Auteur : Françoise Maffre Castellani
Date de saisie : 01/12/2005
Genre : Histoire
Editeur : Des femmes-Antoinette Fouque, Paris, France
Prix : 25.00 € / 163.99 F
ISBN : 978-2-7210-0519-9
GENCOD : 9782721005199
Sans être juive, ni même ancienne déportée politique, je voulais depuis longtemps écrire sur les camps de la mort, dont l'horreur me hantait. Peu à peu, à travers des témoignages écrits et grâce à l'amitié de quelques rescapés, j'ai pensé qu'un sujet au moins ne m'était pas interdit : la "résilience". C'est cette résistance-là, endurance au-delà de toute endurance, ressort inouïe, ressource insoupçonnée et même insoupçonnable, qui m'a bouleversée, et je suis persuadée qu'elle peut toucher chacun de nous : jeunes et âgés, bien-portants ou malades, heureux ou désespérés, à condition que nous nous voulions aussi solidaires, faute de quoi la résilience se perdrait.
J'ai donc choisi six témoins de la vraie résilience : Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle Anthonioz, Charlotte Delbo, Margarete Buber-Neumann, Odette Abadi (qui était médecin) et Fania Fénelon (pianiste et chanteuse de cabaret, qui a fait partie de l'orchestre de femmes d'Auschwitz-Birkenau). Elles sont toutes étonnantes, fortes et vulnérables à la fois et se sont sauvées elles-mêmes en sauvant quelques compagnes.
On rend toujours moins généreusement hommage aux femmes qu'aux hommes. Dans les camps, pourtant, ce sont les femmes qui ont le mieux survécu, non qu'elles aient été moins sauvagement brutalisées, mais parce qu'elles se sont davantage protégées, soignées, soutenues, aimées, et qu'elles se parlaient, alors que leurs compagnons de misère, en général, ont eu plutôt tendance à se durcir et, de ce fait, se sont souvent brisés plus vite. Certaines femmes, qui entraînaient les autres, ont fait preuve d'une solidarité exemplaire et d'un courage héroïque qui suscitent l'admiration et le désir de les imiter, un peu, au quotidien.
Elles ont écrit pour celles et ceux qui ne sont pas revenus - l'immense majorité. Ainsi, les disparu(e)s peuvent-ils, peuvent-elles, exister encore un peu dans nos maisons.
Françoise Maffre Castellani
Le livre de Françoise Maffre Castellani, qui est un essai de lecture personnelle, tente de comprendre l'épouvante des camps, non pas en plongeant dans l'horreur, mais en regardant l'histoire de la déportation à travers le prisme particulier de la résilience, cette victoire remportée par des êtres fragiles sur la violence la plus inimaginable. Les femmes n'ont pas été traitées moins sauvagement que les hommes, mais elles ont "mieux survécu", développant des capacités de résistance/résilience spécifiques, parce que, restant du côté de la vie, elles ont su tisser un "filet" d'entraide, par la parole et l'écoute, la tendresse, l'attention aux autres, la solidarité, l'amitié, qui allaient de pair avec l'héroïsme physique et moral réellement exceptionnel de certaines. L'auteure s'appuie sur l'expérience et les écrits de six femmes, très différentes par leurs origines sociales et culturelles, leurs formations, engagements ou personnalités, mais semblables par les ressorts sur lesquels elles ont pu "rebondir" sans se briser : Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle Anthonioz, Charlotte Delbo, Margarete Buber-Neumann, Odette Abadi et Fania Fénelon, auxquelles s'ajoute le témoignage d'une septième, Léa Berger.
Françoise Maffre Castellani est née en 1932. Marquée par la guerre, hantée par la question du mal - et particulièrement de la Shoah -, elle se convertit au christianisme à vingt ans, et fait une licence de théologie. Elle est agrégée de lettres modernes. Femmes déportées, histoires de résilience est son premier livre.
Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli