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L'Invité

Couverture du livre L'Invité

Auteur : Hwang Sok-yong

Traducteur : Jean-Noël Juttet | Choi Mikyung

Date de saisie : 21/08/2006

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Zulma, Honfleur, France

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 978-2-84304-299-7

GENCOD : 9782843042997

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

L'invité, c'est d'abord Ryu Yosop, pasteur coréen exilé aux États-Unis, amené à passer quelques jours en Corée du Nord pour y retrouver des membres de sa famille. Mais l'invité, c'est aussi un terrible fléau, importé en Corée par l'Occident : tant la variole... que les idéologies, porteuses de destruction et de mort.
Dans une forme littéraire audacieuse, inspirée d'un rite chaman destiné à consoler les âmes des défunts, Hwang Sok-yong revisite la période cruciale qui a précédé le déclenchement de la guerre de Corée. Les voix des vivants et des morts, victimes ou bourreaux, s'entremêlent - plaidant pour une réconciliation à travers le temps. Un récit halluciné, au caractère magique.





  • La revue de presse Gilles Heuré - Télérama

On pourrait définir le Coréen Hwang Sok-Yong comme l'écrivain des franchissements et des migrations. Né en 1943 en Mandchourie, où sa famille avait fui l'occupation japonaise, il est venu à l'âge de 2 ans à Pyongyang, en Corée du Nord puis, trois ans plus tard, en Corée du Sud. Ce qui explique sans doute la place de la guerre et de l'exil dans tous ses livres... Pour Hwang Sok-Yong, la guerre de Corée, peu traitée par la littérature coréenne, apparaît d'abord comme une guerre civile, qui se prolonge dans le déchirement des familles et se heurte à ce mur, invisible et infranchissable, qu'est le 38e parallèle... Hwang Sok-Yong est un écrivain universel.

Il l'est d'autant plus que son écriture elle-même, nourrie de toutes ses lectures, parle aux hommes de toutes les cultures. Les tribulations des deux vagabonds coréens dans La Route de Sampo évoquent celles des chemineaux de Steinbeck. Et les rues de New York, décrites dans son dernier livre publié en France, L'Invité, semblent sortir d'un roman noir américain. Pour cet écrivain des migrations et des influences, telle mendiante dans L'Invité a ainsi une fonction narrative très précise. «Dans le rite chaman, explique-t-il, la mendiante incarne la conjuration du mal... L'Invité conte le voyage d'un pasteur coréen - exilé aux Etats-Unis - vers la Corée du Nord, pour y retrouver sa famille, et mélange les récits des vivants et des morts, ces derniers aidant les premiers à se confronter à une histoire à laquelle ils ont souvent voulu échapper... Hwang Sok-Yong est un écrivain qui échappe à toutes les frontières, politiques ou culturelles. Une sorte de Mark Twain coréen, réaliste et poétique, qui sait trop la valeur et l'importance des mots pour ne pas leur conférer la mission de conter la vie extraordinaire des gens simples. Ceux destinés à vivre ensemble. Au-delà de tous les parallèles et de toutes les frontières.


  • La revue de presse Frédéric Vitoux - Le Nouvel Observateur

Certains prêtent à l'écrivain coréen Hwang Sok-Yong (né en 1943) un profil de futur prix Nobel. On observera que le postulant à un tel honneur se doit d'être à la fois prudent et progressiste. C'est donc avec une extrême vigilance que ce romancier se garde de tout jugement péremptoire dans la responsabilité des horreurs qui déchirèrent son pays après 1945... Dans «l'Invité», sa démarche relève d'abord d'une forme de mémoire compassionnelle à l'égard des bourreaux, des victimes, des survivants, des morts... Il ne brasse pas des idées générales, il se penche sur des destins particuliers - ces destins dont l'accumulation finit par suggérer une forme de vérité générale - et ce n'est pas du tout la même chose. «L'Invité», qui donne son titre au roman, est un pasteur coréen exilé depuis un demi-siècle aux Etats-Unis, qui accepte la proposition d'un voyage (extrêmement) organisé en Corée du Nord, où il espère revoir les membres survivants de sa famille... Sa description des retrouvailles familiales, ses portraits des commissaires du peuple et autres guides officiels du régime, se révèlent des plus savoureux. Mais il y a plus dans ce livre : la dimension magique nécessaire à toute grande oeuvre. L'auteur convoque autour de son héros les fantômes de ses proches ou de ses parents disparus, bourreaux ou victimes qui surgissent et viennent la nuit, auprès de lui, plaider leur cause ou revivre leurs tourments... La démarche de Hwang Sok-Yong reste limpide dans sa féerie même. Les hallucinations de son héros éclairent l'histoire de son pays d'une lumière cruelle et douce à la fois - comme si la miséricorde du temps pouvait seule se charger d'apaiser enfin les esprits.


  • La revue de presse Jean Soublin - Le Monde

Un pasteur nord-coréen depuis longtemps établi aux Etats-Unis, est "invité" par les autorités de son pays natal dans le cadre d'un programme de réconciliation. On lui offre de bons hôtels, des spectacles, des réceptions et, sans qu'il l'ait demandé, car il les redoute, des rencontres avec divers membres de sa famille... L'auteur connaît les tensions de ce tourisme politico-familial. Contestataire surveillé au Sud, il s'est lui-même rendu jadis en Corée du Nord, ce qui lui a d'ailleurs valu de la prison dès son retour... Dans la province où se déroule l'action, l'arrivée imminente des troupes américaines entraîne contre les communistes des soulèvements de maquisards, des règlements de comptes, une "épuration" analogue à celle menée en Europe cinq ans plus tôt. Ce cauchemar, annoncé au début du livre, se déchaîne dans les derniers chapitres... L'auteur y déploie un effrayant talent... C'est ici le mal, le mal absolu qui déchaîne ses sarabandes. Ce mal qui détruit les consciences avant d'anéantir les hommes est l'une des acceptions du titre... Dans un troisième sens, l'invité du titre, c'est un revenant, un spectre, et ce sont les spectres qui donnent à ce roman sa puissance et son sens. Non seulement parce que ceux des bourreaux et des victimes ne cessent de hanter le personnage central au cours de son voyage, mais surtout parce qu'ils finissent par s'apaiser et par disparaître. Ce n'est pas une solution confucéenne au problème du mal, mais une exhortation à lutter contre lui par le pardon, la sagesse et l'amour.


  • La revue de presse Clémence Boulouque - Le Figaro

Le Sud est un dragon économique. Le Nord est une rémanence communiste, une menace nucléaire, un bout de l'«axe du mal». De la Corée divisée nous parviennent des images, floues, plus rarement des lettres. Au côté de Yi Munyol, Hwang Sok-yong est certainement le plus éminent représentant de cette Corée méconnue et de sa littérature, scribe des déchirements de la guerre, de la partition et de l'espoir d'une unité retrouvée... Ecrit en douze chapitres, qui correspondent aux structures d'un rite chamanique destiné à apaiser les esprits des défunts, mêlant les voix de l'au-delà et celles des vivants, baigné de références bibliques, le livre est une plongée dans le passé, pour retrouver la mémoire et arracher le pardon aux vivants et aux morts. Ces morts, en effet, hantent le récit et le monde, ce monde-ci, où ils prennent corps - faute d'avoir pu trouver le repos, celui que seul confère le pardon. Le livre se clôt sur un espoir pour ces défunts, criminels et victimes, et pour leurs successeurs. «Maintenant partez, le ciel vous attend, vous y serez bien.»... Chroniqueur dans ses nouvelles des années d'expansion et de plomb de la Corée du Sud, le romancier est retourné au Nord illégalement, en 1989, alors que le régime de Séoul promettait la prison à qui s'y risquerait. Après quatre années d'exil aux Etats-Unis et en Allemagne, Hwang Sok-yong a tout de même choisi de regagner son pays, «car, dit-il, un écrivain doit vivre dans le pays de sa langue maternelle», et a été incarcéré de 1993 à 1998.
Libéré à la faveur d'un adoucissement du régime, après l'élection du président Kim Dae-jong, il a été mandaté par ce dernier, dans le cadre de sa politique de dialogue, pour retourner en Corée du Nord. Officiellement, cette fois. Merveilleux nouvelliste et saisissant romancier, Hwang Sok-yong a la trempe de ces idéalistes qui, parfois, finissent par dicter leur texte à l'Histoire....


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