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Les dépossédés

Couverture du livre Les dépossédés

Auteur : Robert McLiam Wilson | Donovan Wylie

Traducteur : Brice Matthieussent

Date de saisie : 21/08/2006

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Bourgois, Paris, France

Collection : Fictives

Prix : 23.00 € / 150.87 F

ISBN : 978-2-267-01787-8

GENCOD : 9782267017878

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Lorsque Robert McLiam Wilson et le photographe Donovan Wylie, aujourd'hui membre de la prestigieuse agence Magnum, entreprennent en 1990 cette enquête sur la pauvreté en Grande-Bretagne, ils sont à peine âgés d'une vingtaine d'années. Dans un contexte politique désastreux marqué par l'ultra libéralisme de la "Dame de Fer", ils décident de jeter aux orties doctrines et théories : à Londres, à Glasgow ou à Belfast, l'auteur de Ripley Bogle raconte ce qu'il voit, sent et entend. L'essai projeté sur "les dépossédés" est en fait un récit à la première personne, toute distance journalistique abolie au profit d'une empathie, d'une proximité de l'écrivain avec les gens qu'il rencontre dans les cités, les squats, les foyers d'accueil. Parfois, même, l'auteur perd pied et le lecteur comprend soudain que Les Dépossédés constitue non seulement une sorte d'autobiographie déguisée de McLiam Wilson, mais sans doute le centre secret de son oeuvre, comme une préfiguration de La Douleur de Manfred et d'Eureka Street.





  • La revue de presse Philippe Lançon - Libération du 20 octobre 2005

Robert McLiam Wilson a eu 40 ans, c'est un âge sans avenir. Il vit à Belfast, un lieu qui n'en a guère plus. Les hommes pauvres, ici, «ont tout le temps du monde devant eux grâce aux femmes» ; celles-ci «tiennent les rênes de la pauvreté». Belfast est la ville où l'écrivain a grandi, où les gens deviennent fous, et qu'il veut maintenant quitter. «L'Irlande du Nord est le pays de l'occasion zéro, écrit-il dans les Dépossédés. Les emplois vacants y évoquent les griffons et les licornes, ils sont si rares qu'on n'arrive pas à y croire.»

Les Dépossédés... Ce n'est pas un roman, mais une enquête sur la pauvreté au Royaume-Uni. On le publie aujourd'hui en France, mais il date de 1992. Il n'a pas forcément vieilli... Les Dépossédés, son deuxième livre, est une enquête rageuse et empathique sur les pauvres à Londres, Glasgow et Belfast, à la fin de ces années Thatcher ; ceux que George Orwell appelait, dans les années trente, «les rebuts du dieu argent». Le livre a été fait avec le photographe Donovan Wylie, également irlandais, depuis lors entré à l'agence Magnum.

Les deux garçons se rencontrent en 1989 dans un café de Belfast, le Delaney's. Robert a 25 ans ; Donovan en a 17. Robert a étudié à Cambridge, vécu de petits boulots. Il a perdu son accent irlandais et enseigne la littérature. Donovan a pris la route à 16 ans pour photographier l'Irlande. Chacun vient de publier son premier livre...

Lire les Dépossédés aujourd'hui en France, sous le chant des sirènes réformistes, est une expérience curieuse : on y voit comme dans une boule de cristal ce qui pourrait nous arriver. Ce déjà vieux livre rappelle les effets concrets de la diète imposée par ceux qui n'en souffriront pas et de la dissolution progressive de l'idée de service public. Le concret devient vite la loi du plus fort. Il se fait sentir tout en bas : là où l'on trouve au premier rang, comme toujours, les femmes, les enfants, les fous, les faibles, les bronzés, tout ce qui fait honte à un monde plein de discours et à un écrivain qui n'en finit pas d'éprouver la sienne.


  • La revue de presse Michèle Gazier - Télérama du 7 septembre 2005

Robert McLiam Wilson n'est pas un écrivain ordinaire. Dès 1988, à l'âge de 24 ans, il publiait un premier roman éblouissant, Ripley Bogle, les aventures d'un marginal, SDF et savant, dans une Angleterre et une Irlande de la pauvreté, dignes des meilleurs récits picaresques. En 1992 paraissaient au Royaume-Uni La Douleur de Manfred - l'histoire d'un vieil homme confronté à la solitude et la mort -, qui, à la demande de l'écrivain, n'est sorti en France qu'en 2003, et Les Dépossédés, ouvrage réalisé en collaboration avec un jeune photographe irlandais, Donovan Wylie, publié aujourd'hui (encore plus tardivement), toujours selon ses voeux. Son troisième roman, Eureka Street, édité en anglais en 1996, est sorti en France en 1997. Depuis, rien. Le silence. Et ce livre, voyage au pays de Margaret Thatcher et de la misère, qui nous arrive comme le message d'un homme pour qui l'écriture est une éthique et un engagement... McLiam Wilson ne se contente pas de regarder, de compulser des chiffres et des statistiques, de raconter des choses vues. Il entre dans l'univers des pauvres avec sa mémoire, son écriture, sa tristesse, sa colère. Et l'on apprend ainsi, dans le tissu pudique et dense de son récit, ses propres expériences de dénuement... Des figures remarquables hantent ces pages douloureuses. Et la silhouette frêle, le sourire courageux malgré les ecchymoses de Gabrielle de Londres, brutalisée par son mari, seule avec ses deux enfants dans une misère sans nom, traversent ces pages comme une lame. Comme un cri.


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