous raconte, les histoires qu'on se raconte.


  • La revue de presse Nelly Kaprièlian - Les Inrocks, mai 2017

C'est le roman le plus attendu de l'année. Avec Vernon Subutex 3, Virginie Despentes clôt sa trilogie entamée en 2015 et plonge ses personnages dans l'actu récente, des attentats du 13 novembre à Nuit debout. Hautement politique, virtuose, violent mais aussi drôle, il risque de surprendre les lecteurs avec une fin inattendue. De la dynamite...
L'énergie et la force intactes, exacerbées par l'expérience qu'elle a acquise en vingt ans d'écriture, auront abouti à l'une des oeuvres les plus excitantes de notre époque : une traversée virtuose, drôle, juste, dans toutes les classes sociales et idéologies françaises, via son personnage de disquaire à la dérive, Vernon Subutex...


  • La revue de presse Amandine Schmitt - L'Obs du 25 mai 2017

Virginie Despentes est de retour, et elle cogne toujours aussi fort. En janvier 2015, elle démarrait les aventures de Vernon Subutex, ce disquaire déchu qui zonait dans Paris, squattait chez d'anciens amis, observait partout les ravages causés par l'individualisme consumériste. Deux ans, plus tard, voilà enfin le troisième et dernier épisode de son magistral roman-feuilleton...
Au bout du tunnel nous attend une conclusion amère, qui achève de disséquer avec une acuité troublante la société contemporaine. A 47 ans, Virginie Despentes est décidément une des voix les plus puissantes du roman français.


  • La revue de presse Raphaëlle Leyris - Le Monde du 25 mai 2017

A force de ne pas le voir arriver, on avait fini par douter que sorte un jour cette tierce saison venant mettre un point à l'une des expériences littéraires les plus intéressantes du moment, lorgnant résolument du côté du feuilleton du XIXe siècle autant que des meilleures séries télévisées. Le miracle est que le lecteur, après avoir tant trépigné (300 000 exemplaires vendus pour le premier, 200 000 pour le deuxième), ne soit pas déçu par Vernon Subutex 3, où se poursuivent, et trouvent leur résolution, les aventures de l'ancien disquaire qui donne son titre à la saga et de ceux qui gravitent autour de lui. Il confirme que Virginie Despentes, avec ces trois tomes addictifs et intelligents, a écrit un sacré (elle dirait probablement : «un putain de») roman sur la France contemporaine. Sur ce que cela signifie d'y vivre aujourd'hui...
La description de la brutalité générale de l'époque (économique, sociale, politique) est cependant, depuis le départ, au coeur de Vernon Subutex...
En dépit de sa noirceur, ce roman, qui parle si puissamment de la haine et du ressentiment, se révèle aussi un somptueux hymne à l'amitié. A cette capacité qu'ont les êtres les plus dissemblables à se rapprocher et à se rendre la vie plus douce.


  • La revue de presse Nathalie Crom - Télérama du 24 mai 2017

Suite et fin des aventures du disquaire devenu SDF. Avec une énergie folle et une empathie intacte, la romancière sonde les fossés qui divisent notre société. Saisissant...
Une nouvelle fois, c'est un choeur discordant, incarné, véhément, qu'orchestre magistralement la romancière. Et le tableau qu'avec ces voix elle peint est le portrait, désespérant et plus vrai que nature, d'une société creusée d'abîmes toujours plus profonds - entre les classes sociales, les appartenances culturelles ou religieuses. Une société littéralement disloquée, pulvérisée par les haines...
Le constat est d'une âpreté inouïe, dans laquelle pourtant ne se dissout pas l'humanisme tenace et rageur qu'on sent pulser dans chaque page, chaque phrase de Despentes - et qui évoque cette qualité qu'Henry James enviait aux romans de Balzac : une incroyable et palpitante «quantité de vie».



  • Les premières lignes

La gare de Bordeaux est en rénovation, une forêt de tréteaux lui remplit le ventre. Sur le quai, un gamin fait les cent pas en fumant clope sur clope, il porte des baskets sans chaussettes, dont il écrase le talon, comme si c'étaient des espadrilles. Il jette des coups d'oeil hostiles à travers les vitres. On dirait qu'il attend que quelqu'un moufte pour sauter dans le train et lui coller des beignes. Les contrôleurs l'ont repéré et se sont postés devant chaque porte pour l'empêcher de monter au dernier moment. Les quatre notes du jingle SNCF résonnent dans le wagon, suivies de la sonnerie stridente qui annonce le départ. Le gamin reste à quai et Vernon croise son regard, il est frappé par l'intensité de sa haine. Comme si elle lui était personnellement destinée. Elle dépasse le désir de tuer, la volonté d'anéantir - c'est une hostilité qui voudrait plonger dans le temps pour lui arracher les viscères, sur sept générations.
Vernon se glisse au fond de son siège, étend les jambes. Il avait oublié à quel point il aime prendre le train. Une euphorie tranquille le gagne. Il regarde le paysage prendre de la vitesse. Il y a une ambiance propre aux voyages ferroviaires, une résignation collective à ne pas être dérangé pendant plusieurs heures, une transition heureuse entre deux situations. Vernon se souvient, pêle-mêle, de veilles de Noël, de départs en vacances, de trajets en groupe vers un festival, ou en solitaire pour retrouver une fiancée de province. Les images se bousculent, emportées une à une par une nostalgie qu'il qualifierait de molle. Sa mémoire est remplie de fragments tourbillonnants, sans souci de chronologie. Tout ce qui concerne sa vie d'avant s'est teinté d'étrangeté, fondu dans un chaos informe et lointain. Il ne peut mettre cette confusion sur le compte des drogues : il n'en prend plus depuis des mois. Ça s'est fait tout seul. Il a commencé à s'ennuyer, dès qu'il était défoncé, à attendre que ça passe, à se demander ce qu'il avait pu trouver de ludique à ce dérèglement débilitant. Les drogues servent à protéger de l'ennui, elles rendent tout intéressant, comme un trait de Tabasco sur un plat trop fade. Mais Vernon ne craint plus l'ennui, ni la solitude, ni le silence, ni l'obscurité. Il a beaucoup changé. Les drogues ne lui sont plus d'aucune utilité.

Ces derniers jours, cependant, victime d'une rage de dents terrifiante, il s'est gavé d'un antidouleur opiacé aux effets agréablement stonants et cette sensation d'évoluer à travers du coton n'est pas pour lui déplaire. Il baigne dans une lumière sourde, comme si un nuage était descendu sur lui, s'adaptant aux contours de son corps et l'enveloppant, où qu'il aille. Il en a tellement chié. Il a toujours attendu que ses caries dégénèrent jusqu'à l'empêcher de dormir avant de se rendre chez un dentiste. Mais cette crise dépassait tout. Lorsque la dent malade frôlait celle du dessous, un coup de sabre le déchirait, la douleur le soulevait et le fracassait au sol. Il hurlait, sans pouvoir se contrôler. Olga a préconisé des bains de bouche à l'alcool fort, n'ayant plus rien à perdre Vernon s'est rincé la bouche à la vodka, l'anesthésie a marché sur le moment, puis il s'est écroulé, ivre mort. Mais le lendemain, la gueule de bois s'est mêlée aux fulgurances de l'abcès et il a connu le martyre. Il s'est retiré comme un animal malade, dans un coin, enroulé sur lui-même, délirant de souffrance.
Quelqu'un est allé appeler Kiko. Parce qu'il a plus d'argent que les autres, on dirait que Kiko est le plus adulte de la bande. Il a aussitôt répondu j'ai un bon pote dentiste, je l'appelle tout de suite. Le toubib a faxé une ordonnance à la pharmacie la plus proche, Pamela a pris la voiture pour aller chercher les antibiotiques et l'antidouleur. C'était la première fois qu'une urgence les contraignait à contacter le monde extérieur.

(...)


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