A la place du mort / Passion du livre

Recherche simple

Recherche avancée

Recherche multi-critères








Recherche avancée

.. A la place du mort

Couverture du livre A la place du mort

Auteur : Paul Baldenberger

Date de saisie : 23/10/2016

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Ed. des Equateurs, Sainte-Marguerite-sur-Mer, France

Prix : 18.00 €

ISBN : 978-2-84990-448-0

GENCOD : 9782849904480

Sorti le : 18/08/2016

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

«Le pistolet était placé à côté du frein à main. Quand le conducteur fut assuré que personne ne pouvait voir la scène sur le point de se dérouler, la scène imaginée, fantasmée, celle qui marquerait son entrée hors du champ de la norme, de la loi, de la vie sociale, quand il fut tout à fait sûr que la longue et morne rue longeant le mur d'enceinte du lycée était déserte, il prit l'arme, la pointa sur ma tête, m'ordonna d'ouvrir la portière et de monter à l'avant, à côté de lui, à la place du mort.»
David a douze ans et attend la belle Nina devant l'aumônerie jouxtant le lycée. Elle ne viendra jamais au rendez-vous. A la place, une Peugeot bleue et un homme armé. Il ne relâchera l'enfant que trois heures plus tard.
Trois heures, le temps pour le bourreau de commettre son crime. Trois heures dans la tête de l'enfant qui fera tout pour survivre.
Entremêlés à ces heures obscures, les fragments de sa vie d'adulte et d'une enfance à l'ombre d'un frère absent : une banlieue tranquille au mitan des années 1980, quelques échappées sur la Côte d'Azur, des voyages lointains et des amours lumineuses pour tromper le vertige. Femmes et paysages dessinent une géographie intime secouée de tremblements. Nulle vallée de larmes, juste l'urgence de trouver la liberté, l'amour, la poésie.
L'écriture somptueuse nous plonge au coeur de ce combat pour conjurer la tragédie et rester du côté de ceux qui sont «un peu plus vivants que morts».

Un premier roman à bout portant.

Paul Baldenberger vit et travaille à Paris.





  • La revue de presse Bertrand Leclair - Le Monde du 1er septembre 2016

On ne sait si Paul Baldenberger s'en tiendra au désir d'avouer qui a motivé ce texte fort ou s'il prolongera son geste d'écriture, mais ce coup d'essai est une indéniable réussite, nourri de nombreuses références littéraires explicites ou


  • La revue de presse Jérôme Dupuis - L'Express, septembre 2016

D'un viol commis dans les années 1980 Paul Baldenberger a tiré un premier roman bluffant. Voilà un livre qui claque comme la portière avant d'une 505 refermée brutalement. Et nous, lecteurs, nous nous retrouvons "à la place du mort", plaqués sur le siège, otages du savoir-faire machiavélique de l'auteur. Malgré les embardées, on ne veut plus descendre, impatients d'arriver au bout du voyage...
Vous pouvez maintenant ouvrir la portière. Vous êtes vivant.



  • Les premières lignes

Nina

«Pour s'apprivoiser la mort, je trouve qu'il n'y a que de s'en avoisiner.»
Michel de Montaigne.

Le pistolet était placé à côté du frein à main. Quand le conducteur fut assuré que personne ne pouvait voir la scène sur le point de se dérouler, la scène imaginée, fantasmée, celle qui marquerait son entrée hors du champ de la norme, de la loi, de la vie sociale, quand il fut tout à fait sûr que la longue et morne rue longeant le mur d'enceinte du lycée était déserte, il prit l'arme, la pointa sur ma tête, m'ordonna d'ouvrir la portière et de monter à l'avant, à côté de lui, à la place du mort. La place de celui qui va mourir si la voiture en percute une autre, la place de celui qui ne reviendra pas du voyage, la place de celui qui s'installe pour une durée illimitée dans un temps ne lui appartenant plus, où il ne s'appartient plus, un temps où le soleil peut tout aussi bien ne plus se lever ou se coucher, un temps suspendu qui n'a plus rien de commun avec celui du piéton à peine engagé dans la longue et morne rue ; rien de commun non plus avec celui de la dame âgée, qui tout à l'heure tirera son caddy dans une rue en pente en cette fin de journée de printemps 1984 ; rien de commun encore avec le temps de mes parents, de mes frères et de ma soeur lorsque je les retrouverai plus tard, lorsque tout sera fini et tout commencera ; rien de commun, enfin, avec celles et ceux que je croiserai durant les trente années de sursis accordées par la vie, généreuse et dispendieuse mais néanmoins comptable, et se souvenant de tout, même et surtout de ce qui n'a pas d'importance : un regard éperdu croisé dans le métro, une tache de rouille sur un panneau de signalisation, un mot incongru glissé après l'amour, un paysage de neige, ou les sonorités d'un prénom.
Qu'est-ce que je faisais là ce premier mardi du mois de juin sur un trottoir d'une rue longue et morne au milieu de l'après-midi ? En riant, je dirais que j'y attendais mon destin, une Peugeot sombre, le canon d'un revolver, et un type derrière pour appuyer sur la détente. Mais c'est une lecture rétrospective, une vue de l'esprit, un propos pour cabinet d'analyste, une formule pour des confidences lâchées un peu crânement, allongé sur le dos, nu sur le lit d'une chambre d'hôtel, après avoir fait l'amour avec une femme que l'espèce de malaise que je distille un peu involontairement a irrésistiblement attirée vers moi au point d'en oublier mari et enfants.
Ce que je faisais là était beaucoup plus anodin en apparence et beaucoup plus sérieux en réalité pour le garçon de douze ans que je suis : j'attends une fille. Je l'attends de toutes mes forces ; je l'attends parce que je suis sûr qu'elle va venir, parce que je suis sûr que sa crinière blonde, cet air de sortir d'un camp d'été en Suède, joues roses et sourcils blancs vont passer devant moi et qu'aujourd'hui je me suis résolu à leur parler, à faire en sorte que joues, sourcils et crinière se souviennent de moi, m'identifient dans la masse de ceux qui, en classe de cinquième, les regardent tout comme moi et espèrent qu'ils voudront bien retenir leur existence.
(...)


Copyright : Studio 108 2004-2019 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli