Outre-terre : le voyage à Eylau / Passion du livre

Recherche simple

Recherche avancée

Recherche multi-critères








Recherche avancée

.. Outre-terre : le voyage à Eylau

Couverture du livre Outre-terre : le voyage à Eylau

Auteur : Jean-Paul Kauffmann

Date de saisie : 31/03/2016

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Ed. des Equateurs, Sainte-Marguerite-sur-Mer, France

Collection : Equateurs littérature

Prix : 21.90 €

ISBN : 978-2-84990-435-0

GENCOD : 9782849904350

Sorti le : 18/02/2016

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Ce jour-là, Napoléon a failli tout perdre. Le 8 février 1807, à Eylau, en Prusse-Orientale, l'Empereur livre l'une des batailles les plus périlleuses de son règne. Il sera à deux doigts d'être capturé. Il ne devra son salut qu'à la plus spectaculaire charge de cavalerie de tous les temps.
Eylau, choc frontal de l'Histoire et de la géographie. Le site se trouve aujourd'hui dans l'enclave russe de Kaliningrad, l'Outre-Terre, pays étrange, annexé par Staline, désormais séparé de la mère-patrie par la Lituanie.
Prétextant la célébration du deux centième anniversaire de la bataille, Jean-Paul Kauffmann, qui a une prédilection pour les destinations excentriques, s'est rendu en famille à Kaliningrad. Un voyage sur les traces du fantôme du colonel Chabert, le héros de Balzac, donné pour mort lors de la grande charge de Murât.
Peinte magistralement par le baron Gros, la «boucherie d'Eylau» s'est déroulée dans le brouillard et la neige. Seul repère dans le demi-jour sanglant : l'église où se tenait Napoléon, devenue une usine. Elle recèle encore de nombreux mystères qui vont intriguer l'auteur et l'interroger sur les vrais mobiles de cet insolite voyage en famille.
Outre-Terre est un livre sur le désastre, les revenants, l'absence. Sur l'impossibilité de la reconstitution. Sur le bonheur d'être vivant.

Jean-Paul Kauffmann a notamment écrit L'Arche des Kerguelen, La Chambre noire de Longwood, La Lutte avec l'ange et Remonter la Marne.





  • La revue de presse Julie Clarini - Le Monde du 24 mars 2016

Entre petits déjeuners à Kaliningrad et tentatives infructueuses de visiter la vieille église qui surplombait la plaine, Jean-Paul Kauffmann soulève un voile sur ses souvenirs d'enfance, exhume des images d'anciennes aventures, se fait discrètement philosophe de l'histoire, commente le tableau du baron Gros dépeignant les lendemains du combat et la «neige grise labourée par les charges». On oscille entre passé et présent dans un croquis lui-même en demi-teintes...
Entre fausse simplicité du voyage familial et vraie enquête historique, entre extrême précision et halo du souvenir, Outre-terre déploie une vision intime qu'on quitte à regret.


  • La revue de presse Jean-Claude Raspiengeas - La Croix du 25 février 2016

Longwood, à Sainte-Hélène, Jean-Paul Kauffmann poursuit son exploration napoléonienne en s'enfonçant, avec sa famille, dans les brumes gelées de la bataille d'Eylau...
Dans ce récit sombre et drolatique, Kauffmann se révèle polémologue, stratège, historien, reporter d'hier et d'aujourd'hui, chirurgien qui ausculte les replis de l'âme. Il hume et savoure l'imprévu, sans déroger à cette forme de quant-à-soi qui colore son style magnifique, pratiquant le commentaire grave, railleur et goguenard du curieux jamais dupe. Jean-Paul Kauffmann parle aussi de lui comme jamais auparavant, en écartant le voile de brouillard qui recouvre ses trois années de détention, hors du monde. Modifié, le journaliste s'est mué en écrivain qui s'enfonce dans les confins de la désolation, en grand veneur des traces oubliées.


  • La revue de presse - Libération du 25 février 2016

Un lieu d'outre-terre ne peut qu'accorder asile aux esprits d'outre-tombe. Un territoire où leurs voix se font entendre, à peine feutrées par la neige qui recouvre le champ de bataille d'Eylau. Des paroles que Jean-Paul Kauffmann s'emploie à faire entendre une plume délicate.


  • La revue de presse Marie-Laure Delorme - Le Journal du Dimanche du 21 février 2016

L'écrivain Jean-Paul Kauffmann s'est rendu dans l'ancienne Prusse-Orientale, lors de la célébration du deux centième anniversaire de la bataille d'Eylau, pour un de ses plus beaux récits...
La bataille d'Eylau est insignifiante au regard de l'épopée napoléonienne. Jean-Paul Kauffmann aime à se focaliser sur un détail lumineux au sein d'un paysage sombre ou sur un point manquant au sein de la toile enchevêtrée de la mémoire. Ce qu'on oublie vaut la peine d'être retenu. C'est une erreur de penser que la grande histoire trie mieux que la petite histoire...
La fonction même de l'art est de retourner le discours social contre lui-même. Vous ne voulez pas voir ? Vous allez voir quand même ! Le tableau du baron Gros sur la bataille d'Eylau met en évidence tout ce que Napoléon souhaitait pourtant dissimuler. La boucherie et le traumatisme. Le carnage et le trouble. La bataille d'Eylau annonce les manipulations et les massacres du XXe siècle.


  • La revue de presse Gilles Heuré - Télérama du 24 février 2016

Jean-Paul Kauffmann aime les lieux chargés d'histoire. Après Sainte-Hélène et les rives de la Marne, le voilà à Eylau en compagnie de Balzac ou Hugo...
«Qu'est-ce qu'il fait finalement ?», s'étonne un conférencier, ne comprenant pas le projet de l'auteur : ni biographie, ni roman, ni essai. Quoi alors ? Juste une errance, pour deviner les milliers de morts dont les os sont refoulés par les mouvements de la terre, et pour élucider cette bataille «sans lumière» que le peintre Gros a traduite en donnant à la neige une teinte grise annonciatrice des désastres à venir...
Alors, récit, promenade historique, reportage ? Contrairement à ce que redoutait le conférencier intrigué, Outre-terre est surtout un texte passionnant, une confidence partagée où le murmure de l'histoire a recouvert le fracas de la bataille.



  • Les premières lignes

Février 2007

Le 7 février 2007, la famille Kauffmann a débarqué à Kaliningrad, lourdement équipée pour affronter l'hiver russe. J'ai failli annuler notre voyage à cause d'un autre anniversaire : les trente ans de la naissance du Matin de Paris, ma plus belle aventure professionnelle. Il fallait trancher entre deux passés : le mien et un événement historique devenu indifférent. J'ai choisi Eylau.
Dans mes bagages figurent le Napoléon d'Eugène Tarlé, historien russe qui a vécu sous Staline et une curiosité dénichée dans un vide-grenier, un guide Baedeker de 1900, époque où Königsberg était une ville allemande.
Prévu pour neuf places, le minibus que nous avons loué paraît démesuré. Il est de couleur jaune pâle, nuance citron. En ce mois de février, le froid est cuisant. La fumée qui s'échappe des cheminées et des pots d'échappement s'évanouit, aussitôt aspirée par l'air glacé.
C'est lors d'un dîner familial le dimanche soir, peu après la publication de mon livre, La Chambre noire de Longwood, que l'idée a surgi : un voyage assez loin dans le temps qui nous rassemblerait tous les quatre. Un test permettant de mesurer la cohésion de la famille. Nous avons été longtemps séparés. Être ensemble est une fête.
Nous sommes alors en 1997. Je lance : «Dans dix ans aura lieu l'anniversaire de la bataille d'Eylau. Ce serait amusant de nous y retrouver le 8 février 2007.» Un blanc accueille ma suggestion. Encore une de mes lubies. «Ton Napoléon !», soupire l'un de mes fils. Il ajoute : «Tu ne crois pas que ça suffit ! Tu aurais pu trouver un autre sujet.» «Classe ! On va faire la tournée des spectres», raille l'autre.
Eylau se trouve aujourd'hui dans un coin perdu de la Russie. En hiver, on doit y crever de froid. La proposition n'a rien de séduisant mais l'idée joyeuse d'un voyage à quatre finit par l'emporter. D'accord, j'ai un faible - plus qu'un faible, une complaisance - pour les lieux qui n'entretiennent aucune illusion. Aller voir quand il n'y a rien à voir. Je connais déjà le site de la bataille. Il faut une part d'imagination pour se figurer que dans cette plaine s'est déroulé l'affrontement le plus étrange de l'Empire, mais surtout la plus spectaculaire charge de cavalerie des guerres napoléoniennes.
C'est mon deuxième voyage à Eylau.
Même sensation que la première fois : un carambolage, une curieuse façon d'être bousculé sans heurts, une sorte d'enchevêtrement qu'il sera difficile de dénouer. Je pars sur les traces d'une bataille napoléonienne, mais le décor absurde imposé par l'ère post-soviétique brouille tout.


Copyright : Studio 108 2004-2019 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli