Auteur : Jean-Philippe Domecq
Date de saisie : 10/10/2005
Genre : Arts
Editeur : 10-18, Paris, France
Collection : 10-18. Fait et cause, n° 3768
Prix : 7.00 € / 45.92 F
ISBN : 978-2-264-04227-9
GENCOD : 9782264042279
«Il reste très difficile de parler librement d'art contemporain, c'est-à-dire sans a priori, sans souscrire aux croyances idéologiques d'une critique d'art toujours plus spéculative qui, à côté de chefs-d'oeuvre, a promu d'étranges choses. Il sera donc question ici d'inflation verbale et financière sur le marché d'art ; et surtout de la faveur intellectuelle dont ont bénéficié Warhol, Buren, Ben (...), entre autres cas. Pour comprendre comment ces figures d'artistes ont pris la place dans le musée du XXe siècle, il faut chercher les causes loin en amont. Ce livre s'arrêtera donc à quelques étapes de l'art moderne pour, en fonction de leurs résultats, apprécier la validité de certaines prescriptions idéologiques des avant-gardes. Au bilan : l'art moderniste semble aujourd'hui connaître une crise (...). Le conflit n'est plus entre passé et avenir, et l'issue est par-delà les deux académismes du Retour et du Récent.»
Jean-Philippe Domecq
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Plantons le décor. Les colonnes de Buren installées dans la cour d'honneur du Palais-Royal font à nouveau parler d'elles. L'eau des ruisseaux qui courent sous les grilles et font partie intégrante de l'oeuvre s'infiltre dans une salle en sous-sol utilisée par la Comédie-Française. Il va falloir revoir l'étanchéité de la chape de béton, hier négligée. Le montant des travaux s'élève à 2,6 millions d'euros, soit le double de ce qu'avait coûté l'oeuvre il y a une vingtaine d'années. Explication : il faudra la démonter et la remonter. Quand, en 2002, le nouveau ministre s'installe rue de Valois, l'inauguration de l'exposition Buren au Centre Georges-Pompidou est sa première sortie officielle... Enfin, tandis que se fissure le sous-sol du Palais-Royal, l'artiste «s'expose» au musée Guggenheim de New York dont il est l'invité d'honneur.
Autre élément du décor. François Pinault, l'homme d'affaires, conseillé par le prédécesseur de Donnedieu de Vabres, Jean-Jacques Aillagon, a renoncé à sa Fondation d'art contemporain sur l'île Seguin, à Boulogne-Billancourt. Le maire de la ville, mis en cause, s'en explique ; le Parlement s'en émeut. De ces «chefs-d'oeuvre» qui appareillent pour Venise, les Français ne connaissent que l'intimidante quantité : deux mille pièces !
C'est le moment où jamais de lire Jean-Philippe Domecq, dont le livre Artistes sans art ?, réédité en poche, dénonce l'imposture de l'époque... Lassé par une si pitoyable dérive de l'intelligence, Jean-Philippe Domecq veut en saisir les raisons. Convaincant dans sa description de l'état des lieux, il l'est moins quand il incrimine Picasso...
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