Auteur : Gabrielle Rolin
Date de saisie : 19/09/2005
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Arléa, Paris, France
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 978-2-86959-711-2
GENCOD : 9782869597112
Comment aimez-vous l'humour ? Bien noir et serré comme un express ? Assaisonné de sourires ambigus ? Dégonflant l'adversaire en trois coups de griffes ? A chacun sa manière de se défendre. Contre qui ? La vie, bien sûr ! Si elle file doux, ouvrez 1'oeil : elle a un poignard dans la manche. La victoire lui appartient par votre faute, vous l'aimez trop ! Mais tant qu'elle reste à votre portée, libre à vous de brouiller les cartes et de la mener en bateau. Avec Rappels à l'ordre, Gabrielle Rolin signe un recueil de nouvelles alertes, enlevées, où sa manière s'exprime avec son brio habituel. Mais sous l'humour toujours exactement dosé et à propos, cheminent au long de ces pages une émotion puissante, une nostalgie de la vraie vie, un effroi lucide devant le temps qui passe, l'intolérable solitude, la bêtise humaine, mais aussi une vraie foi dans la tendresse.
On peut s'appeler Rolin comme tout le monde et écrire des nouvelles comme personne. Cela vaut mieux que le contraire. Ce troisième recueil inscrit définitivement Gabrielle Rolin dans le cercle très fermé des meilleurs nouvellistes français, entre Annie Saumont et Eric Holder. On y retrouve ce qui fait sa manière : un humour permanent mais susurré du bout des lèvres, une malice tempérée par des lueurs de nostalgie dans le regard, une tendresse de tous les instants. Chacun de ses textes raconte une histoire, mais tous parlent de la même solitude et de son frère maudit, l'ennui.
Huit nouvelles sur les objets qu'il faut tenir à l'oeil, les mots qui sont parfois longs en bouche, le lit qui abrite la maussaderie conjugale. «La vocation», en l'occurrence celle de l'écriture, tourne autour de l'obsession de paraître. On retrouve la cruauté du Simenon du Chat dans Le Crime parfait. Il y a des lignes bouleversantes sur le renoncement aux jeux de l'amour quand on va jusqu'à n'en conserver que des souvenirs littéraires. Sur les caprices de la souffrance. Sur les trahisons de la mémoire. Une certaine mélancolie, celle des esseulés, affleure quand on s'y attend le moins...
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