Le kiosquier de Charlie / Passion du livre

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.. Le kiosquier de Charlie

Couverture du livre Le kiosquier de Charlie

Auteur : Anaïs Ginori

Date de saisie : 19/01/2016

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Ed. des Equateurs, Sainte-Marguerite-sur-Mer, France

Prix : 15.00 €

ISBN : 978-2-84990-441-1

GENCOD : 9782849904411

Sorti le : 07/01/2016

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Patrick tient le kiosque de Saint-Germain-des-Prés. Tous les jours, les dessinateurs Cabu et Wolinski viennent lui acheter les journaux. Le 7 janvier 2015, le rite est identique, comme le café du matin. Les deux dessinateurs prennent ensuite le chemin de la rédaction de Charlie Hebdo, sans savoir que la mort les attend.
Quelques heures plus tard, alors qu'il rentre tranquillement chez lui, près des Buttes-Chaumont, Patrick se fait braquer sa voiture par... les frères Kouachi, qui lui laissent la vie sauve : les deux tueurs entament leur folle cavale, qui s'achèvera dans une imprimerie de Dammartin-en-Goële.
Parce que «tout est signe et tout signe est message», Anaïs Ginori raconte les extraordinaires coïncidences de cette tragédie qui changea le visage de la France et nous en donne une lecture captivante : elle est l'une des premières journalistes arrivée au siège de Charlie après la fusillade. Mais elle choisit très vite de faire un pas de côté pour raconter ce que n'ont pas eu le temps de découvrir les chaines d'info en continu.
Le Kiosquier de Charlie décrit aussi la paradoxale renaissance de «l'âge de papier» alors qu'un journal pleure ses morts, la résistance miraculeuse de l'imprimé contre la barbarie. Récit décalé, enquête pleine de révélations et de témoignages surprenants, Le Kiosquier de Charlie est une petite mythologie de Paris et de l'écrit.

Anaïs Ginori est la correspondante à Paris du quotidien italien La Repubblica.





  • La revue de presse Jérôme Garcin - L'Obs du 14 janvier 2016

Le 7 janvier 2015, après avoir vendu "le Canard enchaîné" à Cabu et Wolinski, cet amoureux de la presse a été braqué par les frères Kouachi. Son histoire fait l'objet d'un beau récit...
A une telle succession de coïncidences, même le cinéma n'aurait pas cru. C'est l'objet du petit livre à la fois décalé et recentré que consacre Anaïs Ginori, correspondante à Paris de «la Repubblica»...
«Quand je l'ai rencontré, écrit-elle, j'ai compris pourquoi je faisais ce métier, pourquoi j'étais captivée par cet univers de papier qui résiste au temps.» Et à la tragédie.


  • La revue de presse Julien Rebucci - Les Inrocks, janvier2016

Parmi la multitude de livres-anniversaires, un an après les attentats de Charlie Hebdo, «Le kiosquier de Charlie», de la journaliste Anaïs Ginori marque sa différence. Un témoignage poignant et une déclaration d'amour à la presse papier, à l'heure où cette dernière vit des moments difficiles...
Anaïs Ginori, correspondante à Paris depuis deux ans et demi pour le quotidien La Repubblica a été l'une des premières journalistes à se rendre devant les locaux du journal satirique et se retrouver devant «cette scène de guerre qui l'a marquée à jamais.» Son livre, Le kiosquier de Charlie, est un témoignage poignant et subjectif, sobre sans tomber dans le racoleur d'une semaine qui a marqué la France à jamais.


  • La revue de presse Alexandra Schwartzbrod - Libération du 7 janvier 2016

Alors qu'il vient, quelques heures plus tôt en ce mercredi 7 janvier 2015, de vendre leurs journaux quotidiens à deux familiers du quartier dénommés Cabu et Wolinski, le kiosquier de Saint-Germain-des-Prés se fait braquer sa voiture, en rentrant chez lui, par... les frères Kouachi qui sortent tout juste de la rue Nicolas-Appert où ils ont abattu les célèbres dessinateurs de Charlie Hebdo...
Cet incroyable coup du destin n'a en effet pas échappé à la correspondante à Paris du quotidien italien la Repubblica, une des premières journalistes arrivée au siège de Charlie Hebdo après la fusillade (elle vit à deux pas). Plutôt que de reraconter le drame, elle a choisi d'utiliser le kiosquier de Saint-Germain comme fil rouge d'un récit sobre et terriblement émouvant où s'entremêlent des bouts de son histoire personnelle et une véritable ode à la presse papier.


  • La revue de presse Cyril Petit - Le Journal du Dimanche du 3 janvier 2016

Un livre revient sur l'histoire du marchand de journaux de Saint-Germain-des-Près, celui de Wolinski et Cabu. Le même qui, le jour de l'attentat du journal, s'est fait braquer sa voiture... par les frères Kouachi...
Le livre, très intéressant, d'Anaïs Ginori raconte le destin de Patrick, 68 ans, son quotidien de kiosquier, sa clientèle faite de beaucoup de gens "normaux" et de quelques personnalités (dont Karl Lagerfeld qui peut acheter jusqu'à 400 euros de magazines), sa journée du 7 janvier 2015. Il révèle aussi avec justesse le regard d'une journaliste qui a vécu et couvert cette tragique semaine de janvier. Le récit est subjectif et sobre. Il n'est pas racoleur mais bien vivant. La journaliste de La Repubblica était parmi les premières présentes rue Nicolas-Appert, près des locaux de Charlie Hebdo. Elle a passé du temps également dans les locaux de Libération qui accueillaient la rédaction de Charlie Hebdo. Et a, pour son livre, rencontré de nombreuses personnalités touchées par ces événements...
Le Kiosquier de Charlie est également une magnifique déclaration d'amour à la presse papier et à ceux qui la font. De la rédaction de Charlie à l'imprimerie de Dammartin-en-Goële, Anaïs Ginori parle "d'un fil de papier [qui] relie tous ces hommes, toutes ces victimes".


  • La revue de presse Gaïdz Minassian - Le Monde du 7 janvier 2015

Exercice cathartique, ce livre pour le moins singulier embrasse les événements du 7 janvier à contre-pied de la foison d'ouvrages qui paraissent sur ce thème depuis un an. Ici, pas d'enquête policière ni de démonstration d'experts sur les origines de la terreur islamiste ou l'anatomie de la nébuleuse djihadiste. Pas non plus de souci d'exhaustivité, juste un récit subjectif sans volonté de « spectaculariser »les faits. Des séquences d'humanité, des tranches de vie de citoyens lambda...
Le style est sobre, parfois touchant, avec ces petites pointes d'émotion que le regard professionnel de l'auteure a su essaimer sans tomber dans le pathos. Car au-delà du retour sur cette journée tragique du 7 janvier, notre consoeur lui donne une épaisseur sociale.



  • Les premières lignes

Il faut être costaud pour vendre des journaux. Le mercredi est un jour de corvée. Patrick reçoit les premiers hebdomadaires : Le Canard enchaîné, L'Express, Télérama, L'Officiel des spectacles, Pariscope. Déjà, il doit préparer le retour des invendus, établir un inventaire, ficeler les paquets, coller des étiquettes sur chaque colis de journaux périmés. Baptêmes et funérailles dans le même bouquet. Un kiosque mêle les différents cycles de la vie. La présence dans les étalages court de quelques heures pour les quotidiens à quelques mois pour les revues spécialisées et les hors-série. Le seul à ne pas trépasser, c'est lui : Patrick, marchand de journaux depuis plus de trente ans. Avec sa gueule d'acteur américain, son allure baraquée, son regard vif et pénétrant sous un chapeau de feutre élégant, le kiosquier de Saint-Germain-des-Prés est toujours fidèle au poste. Rien de la petite comédie mondaine ne lui échappe.
Au petit matin, la camionnette blanche du distributeur monte sur le trottoir et se gare entre Les Deux Magots et la boutique Louis Vuitton. Des kilos de papier à soulever, à porter jusqu'au kiosque, à ranger dans un ordre précis. Une gymnastique indispensable pour retrouver rapidement les titres demandés dans ces quelques mètres carrés, veiller à une présentation alléchante et la plus complète. Une fois fermé, le kiosque semble tout petit. Puis, comme par miracle, telle une boîte magique, les portes se déploient : on dirait des ailes sur le trottoir.
Dès 4 h 30 du matin, Patrick est là. Méticuleux, il arrive tôt pour avoir le temps de mettre en place la mosaïque des magazines sur les tables à tréteaux, les quotidiens internationaux sur les tourniquets, les nationaux dans leurs panières verticales. Patrick aime la presse. Il y a de vieilles connaissances et de nouvelles fréquentations. Certains titres disparaissent. D'un jour ou d'un mois à l'autre, un trou se forme sur l'étalage, vite comblé. Le kiosque est toujours plein, Patrick a horreur du vide.
Les tables extérieures sont réservées à la mode internationale, à la déco, aux numéros spéciaux et aux hors-série. En dessous du comptoir, les magazines d'actualité, les people et les féminins. À l'intérieur du kiosque, à gauche, en partant du haut, c'est le règne des hobbys : la chasse, les tatouages, l'équitation, le jardinage, les jeux vidéo, les téléphones portables. En bas, la famille, la grossesse, les jeunes parents. Au centre, la musique, la photo, le sport, le théâtre, le cinéma, la littérature, la géopolitique, la moto et l'automobile, les mots croisés et les sudoku, les programmes télé. À droite, un étalage est consacré à la cuisine et au tourisme. Un autre mètre carré est occupé par les revues pour enfants et adolescents. Dans les recoins du haut, bien cachées, se trouvaient autrefois les revues pornos, dites «de charme» : les premières victimes papier d'Internet. Il en reste quelques-unes ; Patrick ne les vend pas, ce n'est pas sa clientèle.


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