Sexe cité / Passion du livre

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.. Sexe cité

Couverture du livre Sexe cité

Auteur : Stella Tanagra

Date de saisie : 17/09/2015

Genre : Erotisme

Editeur : IS Edition, Marseille

Collection : Jardins secrets

Prix : 15.00 €

ISBN : 9782368450888

GENCOD : 9782368450888

Sorti le : 18/06/2015

en vente sur


  • La dédicace de l'auteur

Une longue nuit d'insomnie propice aux souvenirs dans lesquels se mêlent rêves et réalité. Sorte de ballade littéraire et musicale à travers un orient fantasmé.

«Sexe Cité» est dédié à tous ceux qui...

° n'ont pas de place ;
° dont le souhait est de quitter la leur ;
° ou se refusant à s'en voir attribuer une ;

... dans une société qui uniformise la sexualité.

«Sexe cité» s'adresse à la quête de l'être dénudé du paraître, nu de tout préjugé. Chacun s'y aventurant est le bienvenu pour s'installer entre mes lignes : les moches, les cachotiers, les difformes, les lilliputiens, les ogres et tous les monstres qui se définissent tels que moi : «un monstre est un individu ou une créature dont l'apparence voire le comportement surprend par son écart avec les normes d'une société». Alors soyons monstrueux !

«Sexe cité», en quelques mots : ce sont dix nouvelles érotiques qui mêlent excitation, émotion et réflexion en dévoilant au fil des récits, des facettes variées du désir féminin. Divertissant ou questionnant, «Sexe cité» se lit d'une traite tel un ébat fougueux et se relie entre les lignes comme un long émoi amoureux... Un regard féminin sur les désirs, un style qui ne laisse pas indifférent et un certain penchant pour la transgression vous interrogeront sans tabou sur vos propres limites. Les chutes vous surprendront ou vous toucheront, faisant de cette lecture un moment érotique sans pareil.

Stella Tanagra



  • La présentation de l'éditeur

«Sexe cité» est un recueil de dix récits érotiques consacrés à la libido féminine, sujet souvent tabou qui mérite d'être enfin mis à nu par écrit.
Chaque nouvelle présente un regard novateur et sans complexe sur le jardin secret féminin, et se conclut à chaque fois par une fin particulièrement surprenante !
Aphrodisiaque, «Sexe cité» se veut aussi provocant et dérangeant, questionnant chacun sur ses désirs indicibles.
Et vous, quelles sont vos limites... ?

C'est sa différence qui a modelé Stella TANAGRA telle qu'elle est : étrangère à toutes les convenances et conventions ; montrée du doigt comme un monstre excitant l'avidité de chacun.
Dans ce parcours tourmenté, il n'y eut pas de place pour accueillir ce spécimen. Pendant cette dizaine d'années, de ses quinze ans à ce jour, ses seules échappatoires ont été de vivre secrètement ses débordements des normes et de trouver refuge dans l'écriture.
Oser «être» sans «devoir paraître» est une ligne d'écriture profondément ancrée en elle, telle une scarification sur sa peau...
«Sexe cité» est son premier ouvrage, délicieux mélange entre sensualité féminine, bestialité masculine et prose soignée.





  • Les premières lignes

Mort sûre

J'y vais avec Sillcy, ma grosse copine. Cet énième échec cuisant à ce foutu permis de conduire me rend dépendante de Sillcy pour me rendre à cette ennuyeuse soirée, qui du moins contribuera à me changer les idées pendant quelques heures. Si seulement cet examinateur s'était laissé tripoter, je n'en serais pas là. En me projetant dans une autre vie comme les ados raffolent de le faire, mon pire cauchemar aurait été de naître dans les années cinquante. Être démunie d'un compte en banque ou autres futilités comme le droit de vote ou la pilule aurait fait de ma vie intellectuelle et sexuelle un véritable désastre. Cependant qu'aurais-je aimé passer mon permis dans les années soixante avec moitié moins de voitures, de lois en la matière, de rigueur sur la route. Anesthésiée par cette défaite, je ne souhaite pas m'avouer que je vais rester coincée chez des inconnus, piétonne que je suis avec mon alcoolo nympho de grosse copine, qui, quoi qu'elle fasse, ne sera pas en état de me raccompagner. Enfin qu'importe, en cette soirée sous le signe de l'oubli, je me laisse le droit de perdre ma conscience et toutes les notions pouvant me ramener à la réalité. Ce qu'il adviendra de moi chez ces étrangers, tant que ça me permet d'omettre cet examinateur que je n'ai pas réussi à corrompre, sera bon à prendre... Bref, congelées dans la vieille R5 de Sillcy, j'ai mis ma robe en coton beige et au col roulé très seventies, cintrée sur les hanches et moulante jusqu'aux genoux. Il me faut au moins ça pour souligner mes fluettes formes mais pourtant existantes. Avec cette robe qui couvre les points stratégiques tout en les laissant deviner, je me sens féminine. Nous voici maintenant à une quinzaine de kilomètres de chez moi, sur une départementale charmante mais à des lieux du reste de la civilisation. En tant que piétonne résignée, je me suis emprisonnée toute seule dans cette situation sans voie de secours.
Dès lors arrivées dans l'allée de cette ancienne maison bourgeoise, digne d'un décor de film d'horreur, je vois déjà se dessiner la suite du scénario : Au revoir Sillcy !, me dirai-je d'ici quelques minutes en la regardant partir draguer avec sa détermination habituelle tandis que je m'apprêterai à passer la soirée dans mon coin. J'ai bien mon idée en tête, trouver la cuisine, à la quête du précieux alcool, confident privilégié du désespoir. De toute façon, je ne connais personne alors qu'importent les conséquences si je suis dans un état second. Il me faut repérer rapidement les pôles géostratégiques : le matelas où je vais dormir, les WC où je vais vomir, les placards où sont les alcools et les personnes qui feront circuler les joins et toutes autres réjouissances. Voilà comment une soirée peut devenir un réel travail d'investigation à la défonce consolatrice. Bon, soyons sociables, je vais quand même faire la bise à ceux dont je vais boire les bouteilles d'alcool. C'est la moindre des politesses paraît-il. «Salut Vodka, tu diras bonjours à Jet, un coucou à Martini» : tous ces types qui ne seront pas des bites ambulantes ce soir pour me satisfaire seront des bouteilles géantes. Dans tous les cas, il n'est pas la peine de me parler de sexe, j'ai les nerfs à vifs et des envies plus potomanes m'animent ! Je me trouve de quoi me désaltérer et je me cale là dans l'angle du mur, observant Sillcy de loin, déjà en train de se pâmer d'un rien, de piaffer d'ignorance devant sa tripotée de mâles. En un clin d'oeil, elle m'offre un cours de séduction me prouvant encore une fois que n'importe quelle mocheté peut se taper un beau mec tant ils sont tous en chien, ces animaux... Captivée, je me refais le monde, je marmonne des insultes et rumine mon énervement contre cet examinateur psychorigide et insensible à ma morphologie. Quelle idée de passer le permis en plein mois de décembre, sous la neige ! Le cerveau transi par le froid, chaque seconde s'écoule sans que je ne sache ce que je ferai à la suivante. Figée sur cet instant fatal où il a mis le pied sur le frein m'arrachant tout espoir de décrocher mon permis, je me contiens d'imploser et comme toute fille qui se respecte, reste consciente de ma posture, mon image. Ô grand diable, une fille se doit toujours d'être présentable, ainsi soit-il, alors je me connecte au mode automatique «tiens-toi bien» et décide de m'abstenir d'épiloguer sur le triste sujet de la condition féminine ce soir.


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