L'artiste et le populiste ; quel peuple pour quel théâtre ? / Passion du livre

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.. L'artiste et le populiste ; quel peuple pour quel théâtre ?

Couverture du livre L'artiste et le populiste ; quel peuple pour quel théâtre ?

Auteur : Jean-Marie Hordé

Date de saisie : 24/03/2017

Genre : Théâtre

Editeur : les Solitaires intempestifs, Besançon, France

Collection : Essais

Prix : 13.00 €

ISBN : 9782846815192

GENCOD : 9782846815192

Sorti le : 13/03/2017

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  • La présentation de l'éditeur

Nous ne pouvons nous habituer à ce que le mensonge devienne la norme du discours politique. Une parole politique est un acte que l'action ne peut contredire sans dommages pour la démocratie. A cet égard, le lourd silence qui pèse sur la culture la défigure et laisse libre cours aux dérives populistes et démagogiques. L'opposition stérile entre une culture populaire et une culture élitaire profite de ce silence, travestit la réalité et fait passer l'ignorance pour un constat d'évidence.
Ce livre cherche à répondre au rire goguenard du populiste et à rétablir la question dans son étendue. L'expérience théâtrale est à cet égard exemplaire.

Jean-Marie Horde est directeur du théâtre de la Bastille (Paris) depuis 1989, il entame des études de lettres avant de bifurquer vers la philosophie. Il devient critique littéraire dans différents organes de presse, dont Le Quotidien de Paris et Les Nouvelles Littéraires. Il obtient le poste de conseiller attaché à la préfecture des Hauts-de-Seine en 1973 et, six ans plus tard, prend la direction du théâtre de Cergy-Pontoise, tout en participant au conseil national du Syndeac. En 2003, Jean-Marie Horde publie La Mort dans l'âme aux Solitaires Intempestifs, avec qui il éditera également Un directeur de théâtre en 2008 et Le Démocratiseur en 2011.





  • Les premières lignes

Extrait se l'avant-propos

En convoquant ces deux adversaires, l'artiste et le populiste, je ne me propose pas de dresser deux portraits, mais deux figures, deux personnages conceptuels aptes à dessiner l'irréductible de leur controverse. Au loin de notre histoire, dans le Gorgias déjà, tel que le met en scène Platon, Socrate le philosophe ne parvient pas à convaincre rationnellement Calliclès du bien-fondé de sa position et doit se résoudre à faire appel au mythe, précisant qu'il croit à la légende qui promet le châtiment de l'âme à celui qui fut injuste, à cet insensé. Est-ce là que se dessine la défaite de la raison philosophique devant l'imperturbable position du profiteur qui défend le plaisir et la satisfaction ? Socrate butant sur Calliclès nous livre la difficulté : il serait impossible de convaincre le populiste/démagogue. Devant tous les populistes et démagogues aujourd'hui au pouvoir se lève pourtant un récalcitrant : l'artiste.
Je ne fais pas de comparaison mais une alerte par analogie. Car si l'artiste dans sa plus haute expression crée des mondes en se fondant sur son inaltérable singularité, le démagogue et le populiste n'ont de cesse de lui opposer une autre légitimité, celle du populaire. S'il ne s'agit pas ici directement d'une controverse des intérêts, ceux du collectif et du particulier, nous retrouvons une opposition irréductible entre le temps long de l'art et l'immédiateté du plaisir ou du divertissement. La philosophie politique a longtemps tenté de renvoyer V insensé à ses bévues, essayant de lui démontrer qu'à privilégier ses intérêts et ses plaisirs immédiats, il ne voyait pas assez loin. C'est dire que la temporalité de l'un n'est pas identique à la temporalité de l'autre. Aujourd'hui, le pouvoir s'est emparé de la figure de Calliclès et a fait du «bon sens» son arme de domination.
Devant le populiste, qui défend les plaisirs de l'évidence, l'artiste est pris à contre-pied et ne peut se suffire de renvoyer l'immédiateté de la satisfaction à la fumée des mensonges. Tandis que l'un se gausse de la complexité, l'autre s'indigne de tant de bassesses. Tandis que l'un se flatte du nombre de ses adeptes, l'autre se réfugie dans la légitimité des minorités. C'est que l'un est entouré quand l'autre est seul. Le combat semble bien inégal.
Mais l'artiste est-il vraiment étranger à toute forme démagogique ? Comment l'artiste, fier de sa position singulière, peut-il s'adresser au peuple (les spectateurs ?) et valoriser sa parole (sa vérité ?) contre celui qui, renonçant à sa propre singularité -fût-ce par mensonge-, prétend parler au nom du peuple ? Comment prouver que le populiste ne parle pas au nom du peuple, en supposant qu'il sache, du peuple, ce qu'il en est, mais à la place du peuple.
Et alors, revient la question entêtante : qu'est-ce que le peuple ?


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