Auteur : Philippe Garnier
Date de saisie : 00/00/0000
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Melville, Paris, France
Prix : 14.00 € / 91.83 F
ISBN : 978-2-915341-31-7
GENCOD : 9782915341317
Lire le journal, changer une ampoule, décrocher le téléphone... Autant d'activités de notre quotidien qui, dans cette courte fiction, prennent une dimension extraordinaire. Le père de famille n'a pour tout horizon que son appartement, dont il récuse la banalité. Est-il sage ou fou ? Son comportement obsessionnel fait dériver le récit vers des péripéties inattendues, à la fois grotesques et oniriques, sous l'oeil perplexe de ses enfants. Envisageant avec finesse et humour les relations familiales, entre solidarité et cruauté, ce texte témoigne d'un combat absurde mené contre la solitude, le silence et la décrépitude du quotidien. A travers cette figure paternelle énigmatique se dessine la difficulté de s'inscrire dans un monde où plus rien ne nous fait signe.
Philippe Garnier est né en 1964. Il a publié La Tiédeur et Une petite cure de flou aux Presses Universitaires de France.
Le vide s'est progressivement mis en place. Il se crée vite une espèce de distance entre soi et le monde. Entre soi et les autres. Une affaire de silence. Un bas bruit. Presque rien. Cela fonctionne comme un retrait quasi mécanique. Simple désaffection. Oublier les contours. Gommer le paysage. Effacer l'extérieur. Ne plus nommer les gens. Au fond, quelle importance ? C'est le grand nettoyage. Et l'on est seul, tout seul, dans une cage aux miroirs qui ne reflète rien. La sagesse ? La paix ? On s'est trompé sans doute. S'installe une nausée dans ce cocon trop blanc. Le temps y passe, balafré de terreurs et d'angoisses. Il faut bien reconstruire. Oui, mais plus comme avant. Délirer. En marge du sillon se trace une autre route. Intuitive. Immédiate. Etrange, folle, démente... Et le réel revient, devenu autre chose.
C'est cet autre côté dont parle Philippe Garnier. Folie douce si l'on veut. Peuplée d'obsessions, de pensées récurrentes. De rites, de faux bruits. Ces symptômes amassés pour mieux se protéger. Un père vit claustré dans son appartement... Et Philippe Garnier de décliner ainsi le quotidien. Le téléphone, les ampoules électriques, les brosses à dents, la grippe... On se surprend pourtant, chapitre après chapitre, à échafauder une drôle de nosographie. On cherche, on fouille. Et puis on se demande si la folie n'est pas finalement au-dehors. Dans les rues de la ville...
«J'oubliais souvent mon père au jardin municipal. Des semaines entières, assis sur un banc face aux toboggans et aux balançoires, il attendait, sans trop désespérer, que je vienne le chercher.» Cela pourrait être un fait divers. On en a vu, des familles d'ataviques qui relèguent leur père (leur frère, leur fille, leur mère) handicapé au fond de la cave, ou dans la cabane à outils. Mais là, le père n'est pas handicapé, c'est seulement son fils qui est indigne, incapable de rien comprendre à ses manies, à son existence, de recueillir son enseignement.
En cent pages dépourvues de matière grasse, sans une ligne d'ennui, Philippe Garnier filme un cauchemar drolatique, un ralenti vaguement beckettien, où la mécanique se plaque sur un être vivant qu'on pose comme un objet à côté du téléphone, dont on retourne la chaise, qu'on enferme, ou qu'on va coucher dans un hôtel au bout d'un train, pour ne le revenir chercher qu'à l'automne...
Copyright : Studio 108 2004-2012 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli