Eclats d'ombre / Passion du livre

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.. Eclats d'ombre

Couverture du livre Eclats d'ombre

Auteur : Lina Prosa

Traducteur : Jean-Paul Manganaro

Date de saisie : 24/03/2017

Genre : Théâtre

Editeur : les Solitaires intempestifs, Besançon, France

Collection : Bleue

Prix : 13.00 €

ISBN : 9782846815185

GENCOD : 9782846815185

Sorti le : 09/03/2017

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Aux acteurs accusés, souillés, piégés par les bourreaux ; aux acteurs tués : une fois, deux fois, mille fois sur la place publique. Aux acteurs amoureux qui apportent des fleurs aux acteurs tués. Aux acteurs qui défient le couvre-feu et engloutissent la nuit, la lune, et leurs chaussures, pour que ce soit vraiment le silence. Aux acteurs venus du désert, différents par la matière, sablonneux et en feu, arrêtés à la frontière, qui ont perdu leur corps, qui ont perdu leur corps, qui ont perdu leur corps.

Politique et poétique, l'écriture de Lina Prosa place cette histoire réelle et actuelle dans une dramaturgie symbolique qui dénonce et offre une résistance face à toutes formes de dictature et d'oppression. Un texte inspiré par une rencontre avec Pinar Selek, sociologue et écrivaine turque contrainte à l'exil en raison de ses engagements militants et antimilitaristes.

Auteure et metteure en scène italienne, Lina Prosa vit à Palerme où elle dirige le Teatro Studio Attrice, du centre Progetto Amazzone, créé avec la collaboration d'Anna Barbera. Artiste engagée et militante, elle dénonce et amène à réfléchir sur les sujets d'actualité. En mettant en relief les inégalités, elle recherche une poésie de la condition humaine qui dépasse les limites, les frontières et les homogénéisations culturelles. Avec ses ouvrages, elle entre dans le répertoire de la Comédie-Française et reçoit le prix national Annalisa Scafi pour le théâtre engagé (Rome, 2005) et le prix national Anima pour le théâtre (Rome, 2007). En 2015, Lina Prosa reçoit le prestigieux prix pour la dramaturgie de l'Association Italienne des critiques de théâtre.





  • Les premières lignes

L'OBSCURITÉ SUR LES PIEDS DÉCHAUSSÉS

Les dieux du Parthénon, Lory, Nuray et le Garçon des Rues, portent serré sous leur bras un bout de tôle. Kémal, le policier de quartier, les interroge à tour de rôle, séparément.

PREMIER DIALOGUE

Kémal et Lory

Kémal interroge Lory en pointant sur son visage une lumière au néon intermittente.

KÉMAL. - Donne-moi la tôle.

LORY. - Jamais.

KÉMAL. - Elle salit la ville.

LORY. - Cette tôle est propre.

KÉMAL. - Non, elle est sale.

LORY. - La saleté que tu cherches, elle n'est pas là.

KÉMAL. - Obéis.

LORY. - Moi ?

KÉMAL. - Istanbul en a assez de toi.

LORY. - Istanbul est ma ville.

KÉMAL. - Pour peu de temps.

LORY. - Je respire et je mange ici.

KÉMAL. - Istanbul, que peut-elle faire de toi ?

LORY. - Un jour ou l'autre elle me fera reine.

KÉMAL. - Toi, reine ? Du royaume des tôles.

LORY. - Qu'est-ce que tu en sais, toi ?

KÉMAL. - Regarde-toi dans un miroir.

LORY. - Attention Kémal, l'apparence trompe !

KÉMAL. - Il n'existe plus de rois, de reines...

LORY. - Cette eau noire, boueuse, puante, pleine de matière organique, là, dans ton dos, est une saleté insupportable, enlève-la.

KÉMAL. - Attention Lory... c'est moi qui décide.

(...)


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