Sept voix sur le bonheur / Passion du livre

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.. Sept voix sur le bonheur

Couverture du livre Sept voix sur le bonheur

Auteur : Collectif

Date de saisie : 13/03/2017

Genre : Philosophie

Editeur : Ed. des Equateurs, Sainte-Marguerite-sur-Mer, France

Prix : 15.00 €

ISBN : 9782849904947

GENCOD : 9782849904947

Sorti le : 23/02/2017

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  • La présentation de l'éditeur

Ils sont philosophe, écrivain, neuropsychiatre, économiste, musicien, tous aventuriers dans leur domaine. A l'aune de leur spécialité, ils s'interrogent sur le bonheur sans jamais tomber dans les chaudrons des marchands d'illusions.
Depuis les sagesses anciennes, le bonheur est la finalité ultime de la vie humaine. Cette quête est-elle une utopie ?
Faut-il passer par l'action pour accéder à l'accomplissement suprême ?
Pourquoi la bonne santé économique d'un pays n'est-elle pas corrélée au bonheur de sa population ?
A-t-on besoin de héros pour vivre mieux à travers eux ? Nous aident-ils à transcender le quotidien et sa morosité ?
Existe-t-il un bonheur esthétique ?
La nature, la poésie, la littérature, la musique et l'art peuvent-ils nous aider à trouver un sens à notre vie ?
Obsédée par le bonheur, notre société l'associe à un idéal de perfection. Mais n'est-ce pas plutôt dans nos imperfections que réside le secret de la joie ?

Autant de voies vers le bonheur que dessinent les auteurs de ce petit manuel alerte et passionnant.

Luc Ferry, Sylvain Tesson, Claudia Senik, Boris Cyrulnik, Michela Marzano, Leili Anvar, Karol Beffa





  • Les premières lignes

LA QUÊTE DU BONHEUR : SAGESSE OU ILLUSION ?

Luc Ferry, philosophe.

Je crains bien d'être aujourd'hui franchement désagréable, de vous dire des choses plutôt pénibles, des choses que vous n'avez pas forcément envie d'entendre, à commencer par celle-ci : je ne suis pas, mais alors pas du tout, convaincu par les philosophies du bonheur qui prolifèrent aujourd'hui, toutes ces recettes qui s'appuient sur les sagesses anciennes, sur le bouddhisme et le taoïsme, sur la psychologie dit «positive» et les théories du développement personnel pour vous proposer de parvenir au bonheur en «quinze leçons». Je n'y crois pas une seconde et je vais vous dire pourquoi, arguments à l'appui. Je pense même que la quête du bonheur est une grave illusion, qu'il n'y a rien de tel pour rendre les gens malheureux. Bien entendu, nous cherchons tous à être heureux, nous cherchons tous à éviter les souffrances, c'est à la fois une évidence et un truisme. Pourtant, il ne faut pas confondre deux questions bien différentes : d'un côté la question de ce que les Grecs appelaient la «vie bonne» et de l'autre celle du bonheur. La quête de la vie bonne, c'est la quête du sens de la vie et c'est le but même de la philosophie. Or, le sens ne se confond pas forcément avec le bonheur. La quête du bonheur, c'est autre chose et je crois qu'il vaut mieux éviter de s'y accrocher comme à une bouée dans la mer déchaînée. Comme le montrent nombre d'enquêtes de terrain dont je ferai état dans ce qui suit, à trop rechercher le bonheur, on risque la déception, voire la dépression, la promesse mirifique de la félicité risquant fort de tourner à la tyrannie de ce que Pascal Bruckner appelait joliment «l'euphorie perpétuelle».

La vérité, c'est que l'idée même de bonheur fait l'objet d'un débat contradictoire, d'une «antinomie», comme disent les philosophes, qui oppose radicalement deux thèses.

Pour les uns, le bonheur est le but de toute vie humaine, voire animale, et la sagesse suprême consiste à s'en emparer ; non seulement nous cherchons tous le bonheur, «même ceux qui vont se pendre» comme disait Pascal, mais en outre, le Souverain Bien est accessible à tous pourvu que nous soyons capables de mettre en oeuvre les exercices mentaux appropriés, car il ne dépend que de nous, que de notre vie intérieure. Pour l'antithèse, au contraire, il va de soi, certes, que nous cherchons tous désespérément le bonheur, mais cette quête n'est qu'illusion, un miroir aux alouettes. Le bonheur est non seulement inaccessible aux êtres humains en raison du caractère fini de nos existences de simples mortels, mais nos désirs étant contradictoires et fluctuants, il est en toute hypothèse impossible de définir le bonheur de manière durable et satisfaisante. En réalité, il y a une dissymétrie radicale entre le mal et le bien, entre le malheur et le bonheur. Nous savons très clairement ce qui nous rend malheureux (la mort d'un être cher, la maladie mortelle, les accidents de la vie...), mais nous ne savons jamais très clairement ce qui nous rendrait heureux durablement. Nous connaissons bien sûr dans nos existences des moments de joie, voire des plages de sérénité et il est bon d'y travailler, mais promettre un bonheur durable par soi seul, grâce à des exercices de sagesse et un travail centré sur sa seule vie intérieure, relève à la limite de l'imposture intellectuelle.

(...)


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