Marilu Marini : chroniques franco-argentines / Passion du livre

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Couverture du livre Marilu Marini : chroniques franco-argentines

Auteur : Odile Quirot

Date de saisie : 15/05/2017

Genre : Théâtre

Editeur : les Solitaires intempestifs, Besançon, France

Collection : Du désavantage du vent

Prix : 14.50 €

ISBN : 9782846815109

GENCOD : 9782846815109

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Née à Buenos Aires, Marilú Marini, danseuse et actrice, est, au détour des sixties, une haute figure de l'âge d'or du pop argentin. Arrivée en France en 1975, à la veille de la dictature militaire argentine, elle devient l'icône des spectacles d'Alfredo Arias et du groupe TSE. D'autres aventures théâtrales lui donneront l'occasion de grandes interprétations notamment des oeuvres de Jean Genêt, Samuel Beckett, ou de son compatriote Copi.
Son pays est le théâtre. Elle l'habite avec une force raffinée, une capacité de métamorphose unique, goût pour l'humour. Ce livre fait le pont entre l'Argentine et la France, entre l'espagnol et le français qu'il lui a fallu apprivoiser. «Long chemin, tant la langue est un corps», dit-elle.





  • Les premières lignes

Extrait de l'avant-propos

PAS SAGE, LA MARINI

Les acteurs recèlent la part la plus mystérieuse du théâtre, et la plus concrète. Ils en sont la vie sans cesse recommencée, son corps, sa chair, sa voix. Un peu vestales, gardiens de flamme, donc féminins, un peu guerriers, donc masculins, ils portent et affrontent nos peurs, nos joies, nos fantasmes. Nous guettons leurs failles, nous souhaitons au plus profond de nous qu'ils en soient vainqueurs. Ils rejouent nos émotions, les condensent. Ils nous en font le récit, qui est celui de l'auteur de la pièce, mais aussi le leur, puisqu'ils en sont les passeurs, les officiants. Ils ravivent les pouvoirs de l'imaginaire, ils nous rendent le bonheur et les peurs de nos jeux d'enfants. Ils s'exposent aux risques du présent, à ses accidents, ses fulgurances. Le metteur en scène, grand ordonnateur indispensable, ce soir-là, reste en retrait. Il a fait son travail, et avec lui le scénographe, le costumier, l'homme des lumières. L'acteur est, agit, instant après instant.

Avec Marilú Marini, on apprend à mieux comprendre de quelle pâte les acteurs sont modelés et sculptent leurs personnages. Elle m'a ouvert sa porte, en toute confiance. Elle ne m'a jamais déçue, je l'ai toujours admirée. Elle joue loin d'une certaine tradition psychologique, loin des codes si souvent galvaudés du comique, loin de toute pose a-naturaliste parfois à la mode. Elle joue loin d'eux et avec eux, parce qu'elle a tout en elle. Elle sait, de plus, en faire émotion vraie. Dans la vie, elle aime le dialogue. Elle n'a jamais un mot pour se défausser sur un défaut de la mise en scène ou du texte. Elle a le sens de la responsabilité, le goût de l'amitié.
Avec quoi joue-t-elle ? De quoi est faite la présence d'un grand acteur ? Il tient sans doute pour une part à ces liens ténus qu'il tisse - et qui se nouent parfois rudement en lui - entre sa vie intime et son art. Sur ce point des émotions humaines, Marilú Marini parle de façon qui n'est ni frileuse ni avare.

Elle est unique dans sa manière déjouer avec son corps tout autant qu'avec sa voix, de bouger sur une scène, d'en éveiller l'espace et ses ombres. Unique dans sa capacité à se métamorphoser en ange ou diable, mère ou fille, vierge ou putain, diva ou vieille femme de ménage, et ce avec une fantaisie, une inventivité incomparable. Elle seule sait ainsi faire masque étonnant de son visage extrêmement mobile. Elle ne craint jamais de s'enlaidir.

Pendant des années, elle a accompagné le metteur en scène Alfredo Arias, s'est prêtée à l'univers de son compatriote argentin qui, au détour des années 1970, révéla en France les richesses du travestissement, les pavanes de l'illusion, l'irrépressible charme du music-hall, du mélo et des archétypes kitch. Elle est unique -elle, l'Argentine dont le français n'est pas la langue natale - dans sa façon de jouer Jean Genêt, Samuel Beckett et, bien sûr, son compatriote Copi, ce si singulier auteur-acteur-dessinateur qui écrivit la plupart de ses pièces en français. Elle aime profondément le comique, ironique, dévastateur et tendre. Elle lui redonne, en France, ses lettres de noblesse. Elle aime un théâtre ravageur de certitudes établies, un théâtre insolent, novateur, qui toujours a le beau souci de tendre la main à son public.

(...)


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