L'enfantement : entre puissance, violence et jouissance / Passion du livre

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Couverture du livre L'enfantement : entre puissance, violence et jouissance

Auteur : Hélène Goninet

Préface : Dr Michel Odent

Postface : Ina May Gaskin

Illustrateur : Lucile Gomez

Date de saisie : 03/10/2016

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Mama éditions, Paris, France

Collection : Naissances

Prix : 20.00 €

ISBN : 9782845941854

GENCOD : 9782845941854

Sorti le : 10/10/2016

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  • La présentation de l'éditeur

Plus de trois cents femmes répondent à des questions clés sur leur expérience de l'accouchement, de l'amour et du sexe : un livre sans précédent, qui bouscule les idées reçues.

Que ces trois cents mères aient accouché en institution ou chez elles, leurs réponses démontrent clairement la dimension sexuelle de l'enfantement. Or, on le voit aussi, cette réalité est entourée d'un tabou généralisé (y compris pour celles qui reconnaissent avoir ressenti du plaisir ou des orgasmes au cours de leur accouchement).

Autre révélation : le lieu où les femmes enfantent (chez elles ou en institution) influe sur des critères rarement pris en compte, comme leur image d'elle-même, leur relation avec leur conjoint ou le temps nécessaire pour retrouver une sexualité épanouie.

Ces témoignages racontent aussi l'extraordinaire rencontre amoureuse qui se produit entre une femme et son bébé dans les instants qui suivent la naissance, et comment ce moment crucial conditionne leur avenir à tous deux.

Ce livre met également en lumière les violences faites aux femmes (le plus souvent avec les meilleures intentions du monde) dans le cadre de l'accouchement médicalisé standard dans nos pays. Outre les futurs parents, il interpellera de nombreux professionnels de santé.

L'AUTEURE
Hélène Goninet exerce le métier de sage-femme depuis vingt-cinq ans. Après une courte expérience hospitalière, elle s'est installée en libéral, dans une pratique d'accompagnement global. Diplômée en sexologie humaine, elle a ensuite élargi ses activités pour inclure des consultations dans ce domaine naturellement complémentaire.

Préface du Dr Michel Odent.
Postface d'Ina May Gaskin, Prix Nobel alternatif.
Illustrations de Lucile Gomez.





  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction

Une petite histoire

Nous sommes nés des désirs que nos ancêtres ont envoyés dans les étoiles, ces désirs qui gonflaient leurs coeurs pour une humanité meilleure.
Jean-Pierre Relier

Pour ma naissance, ma mère, qui vivait en Saône-et-Loire, a choisi de venir accoucher à Saint-Étienne, dans une clinique près de chez sa mère. Elle en a fait autant pour chacun de ses accouchements. Je suis la deuxième d'une fratrie de quatre. Celle dont la naissance a été la plus difficile.
En 1960, la mode était déjà de donner naissance dans un milieu médicalisé. Le plus médicalisé possible ; clinique ou hôpital, peu importe pourvu que l'uniforme blanc du corps médical garantisse au nouveau-né (et à sa mère) une prise en charge moderne, dans un milieu étincelant de propreté. Les tristes siècles précédents, avec leur cortège de mortes en couches et de bébés mort-nés, avaient laissé la place à un hygiénisme effréné. Les sages-femmes avaient été reléguées au statut d'assistantes. L'obstétricien, ou le médecin accoucheur, dominait de son savoir le déroulement de la naissance. La salle d'accouchement ressemblait à s'y méprendre à une salle d'opération. La femme y était maintenue en position allongée, les jambes écartées face au visage du médecin, le sexe éclairé de mille feux électriques. La science s'était installée au coeur des familles et de la relation mère-enfant.
Certains frondeurs, vecteurs d'espoirs nouveaux et mus par une vision politique qui regardait vers l'URSS, portaient en France l'idée que la souffrance des femmes qui accouchaient ne devait plus être une malédiction divine. «Tu n'enfanteras plus dans la douleur» était leur credo. Le Dr Fernand Lamaze, formé à la méthode de l'«accouchement sans douleur» à Leningrad en compagnie d'un petit groupe avant-gardiste, la mettait en pratique dans la maternité de la polyclinique des Bluets, en région parisienne. Des cours d'accouchement sans douleur commençaient à être proposés dans quelques hôpitaux. La respiration en était l'alpha et l'oméga. Pour bien faire, les femmes devaient poursuivre chez elles les exercices montrés en cours. Ce qui laissait une place libre au futur père, s'il souhaitait participer quelque peu à la préparation (ce à quoi était très favorable l'équipe des Bluets). La clinique où je vis le jour n'avait pas, il me semble, expérimenté cette technique, que presque tout le corps obstétrical rejetait. Sans doute ma mère n'était-elle pas même au courant de son existence, ou ne s'était pas préoccupée de trouver un espace qui la mette en contact avec ces pionniers. Sa motivation première dans le choix de son lieu d'accouchement était la proximité maternelle. Devenir mère près de sa mère. Sa mère à ses côtés. Hors de question, alors, que des hommes (à l'exception des médecins) assistent de près ou de loin à la naissance. Les portes de la salle de travail ne s'ouvraient que rarement aux béotiens. Seul dans notre fratrie, mon petit frère, né cinq ans plus tard, a pu bénéficier de la présence de son papa pour sa naissance.
Pourquoi ma mère a-t-elle eu besoin de se sentir rassurée par sa propre mère ? Honnêtement, je l'ignore. Je ne lui ai jamais posé la question, tellement accoucher en présence de sa mère semblait une évidence dans ma famille maternelle. Ma mère ne m'en a jamais parlé spontanément. Ses motifs ne sont pas formulés dans le récit familial transmis sur nos quatre naissances. (...)


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