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Le poète secret

Couverture du livre Le poète secret

Auteur : Mario Rigoni Stern

Traducteur : Marie-Hélène Angelini

Date de saisie : 23/08/2006

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : la Fosse aux ours, Lyon, France

Prix : 16.00 € / 104.95 F

ISBN : 978-2-912042-77-4

GENCOD : 9782912042774

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  • La présentation de l'éditeur

"Le petit caporal avait pris le commandement des quelques rescapés et Barbasecca le suivait avec son fusil-mitrailleur. Ils parvinrent ainsi au dernier combat. "Allons-y", dit le petit caporal, ce matin-là. Et il tomba lui aussi. Quatre ans plus tard sa famille reçut un communiqué : "... est porté disparu en date du 26 janvier 1943"... Il était timide, il parlait peu, il avait peur, il n'était pas fait pour être officier, il lisait de la poésie."

Mario Rigoni Stern, né en 1921 à Asiago, est un des plus grands écrivains italiens contemporains. Histoire de Tönle, Le Sergent dans la neige, La Chasse aux coqs de bruyère, L'Année de la victoire, Arbres en liberté, Les Saisons de Giacomo, Retour sur le Don, Le Livre des animaux, En guerre, Sentiers sous la neige, Lointains Hivers, Hommes, bois, abeilles, En attendant l'aube, Le Vin de la vie et La Dernière partie de cartes sont traduits en français.





  • La revue de presse François Maspero - Le Monde du 25 novembre 2005

Récits, nouvelles, ou simples réminiscences, les textes de Mario Rigoni Stern sont toujours comme des contes chuchotés, et l'on ne se lasse pas de leur musique. Peu d'écrivains ont, comme lui, cet art de la confidence qui envoûte le lecteur, comme si cette voix lui était très proche et résonnait longtemps en lui. Il est en Italie une littérature solidement accrochée à la terre natale qui n'a rien à voir avec notre littérature dite régionale, parce qu'elle sait d'emblée atteindre l'universel... La terre de Rigoni Stern, ce sont les confins de la Vénétie Julienne, jadis austro-hongroise, et peut-être est-ce la proximité de la frontière et le passage de tant d'armées sur ces terres disputées, le souvenir de tant d'affrontements sans pitié qui donnent à ce qu'il écrit, comme pour Francesco Biamonti en Ligurie, ce ton retenu, presque confidentiel, qui parle d'une souffrance passée et difficilement apaisée. De la simplicité même des mots et des phrases sourd une émotion quasi charnelle... Ajoutons que les éditions lyonnaises La Fosse aux ours, qui publient, après d'autres livres de Rigoni Stern, ce Poète secret dans une traduction sensible et juste de Marie-Hélène Angelini, prouvent, par la qualité de leur travail et de la présentation, que les éditeurs qui aiment les livres ne sont pas tout à fait une espèce en voie de disparition.


  • La revue de presse Martine Laval - Télérama du 26 octobre 2005

Il ramasse les miettes de pain tombées sur la table. Un geste appris pendant la Seconde Guerre mondiale, quand il était prisonnier. Aujourd'hui, sans doute, Mario Rigoni Stern, 84 ans, les offre-t-il aux oiseaux, là-bas, à Assiago, son village de Vénétie. Il ramasse des miettes de pain... et des souvenirs affluent. Il songe au «petit caporal», un gars timide, s'écroulant dans la neige, sang et désarroi. Il pense à Primo Levi, récite ses vers de tristesse : «Vous qui vivez en toute quiétude/ Bien au chaud dans vos maisons...» Et nous raconte une héroïne peu commune, Brenta. Une brave mule qui, avec son maître, parcourut l'Albanie, la Russie, ramassant sous le feu des balles les soldats blessés... Dans le dernier texte du recueil, Mario Rigoni Stern se met en scène avec humour. Il est «le grand écrivain» invité avec les honneurs au château de Versailles. Lui, un peu rebelle, un peu poète, est déjà loin du petit groupe papotant dans la galerie des Glaces...


  • La revue de presse Frédéric Vitoux - Le Nouvel Observateur du 27 octobre 2005

... Mario Rigoni Stern (il est né en 1921) n'a plus rien à prouver. Ses grands livres, «Histoire de Tönle», «Le Sergent dans la neige» ou «les Saisons de Giacomo», sont derrière lui... Mais s'il n'a plus rien à prouver, il a encore, si l'on peut dire, matière à éprouver. Comme on revient sur le métier ou sur sa vie. Souvenirs épars, portraits, choses vues, tous empreints de douleurs, de fidélité, de sagesse : l'image d'un soldat et de sa mule dans la steppe russe, une lettre adressée à son ami Primo Levi au soir de son suicide, la présence d'un chevreuil blessé près de sa maison, au cours d'un hiver rigoureux... Rien de plus. Rien de moins. Et c'est déchirant comme tout ce qui sonne juste et courtise le silence.


  • La revue de presse Hervé Gaymard - Le Figaro du 13 octobre 2005

En 1945, après deux années de Lager allemands, Mario Rigoni Stern revient vivre au pays, à Asiago, sur l'altiplano des Sept-Communes, au nord de Venise. C'est un plateau unique, jadis peuplé par les Cimbres, éphémères envahisseurs nordiques, dont la langue comptait jusqu'à huit mots différents pour désigner la neige... Cinquante ans plus tard, il soupire : «La nuit, dans l'attente du sommeil ou de l'aube, à la lumière diffuse de la neige qui filtre des fenêtres donnant sur la forêt, ma pensée s'arrête en ces temps-là, et ressurgissent visages d'amis, épisodes, situations dramatiques. Pas seulement les souffrances mais aussi les moments sereins : jeux d'enfants, visages rieurs, lettres d'amour, rêves, chants, montagnes conquises. Les cadeaux de la jeunesse.»

Comme tous ceux qui ont vécu la capitale de la douleur, il a fallu du temps à Mario Rigoni Stern pour sortir de l'ombre longue que faisait sa prison, la steppe russe autant que le camp... Son dernier recueil, Le Poète secret, retouche ces saisons de la mémoire. La nature, omniprésente, n'est pas idéalisée, comme dans la pensée germanique. Ce n'est pas un nouveau Dieu qui subjuguerait les hommes, mais un don fragile qui les aide à se construire. Qu'il décrive les sauts d'un lièvre dans la neige, le chevreuil blessé qui cherche un refuge, ou la chronique de son jardin potager, sa voix évoque une civilisation qui est peut-être en train de disparaître. Mais l'homme qui désigne les arbres et les fleurs par leur nom ne cède pas pour autant à la vaine nostalgie. Il est intemporel, parce qu'il parle à l'âme humaine. Quand la guerre matricielle le reprend dans ses rets, au détour du rangement du grenier, il retrouve le petit garçon, puis le jeune soldat, qui aura aimé les ennemis de rencontre de son pays, et toujours cherché l'homme derrière la sauvagerie...


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