L'opticien de Lampedusa / Passion du livre

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.. L'opticien de Lampedusa

Couverture du livre L'opticien de Lampedusa

Auteur : Emma-Jane Kirby

Traducteur : Mathias Mézard

Date de saisie : 28/10/2016

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Ed. des Equateurs, Sainte-Marguerite-sur-Mer, France

Collection : Equateurs littérature

Prix : 15.00 €

ISBN : 978-2-84990-458-9

GENCOD : 9782849904589

Sorti le : 01/09/2016

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  • La présentation de l'éditeur

«Là, là-bas, des centaines. Les bras tendus, ils crachent, hoquettent, s'ébrouent comme une meute suppliante. Ils se noient sous mes yeux et je n'ai qu'une question en tête : comment les sauver tous ?»

L'opticien de Lampedusa est un homme ordinaire. Il nous ressemble. Il est consciencieux, s'inquiète pour l'avenir de ses deux fils, la survie de son petit commerce. Ce n'est pas un héros. Et son histoire n'est pas un conte de fées mais une tragédie : la découverte d'hommes, de femmes, d'enfants se débattant dans l'eau, les visages happés par les vagues, parce qu'ils fuient leur pays, les persécutions et la tyrannie.

L'Opticien de Lampedusa raconte le destin de celui qui ne voulait pas voir. Cette parabole nous parle de l'éveil d'une conscience. Au plus près de la réalité, d'une plume lumineuse et concise, Emma-Jane Kirby écrit une ode à l'humanité.

Emma-Jane Kirby est journaliste à La BBC. Elle a remporté le prix Bayeux-Calvados 2015 pour son reportage intitulé «L'opticien de Lampedusa» dont s'inspire ce premier livre. Elle vit entre Paris et Londres.





  • La revue de presse Sophie Pujas - Le Point, octobre 2016

La journaliste Emma-Jane Kirby a rencontré l'opticien de Lampedusa, confronté au drame des migrants un jour de naufrage. Un récit-choc...
La vie entière de l'opticien en est bouleversée : il ne sera plus jamais un homme de certitudes et de confort tranquille. D'un tempérament discret, et tenaillé par le remords de n'avoir pu sauver tous les naufragés, il refuse qu'on le glorifie pour son acte. «Je ne suis pas un fichu héros. J'ai échoué. Nous avons tous échoué. Nous, l'Italie, l'Europe.» Pourtant, il a accepté ce livre. Avec l'espoir que d'autres puissent ouvrir les yeux.


  • La revue de presse Julie Clarini - Le Monde du 6 octobre 2016

C'est une histoire d'opticien et de point de vue. Le sujet, grave, requiert de changer l'angle avec lequel on le regarde pour qu'il ne perde jamais la force de son scandale : c'est à travers les yeux d'un autre, un lunetier, petit commerçant de l'île de Lampedusa, que la journaliste britannique Emma-Jane Kirby a décidé de voir les migrants qui traversent la Méditerranée.


  • La revue de presse Marianne Meunier - La Croix du 16 septembre 2016

Emma-Jane Kirby livre l'expérience d'un habitant de Lampedusa confronté à un naufrage. Un cauchemar intime autant qu'une renaissance...
Avec une finesse et une sobriété que permet la littérature plus que le reportage, Emma-Jane Kirby explore au plus près le bouleversement intime d'un être humain confronté à la tragédie d'un autre ...
Dans ce récit, les naufrages en Méditerranée ne sont pas un fait d'actualité ou un phénomène, mais une histoire vécue. Les «migrants» ne sont pas des silhouettes interchangeables, mais des personnes. Comme l'opticien de Lampedusa..


  • La revue de presse Muriel Steinmetz - L'Humanité du 15 septembre 2016

À partir d'un reportage, Emma-Jane Kirby publie un livre sur la prise de conscience du témoin d'un naufrage de migrants...
On ne peut que l'en féliciter. S'agit-il d'un roman ou d'un document, quand bien même tout est matière à roman, jusqu'à ce qui se passe sous nos yeux  ?...
Ce récit à la vérité fracassante, qui en dit long sur l'humain, exalte en sous-main la fraternité, tout en pointant du doigt l'indifférence générale à l'échelle de l'Europe.



  • Les premières lignes

L'opticien court. À chaque foulée, son pied soulève la poussière de la route craquelée et de fines particules tourbillonnent autour de ses genoux. Il y a peu de vent aujourd'hui, même le long de la côte. Un souffle sec effleure son visage. Il hume ces bouffées iodées. Il fait presque trop chaud pour courir sous ce soleil d'automne. Malgré l'air suffocant, rien ne l'arrête. La terre, mêlée à sa transpiration, colle à ses jambes.
Il perçoit un aboiement du côté du port, à l'entrée de la ville. Quelle que soit l'heure du jour ou de la nuit, sur cette île, on entend des chiens errants aboyer.
Loin des bars à gelato et cappuccino, loin des boutiques de souvenirs du centre-ville, on pourrait facilement se croire en Afrique. L'opticien dépasse un dammuso au toit blanchi, et plisse les yeux. Il devine la côte africaine à l'horizon. La Tunisie, voisine de Lampedusa, n'est-elle pas deux fois plus proche que la Sicile ?
Depuis vingt-cinq ans, il vit au milieu de ce paysage aride et désolé. Depuis vingt-cinq ans, il court sur ces terres escarpées, les mollets griffés par les épineux et maculés de poussière. La quiétude de l'île n'est pas comparable au chaos de Naples. Pourtant, l'opticien n'a jamais regretté d'avoir délaissé sa ville natale pour la solitude de Lampedusa. Elle ne s'étend que sur vingt kilomètres carrés, moins de la moitié de Naples, mais ici la mer est partout. Et l'opticien a besoin d'elle.
Il observe l'eau en foulant le sentier du sud de l'île. Des éclats cobalt et turquoise y affleurent. En ce premier jour d'octobre, il sait combien la mer peut être tiède et agréable. Ils nagent souvent jusqu'à la plage des Lapins, une crique paradisiaque où le sable blanc semble scintiller. L'été, l'extraordinaire tortue caouanne s'y installe pour pondre ses oeufs. La Nature, aime à croire sa femme, sait que Lampedusa recueillera tout ce que les vagues lui offriront.
Les pieds de l'opticien martèlent le sol. La chaleur fait saillir une veine au-dessus de son oreille droite. Il sent les pulsations jusqu'à l'intérieur de son crâne chauve. Il aime repousser ses limites, mettre son corps à l'épreuve. Bien des années plus tôt, il avait goûté à la discipline de l'effort imposée par le service militaire. A l'approche de la soixantaine, hors de question de se laisser aller.
Un adolescent le dépasse en trombe sur un vieux scooter. Le moteur pétarade et brise le silence. Le jeune homme slalome vainement, laissant des traces dans la poussière. Ici, le soir, les gamins n'ont pas grand-chose à faire - une poignée de bars, une minuscule boîte de nuit avec un karaoké. À la fin de ses études, ses parents redoutaient de le voir errer dans Naples et s'attirer des ennuis. Aussi l'avaient-ils envoyé dans une école de couture. Très vite, sa rigueur et sa précision furent remarquées. A l'époque déjà, il savait qu'il ne serait pas satisfait de ce métier et nourrissait l'ambition secrète de devenir opticien. Une curieuse passion pour un jeune homme, il est vrai. Mais il avait toujours été fasciné par le sens de la vue.


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