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Carte d'identités : souvenirs

Couverture du livre Carte d'identités : souvenirs

Auteur : Olivier Todd

Date de saisie : 17/10/2005

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Plon, Paris, France

Prix : 23.00 € / 150.87 F

ISBN : 978-2-259-19669-7

GENCOD : 9782259196697

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  • La présentation de l'éditeur

A dix-sept ans, tiraillé entre la France et l'Angleterre, tourmenté par l'absence d'un père qui s'était évanoui avant sa naissance, ballotté entre sa grand-mère lesbienne, qui voyait en lui un grand poète chrétien, et sa mère née de parents inconnus, qui l'aurait voulu communiste, Olivier Todd jouait avec l'idée d'une famille imaginaire, qu'il aurait pu mettre en scène dans une saga romanesque. Mais voici aujourd'hui sa vraie histoire, racontée dans toute sa complexité. Braconnant sur ses propres terres, Olivier Todd se livre avec franchise, lucidité et humour - aucun sujet tabou, y compris l'argent. Il laisse apparaître le petit garçon bousculé, l'adolescent promu interprète de deux militaires américains lors de la Libération de Paris, le soldat de première classe à qui Sartre disait, avant son départ pour le Maroc : "Vous ne serez pas tué", l'admirateur de Paul Nizan dont il fut le gendre posthume, le journaliste témoin de l'histoire et du temps. Vient aussi l'ami, le père, le mari, l'amoureux toujours en quête de l'Oiseau bleu... Originalité de la construction, diversité des tons, alchimie des situations, des émotions, des personnages, nervosité du style : ce livre se lit comme un roman.

Olivier Todd est né le 19 juin 1929 à l'hôpital américain de Neuilly d'une mère anglaise et d'un père austro-hongrois. Après des études à Cambridge et à la Sorbonne, il devient professeur - lycée Louis-le-Grand, lycée international du SHAPE, Ecole normale supérieure de Saint-Cloud -, puis journaliste reporter au Vietnam, au Biafra, au Proche-Orient, rédacteur en chef adjoint au Nouvel Observateur (de 1970 à 1977), éditorialiste, rédacteur en chef adjoint au directeur à L'Express (de 1977 à 1981), collabore à diverses émissions de la BBC ("Europe", "Twenty Four Hours"), de l'ORTF (" Panorama "), publie régulièrement dans des revues et des journaux anglais et américains. Il est l'auteur dune vingtaine d'ouvrages dont Une demi-campagne, L'Année du crabe, Les Canards de Ca Mao, La Négociation (romans) ; Un fils rebelle (essai) ; Cruel avril (récit) ; La Marelle de Giscard, Jacques Brel : une vie, Albert Camus, André Malraux (biographies). Olivier Todd a obtenu sa première carte d'identité française le 18 avril 2002.





  • La revue de presse Michel Contat - Le Monde du 16 décembre 2005

Olivier Todd n'a aucune conscience de son importance historique. Quand il a voulu raconter des épisodes marquants de sa vie personnelle - sa campagne d'appelé au Maroc, sa recherche d'un père qui l'avait abandonné -, il a recouru au roman. L'Année du crabe (éd. Robert Laffont, 1972), récit à peine crypté de sa rencontre avec un père fantasmé, fut une réussite. Mais, pour nous, Olivier Todd reste avant tout ce grand reporter qui, pour le Nouvel Observateur, puis pour L'Express, a parcouru le monde afin d'en rapporter des articles à l'anglo-saxonne : bien informés, bien écrits, avec l'"engagement" en plus. Il gagna ainsi une figure de journaliste de gauche, peu porté sur l'idéologie, attaché aux faits. Son confrère du Nouvel Obs Jean-Francis Held lui dit un jour : "Les faits ne sont intéressants que si on en extrait un sens." Todd n'a jamais été convaincu de cette vérité. Il aborde sa vie sans idée préconçue à son sujet, sauf celle d'être différent... Devenu spécialiste du Vietnam pour le Nouvel Observateur, il ne se pardonne pas d'avoir succombé à la propagande vietcong et nordiste, et trompé, ainsi, ses lecteurs sur le Vietnam, le Cambodge. C'est dans l'exposé ressassant de ce cas de conscience qu'il est le plus surprenant, plus que dans ses rapports tourmentés avec le père qui ne réussit pas à lui inspirer de la sympathie. Son humour apparaît dans le récit de sa victoire majeure : obtenir une carte d'identité française, lui qui est pourtant français par le droit du sol...


  • La revue de presse Jean-Gabriel Fredet - Le Nouvel Observateur du 24 novembre 2005

Comment échapper à la bâtardise quand on a été élevé dans deux cultures, deux langues, deux pays ? Quand on est né d'une mère britannique et d'un père austro-hongrois et que le droit du sol vous donne la nationalité française ? Inextricable, au vu des obscurités du personnage : ce pourfendeur des totalitarismes a une mère communiste, ce féru de judaïté n'est pas lui-même juif, cet adorateur des idées semble allergique à la clarté. Son besoin irrépressible d'un père ne sera comblé que par des succédanés : un beau-père posthume, Paul Nizan, parangon de l'intellectuel engagé, et son alter ego, Sartre, tuteur de sa première femme.
Olivier Todd jure qu'il a réussi le pari, n'étant «pas américain ni même anglais», d'être à la fois anglophile et français. Mais cette construction n'a pas été un long fleuve tranquille... Dévoration narcissique, angoisse existentielle, curiosité insatiable, virtuosité de la plume : la traversée du siècle de Todd tient du vaudeville, de la tragédie, du roman picaresque et étale la fresque formidable d'une société qui s'éteint et d'un monde qui s'ébroue. Dommage que le mémorialiste se laisse aller à régler quelques comptes au passage. Car son livre mérite le détour.


  • La revue de presse Jean-Paul Enthoven - Le Point du 10 novembre 2005

Ceux qui l'ont croisé, un jour ou l'autre, le savent : Olivier Todd n'est pas un homme facile. Intense, querelleur, généreux, compliqué, il séduit et exaspère, se fâche à contretemps, se réconcilie entre deux portes, et n'a pas son pareil pour émouvoir ou retenir à l'instant où l'on choisit de l'oublier. J'avais, pour ma part, souvent fait les frais de ses colères inutiles, et je m'y étais résigné avec indifférence, lorsque ses torrentueux «Mémoires» - un bloc de lave incandescente, avec fresques et flammèches - ont atterri sous mes yeux. Cela s'appelle «Carte d'identités» - et le pluriel signale d'emblée que tous les Todd y sont consignés. Tous ? Oui : le patron de presse et le romancier, l'Anglais et le Français, le sartrien de la BBC et le revelien de L'Express, le fils rebelle du Nouvel Observateur et l'homme à femmes, l'ancien jeune et le vieux beau, le sympa et l'odieux. En fond sonore, rien de moins que le siècle dont on vient de prendre congé. C'est ample. Symphonique. Ecrit à la diable. Et l'auteur s'y montre impitoyable - surtout avec lui-même. Il a eu bien raison, après tout, d'adresser en poste restante ce gros paquet de mots et d'humeurs. Ce sont les pièces à conviction d'un procès où Todd se laisse juger par un tribunal dont il est le procureur. Coupable-né, s'accordera-t-il des circonstances atténuantes ? Le fond de l'affaire ? Une curieuse, quoique banale, histoire de bâtardise - que d'aucuns auraient promptement «résiliée» mais qui, avec Todd, devient le chiffre d'un destin... ce livre propose un travelling assez exhaustif sur une époque défunte et propice à l'épopée. Tout cela a vieilli, bien sûr. Et les idées elles-mêmes finissent au musée. Ce livre, tout zébré de fureur et de solitude, célèbre leurs funérailles avec une pompe qui ne manque pas de charme.


  • La revue de presse Pierre Assouline - Le Figaro du 20 octobre 2005

Comment peut-on raconter sa vie en 584 pages sans utiliser une seule fois le point virgule ? On peut, à condition de s'appeler Olivier Todd. Cela n'a rien d'un exercice à la Perec. Il faudrait plutôt appeler Buffon à la rescousse. Car si le style est l'homme même, il l'est davantage encore en l'espèce. Il appelle cela «le style mitraillette». Incises, flash-back, digressions, flashforward, le plus souvent au présent de l'indicatif. Faut suivre ! Impossible de s'y perdre pourtant car nous ne sommes pas en présence d'un bavard mais d'un séducteur armé comme nul autre pour la conversation. Télégraphique avec étincelles. Cinglant parfois, comme son nom qui claque tel un fouet. Todd ! Atavisme très anglais, il abuse des dialogues et surtout des italiques pour souligner un effet, mais cela passe très naturellement... Tout cela rend un son rapide et nerveux qui permet d'attribuer à son auteur la moindre page tombée du manuscrit, à quoi l'on reconnaît un écrivain... Son pavé n'est pas les mémoires d'un journaliste, sinon ce ne serait pas un pavé. Métier magnifique dont il ne reste rien une fois la page tournée, sauf à avoir fondé un journal et l'avoir porté et incarné pendant l'essentiel de sa vie... Vient un moment dans le récit où l'on renonce à suivre le héros dans le labyrinthe de ses mariages, divorces, liaisons et séparations pour mieux s'attacher à la vulnérabilité qui gouverne ses mouvements de l'âme... Des grands hommes convoqués à la page des épigraphes, nous ne retiendrons que Faulkner : «Le passé n'est pas mort, il n'est même pas passé.» On ne saurait mieux dire les affres dans lesquels se débat tout individu menacé de nostalgie.


  • La revue de presse Max Gallo de l'Académie française - L'Express du 13 octobre 2005

«Je veux voir pour savoir», dit Olivier Todd lorsque, dans son autobiographie, Carte d'identités - au pluriel - il égrène ses souvenirs. Il ajoute: «Je ne suis pas doué pour l'abstraction. Les vies m'intéressent autant que les idées... J'ai cru, je crois, avoir - hors femmes - un goût excessif de la vérité.» Ce sont ces penchants-là qui donnent à son récit singularité, force et intérêt. Todd veut tout mettre en lumière. «J'affronte un tribunal. Je suis tous les membres de mon jury - des femmes - et le procureur et le juge.» Il n'y a pas un recoin de sa vie qu'il n'éclaire. Il donne même - impudeur suprême ! - le montant de ses salaires et de ses droits d'auteur ! Et il suffit de quelques pages pour qu'on ait l'impression de recevoir en confidence - en confession plutôt - un ami proche, auquel parfois on voudrait conseiller de s'arrêter là, au bord d'un nouvel aveu, dont on sait qu'il va souffrir. Mais il continue, implacable. Oui, en 1967, il a «interrogé» à Hanoi un pilote américain prisonnier. «Honte professionnelle.» Mais, trente-sept ans plus tard, il retrouve ce Thomas J. Barrett à Chicago, parce qu'il veut affronter, les yeux dans les yeux, le passé qui le hante, la culpabilité, la responsabilité d'avoir par ses écrits accrédité les mensonges des Vietcongs.

Cette sincérité, ce souci des faits, le refus de Todd de céder à l'emphase - la phrase est haletante, brisée - font de ce livre un document pour comprendre - sentir - ce que fut le XXe siècle pour un homme que les hasards de la naissance ont placé sur les frontières de plusieurs mondes...


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