Auteur : Michel Guillon
Date de saisie : 18/11/2005
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Airvey éditions, Eth, France
Prix : 12.00 € / 78.71 F
ISBN : 978-2-916279-00-8
GENCOD : 9782916279008
Dans "LE MARCHAND DE MOTS et autres histoires ordinaires", j'ai voulu, au travers de huit nouvelles assez courtes, raconter des petites choses de la vie avec ses misères, ses joies, l'ordinaire d'un quotidien que, la plupart du
temps, on ne voit pas passer. A vrai dire, ce qui m'intéresse dans l'écriture, c'est qu'elle permet, avec des mots, des phrases que je bricole à ma manière, d'exprimer ce que je ressens face à telle ou telle situation apparemment sans intérêt, mais qui pourtant accapare bien plus mon attention que la conquête de l'espace ou les éternuements des puissants de ce monde. "LE MARCHAND DE MOTS et autres histoires ordinaires", c'est l'existence au ras du sol, quelconque, banale. C'est, la plupart du temps, à peu de choses près, notre vie.
Michel Guillon
Il n'y a pas si longtemps se trouvait, rue Saint-André-des-Arts au n° 3 bis, une petite boutique spécialisée dans la vente des mots. Elle ne payait pas de mine et son propriétaire, Jérôme Dugland-Bénard, chétif, humble d'aspect, avait le teint grisâtre et l'allure hésitante d'un homme oublié par le temps. Il est vrai qu'on l'avait toujours connu là, discret, peu bavard, s'effaçant de lui-même quand on cherchait à le connaître mieux...
Michel Guillon est l'auteur, notamment, de Bon Dos Malan, un rêve en Avesnois, les larmes de sang, il n'y a pas que ça qui compte, dans la vie. Romancier, nouvelliste, il est également rédacteur à Hauteurs et chroniqueur littéraire à Nord-Est hebdo.
Il n'y a pas si longtemps se trouvait, rue Saint-André-des-Arts, au n°3 bis, une petite boutique spécialisée dans la vente des mots. Elle ne payait pas de mine et son propriétaire, Jérôme Dugland-Bénard, chétif, humble d'aspect, avait le teint grisâtre et l'allure hésitante d'un homme oublié par le temps. Il est vrai qu'on l'avait toujours connu là, discret, peu bavard, s'effaçant de lui-même quand on cherchait à le connaître mieux. On savait juste qu'il vivait seul au-dessus de sa boutique et qu'une vieille femme, plus vieille que lui, venait régulièrement s'occuper de son ménage et faire les quelques courses dont il avait besoin pour se nourrir.
En fait, on peut dire qu'il n'y avait pas grand-chose à connaître de Jérôme Dugland-Bénard. Sa vie, depuis toujours, il l'avait consacrée aux mots. Il les vendait, il les achetait, il les collectionnait, et sa boutique, pourtant modeste, en contenait un si grand nombre, savamment classés, étiquetés, mis à l'abri des modes et des déformations, qu'on venait de très loin le consulter, s'approvisionner, ou même, ça arrivait souvent, procéder à des échanges aussi fructueux qu'insolites.
Pas loin de là, au fond d'une cour de la rue Hautefeuille, Mariot avait son atelier. Il fabriquait des phrases à la demande, avec des mots sélectionnés par Jérôme Dugland-Bénard.
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