Auteur : Sami Michaël
Traducteur : Sylvie Cohen
Date de saisie : 22/08/2006
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Calmann-Lévy, Paris, France
Collection : Traduit de
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-7021-3654-6
GENCOD : 9782702136546
Huda, jeune Palestinienne chrétienne, vit dans le Wadi, quartier arabe de Haïfa, en Israël. C'est elle qui fait vivre sa famille : sa mère, veuve, dont les proches ont tout perdu lors de la guerre d'Indépendance ; son grand-père, un vieux sage amateur de narguilé ; sa soeur, plus effrontée, mais qui accepte un mariage arrangé. Jusqu'au jour où arrive Alex, le nouveau voisin, un Juif russe dont la trompette mélancolique résonne à travers le Wadi, et dont Huda tombe amoureuse. La vie rêvée d'Huda bascule alors, rattrapée par la réalité politique.
Une trompette dans le Wadi est une chronique familiale filée avec une parfaite justesse de ton et un humour ravageur. Un roman savoureux, écrit «caméra à l'épaule», plein de vie et de passions.
Sami Michael est né en 1926 à Bagdad. Jeune, il s'engage dans les réseaux clandestins de son pays, qu'il doit fuir. Il s'installe en Israël en 1949. Il étudie la littérature hébraïque et travaille comme hydrologue. Il publie ses premiers romans dans les années 70.
«Israélien, irakien, juif, arabe... Sami Michael est tout cela, dans l'ordre et surtout dans le désordre. Écrivain d'un entre-deux introuvable, d'une frontière transformée en front de bataille, d'un passé et d'un présent irréconciliables, il se sert de la littérature comme d'un creuset où viennent se fondre des personnages qui n'auraient jamais dû se rencontrer.»
Christophe Boltanski, Libération.
Ecrivain israélien, Sami Michael est né à Bagdad il y a quatre-vingts ans. Cet homme de gauche non encarté préside depuis des années l'Association des Droits civiques, qui n'hésite pas à prendre la défense de la minorité arabe en Israël, des Palestiniens ou des travailleurs immigrés. Il est l'auteur de onze romans qui jettent un pont entre Israéliens et Palestiniens, ce qui lui vaut de voir sa candidature au prix Nobel de littérature soutenue par d'éminents critiques des deux bords...
«Une trompette dans le Wadi» raconte de manière poignante et enlevée mais sans sensiblerie l'histoire d'amour entre Huda, une Arabe catholique, et Alex, un jeune émigré juif de Russie, qui partira faire la guerre du Liban et n'en reviendra pas. Si le ton de son livre est toujours d'une grande justesse, c'est que Michael s'est inspiré de personnages réels, de gens de son quartier...
"oui, je suis libre !" Prononcée par Sami Michael, la profession de foi n'a rien d'une phrase en l'air. Car au-delà des mots, cet écrivain israélien a fait de toute sa vie, autrement dit de ses actes comme de ses écrits, une ode à la liberté... Une trompette dans le Wadi. Le Wadi, c'est le quartier arabe de Haïfa, où l'auteur a vécu de très longues années. Un endroit où, dit-il, les populations se mêlent encore volontiers, chaque jour de shabbat étant l'occasion de fêtes et de réjouissances. Huda, la jeune chrétienne, est la figure centrale d'un récit à la fois drôle, mélancolique, tempétueux et finalement tragique, où se mêlent juifs, arabes et chrétiens : l'amour de la jeune femme pour Alex, son voisin, un juif russe qui joue de la trompette, sera brutalement endeuillé par la mort d'Alex, enrôlé dans l'armée israélienne. Chronique d'un quotidien où la politique fait une intrusion brutale dans l'existence des individus (le roman aborde la question de l'entrée des troupes israéliennes au Liban, en 1982), Une trompette dans le Wadi est un texte extraordinairement plein de vie, de verve et fort de sa manière allègre de faire un pied de nez à la mort, même quand elle se présente à la porte.
«Son sourire égyptien aux lèvres, grand-père Élias remarqua que les petits désagréments étaient un cadeau du Ciel pour les malheureux. Maman s'affala sur une chaise et désigna l'entrée de son menton volontaire.
- Allah doit être un farceur dans ton genre s'il fait de tels cadeaux, déclara-t-elle, les yeux fixés sur la porte, comme si celle-ci allait s'ouvrir à la volée pour livrer passage à une bande de malotrus profanant le sol étincelant du salon.
Notre mère, qui nous avait eues, Marie et moi, avant son veuvage, était une maniaque de la propreté. Sans doute parce qu'elle s'était mariée sur le tard, ou parce que papa avait à peine pris le temps de nous engendrer avant de quitter ce monde. Du peu que je savais à son sujet, il n'avait pas hérité du sens de l'humour de son père, grand-père Elias. Je devais probablement lui ressembler.
Depuis le temps que nous habitions dans le wadi, je n'avais pas d'amis arabes, garçons ou filles. Et je m'évertuais à être plus israélienne que les Juifs...»
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