Seule dans Raqqa / Passion du livre

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.. Seule dans Raqqa

Couverture du livre Seule dans Raqqa

Auteur : Hala Kodmani

Date de saisie : 28/05/2017

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Ed. des Equateurs, Sainte-Marguerite-sur-Mer, France

Prix : 15.00 €

ISBN : 978-2-84990-478-7

GENCOD : 9782849904787

Sorti le : 09/03/2017

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

C'est une enquête foudroyante : l'histoire de Nissan Ibrahim, syrienne, musulmane et résistante, dans une ville devenue la «capitale du diable».

Née à Raqqa, professeur de philosophie, Nissan nous livre sur Facebook son journal de bord et son combat pendant quatre années de dictature meurtrière. Que signifie être une femme en Syrie entre 2011 et 2015 ? A quoi ressemble la vie au temps des décapitations, des tortures, des bombardements ? Les posts de Nissan racontent la tragédie syrienne, la lutte d'un peuple contre deux machines de mort : le régime de Bachar al-Assad et l'État islamique. Ce dernier n'a pas apprécié : en janvier 2016, Daech annonçait qu'elle avait été «exécutée». Elle avait trente ans.

C'est une histoire édifiante. Le journal d'une insoumise au coeur de l'enfer syrien, exhumé et raconté par Hala Kodmani. On y découvre une jeune femme stupéfiante, pleine d'humour, de peurs, de rêves et d'espoir pour son peuple et son pays.

Nissan est devenue un symbole : celui d'une Antigone dans une Syrie déchirée.

Hala Kodmani est une journaliste franco-syrienne, grand-reporter pour Libération. Elle a reçu en 2013 le prix de l'Association de la presse diplomatique française (l'APDF) pour sa couverture de la situation en Syrie.

Hala Kodmani est une journaliste franco-syrienne, grand reporter pour Libération. Elle a gagné en 2013 le prix de l'Association de la Presse Diplomatique Française (l'APDF) pour sa couverture de la situation en Syrie.

«Un témoignage extraordinaire» Jean-Pierre Filiu (historien, spécialiste de l'Islam contemporain)

«Un livre précieux» Jean-Noël Jeanneney (historien, Concordance des temps, France Culture)

«Un livre bouleversant ! Lisez-le !» Nicolas Demorand, France Inter

«Capitale de Daesh, la ville syrienne et ses habitants vivent un enfer dont les témoignages de première main sont encore rares. C'est ce que nous apporte Hala Kodmani avec Seule dans Raqqa.» France Culture, Guillaume Erner

«Elle s'appelait Nissan Ibrahim. Elle a vécu sous la terreur de Daech et nous raconte son quotidien dans la capitale de la torture, des décapitations et des bombardements aériens. À lire !» Europe I, Nicolas Poincaré

«Un témoignage poignant, entre espoir et désillusion, sur lequel Hala Kodmani a su poser les mots justes.» Delphine Minoui, Le Figaro

«Un témoignage bouleversant.» Axel de Tarlé, C à dire, France 5.

«C'est une histoire édifiante digne du journal d'Anne Franck.» Leila Kaddour-Boudadi, France Inter

«Un ouvrage terrible qui retrace bien le drame que vit le peuple syrien.» Florian Delorme, France Culture

«Une belle enquête en forme d'hommage à Nissan Ibrahim.» Frédéric Pages, Le Canard enchaîné

«Ce livre devrait être distribué dans les collèges et les lycées. Il raconte mieux que tous les grands essais et documents la complexité de la guerre en Syrie et son impact sur la population civile.» Alexandra Schwartzbrod, Libération

«A découvrir !» France 3 Soir - Sandrine Aramon

«Un très beau texte !» France Inter - L'heure bleue - Laure Adler

«L'histoire que raconte admirablement Hala Kodmani retrace le parcours de Nissan à travers ses posts sur Facebook Son témoignage est surtout un parcours politique et intellectuel.» Romain Gubert, Le Point





  • La revue de presse Alain Frachon - Le Monde du 25 mai 2017

Par la grâce d'un éditeur accrocheur - Olivier Frébourg - et d'une journaliste intrépide, Hala Kodmani, des morceaux de ce journal ont été rassemblés. Ils sont la trame de ce livre, la charpente d'un carnet de bord reconstitué et qui forme un récit à deux voix sur la tragédie syrienne - celle de la jeune femme, Ruqia Hassan, et celle d'Hala Kodmani...
Complice et pudique, Hala Kodmani recompose le personnage de Ruqia. Il y a un dernier «post», à l'été 2015, date à laquelle elle a sans doute été arrêtée par les petites frappes de la soldatesque islamiste. En janvier 2016, ils ont annoncé qu'ils l'avaient exécutée. On n'en sait pas plus. Ruqia avait 30 ans.


  • La revue de presse Romain Gubert - Le Point,février 2017

C'est un sourire magnifique. Rassurant. Fier. Confiant. Joueur et charmeur à la fois. Ce sourire, c'est celui d'une jeune femme installée sur un balcon à l'abri des regards qui a poussé son voile de manière à ce qu'on puisse distinguer ses traits élégants. Ce sourire, les internautes peuvent encore l'apercevoir sur les réseaux sociaux. C'est celui de Nissan Ibrahim. Une toute jeune Syrienne d'origine kurde, professeur dans une école de Raqqa, la capitale de Daech (avec Mossoul en Irak)...
Ce qui trouble dans ce portrait aux allures de journal d'Anne Franck, c'est l'humour de Nissan qui mêle ses peurs et ses amours. Jusqu'à ce silence. Après plusieurs mois de traque, les djihadistes ont finalement démasqué la jeune résistante. Son dernier message sur les réseaux sociaux a été posté en juillet 2015. La nouvelle de son exécution a été confirmée début janvier 2016. Elle avait 30 ans. Hala Kodmani lui rend hommage avec grâce.



  • Les premières lignes

Raqqa, un nouvel eldorado ?

Un nouvel eldorado émerge à l'est de l'Euphrate au début des années 1970. Raqqa, perdue entre désert et rivière, attire à cette époque des milliers de Syriens venus de tout le pays. La construction d'un gigantesque barrage sur l'Euphrate et d'autres grands projets hydrauliques transforment la ville en pôle d'attraction économique. L'arrivée d'ingénieurs, de techniciens, de fonctionnaires, d'ouvriers accompagnés de leurs familles entraîne l'installation de commerces, de services et de toutes sortes d'artisans. Comme des milliers de Kurdes en quête d'une vie meilleure, Mustafa Hassan quitte son petit village près d'Ayn al-Arab (Source des Arabes), surnommée Kobané depuis l'été 2014, et située dans une région déshéritée du nord-est de la Syrie. Le jeune homme, brun, trapu et moustachu, sait se servir de ses mains. Aussitôt arrivé à Raqqa, il ouvre une briqueterie et son affaire prospère. Le quartier de Rumeilah, où s'installent la plupart des migrants kurdes, ressemble alors à un bidonville à la périphérie nord de Raqqa. Des logements rudimentaires sont construits à la hâte, des ruelles tarabiscotées façonnent ce qui est aujourd'hui un quartier populaire surpeuplé.
Par l'intermédiaire de voisins, originaires comme lui de Kobané, Mustafa rencontre la belle Hamidah. Divorcée d'un premier mariage et veuve du suivant, elle n'a pas trente ans et déjà trois enfants. La jeune femme vit de travaux de couture, un métier qui lui permet de rester chez elle et d'élever ses enfants. Avec Mustafa, qui l'épouse au début des années 1980, elle donne naissance à deux filles en cinq ans : Nissan et sa soeur de deux ans sa cadette. Ils forment une famille très soudée et un peu à l'écart, dans une société où l'on vit plutôt en tribu. Rumeilah connaît une véritable explosion démographique avec huit à dix enfants par foyer. Chez Mustafa Hassan, pas question de laisser la porte ouverte à tout le monde, ni de jouer ou de traîner dans la rue. Comme souvent chez les immigrés en quête de stabilité et aux ambitions mesurées, l'éducation et le travail passent avant tout. Hamidah, frustrée de n'avoir pas fait d'études, tient à ce que ses filles poursuivent les leurs aussi loin que possible. A la maison, les parents pratiquent et transmettent aux enfants un islam soufi fondé sur l'amour du ciel et la générosité.
Nissan grandit dans l'impersonnelle Raqqa et suit le chemin balisé par sa famille. La petite fille à la peau blanche et aux cheveux bruns tressés par sa mère a le regard et l'esprit vifs. Elle se doit d'être bonne élève et elle l'est. Après l'école primaire, elle entre au collège pour filles Al-Faraby, un établissement réputé où elle montre très tôt des aptitudes littéraires, au regret de sa mère qui rêve pour elle d'un avenir de médecin ou de pharmacienne. Elle obtient d'excellentes notes en histoire et en rédaction. Aussi se dirige-t-elle tout naturellement vers un bac littéraire après la classe de seconde. L'adolescente passe des heures à lire dans sa chambre, chose rare dans son milieu où l'on préfère en général se distraire en regardant la télévision ou entre amis. Curieuse de tout, Nissan emprunte des textes religieux et des recueils de poésie arabe à ses professeurs, s'intéresse aux idées et aux mots qui les expriment, se passionne pour de vieux films égyptiens, s'amuse de l'humour parfois caricatural des sitcoms mettant en scène la société traditionnelle, et adore tricher aux cartes, par goût du risque et pour voir si elle sera démasquée.
(...)


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