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Et la lumière fut

Couverture du livre Et la lumière fut

Auteur : Jacques Lusseyran

Préface : Jacqueline Pardon

Date de saisie : 26/08/2006

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Félin, Paris, France

Collection : Résistance, liberté, mémoire

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 978-2-86645-610-8

GENCOD : 9782866456108


  • La présentation de l'éditeur

En 1940, la France capitule. En 1941, Jacques Lusseyran, alors qu'il est aveugle et n'a pas 18 ans, entre en résistance en rejoignant le mouvement Défense de la France. "Le 20 juillet 1943, il est arrêté par la Gestapo, interrogé pendant des jours interminables et enfermé à Fresnes. Il sera déporté en 1944 à Buchenwald." Comment un aveugle peut-il survivre à cet enfer ? Grâce à la protection d'un groupe de Russes et à sa connaissance de l'allemand qui lui permettra d'informer les autres déportés des agissements des S.S. Après un an et demi d'horreur, il est libéré et revient en France où il poursuivra ses études en affirmant ses aspirations littéraires balayées par la guerre. Jacques Lusseyran deviendra un brillant conférencier et enseignera la littérature française dans différentes universités américaines. En 1971, il meurt dans un accident de voiture. Il a alors 47 ans. Cette autobiographie est un exceptionnel exemple d'amour de la vie, de courage et de liberté intérieure face à l'adversité.





  • La revue de presse L. Do. - Le Monde du 27 janvier 2006

Publié en 1953, ce livre devenu introuvable est, grâce aux Editions du Félin, qui poursuivent un remarquable travail d'exhumation de textes ayant trait à la lutte clandestine, à nouveau disponible. Et c'est heureux tant ce texte lumineux aidera ses lecteurs à mieux comprendre les résistants, à mieux vivre peut-être aussi, tout simplement.

Son auteur eut une enfance heureuse que bouleversa un accident survenu à l'école : à 8 ans, il perdit la vue. Pour le petit bonhomme, le drame aurait pu marquer la fin du bonheur. Il n'en fut rien : les pages où l'homme mûr explique comment il surmonta son handicap au point de l'ignorer et de développer une perception du monde hors de portée de bien des voyants sont remarquables... Il faut saisir cette leçon d'intensité d'un homme mort, en 1971, à 47 ans, au terme d'une vie exceptionnellement dense.


  • La revue de presse Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 20 octobre 2005

Rien, pas une plainte, pas un regret, pas une colère. Au contraire, un optimisme ravageur, une vaillance hors norme, une foi d'airain et même une manière de gratitude pour le destin qui, en le privant de ses yeux, a développé chez lui ce qu'il nommait le regard intérieur. Etonnant, stupéfiant, foudroyant Lusseyran. Le mot qu'il détestait le plus et tenait pour un défaut, c'était «la banalité». Sa vie brève n'y tomba jamais. Elle fut une exception française. Il l'a racontée, avant de mourir, dans un récit autobiographique. Lisez-le, offrez-le, partagez-le, c'est, au sens propre, un livre lumineux.

Jusqu'à ses 8 ans, Jacques Lusseyran, fils d'un ingénieur chimiste, est un petit garçon de Montmartre comme les autres. A une différence près : la lumière le fascine. Le soleil, il le mange. Il n'est jamais plus heureux qu'avec des crayons de couleur. Mais en Anjou, où il passe ses vacances, il a le pressentiment que la beauté du ciel qui caresse la tonnelle de vigne lui est prêtée, et qu'il va devoir la rendre. Un matin de mai, à l'école communale, un gamin le bouscule, sa tête heurte une table. Il ne parle pas de l'atroce douleur. Il se souvient seulement de son affolement : «Mes yeux ! Où sont mes yeux ?» Il est devenu aveugle, définitivement. De ce handicap, Jacques Lussey-ran va faire, dit-il, un privilège. Son imagination s'accroît. Sa foi chrétienne grandit : «Jamais un doute ne me vint sur l'équité de Dieu.» Il développe tous ses sens valides. Il donne du relief à ce qu'il ne voit pas et de la matière aux odeurs. Il transforme les choses en couleur et parle d'une perception visuelle extrarétinienne. Il entend ce que Nathalie Sarraute allait bientôt appeler «la sous-conversation» : il sait quand une voix ment ou dit la vérité... Il voulut, dès son retour, se présenter à l'agrégation. Mais la loi de Vichy, signée Abel Bonnard, excluant de l'université les non-voyants et les manchots, n'avait pas été abrogée. Elle ne le sera qu'en 1955 ! C'est donc aux Etats-Unis que Jacques Lusseyran a enseigné les vertus et les richesses... de la civilisation française. Et c'est aux Américains qu'il a dédié la morale de son livre : «La lumière ne vient pas du dehors. Elle est en nous.»... il répétait sans cesse que la vie n'est pas faite pour être vécue à moitié. La sienne a été si pleine qu'elle donne l'impression d'avoir débordé. Ce livre, qui illustre au plus haut point le concept de résilience, peine d'ailleurs à la contenir. Et à endiguer l'émotion tremblante qu'on éprouve à toucher du doigt, comme du braille, cet admirable destin saillant.


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