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Pensée grecque, culture arabe

Couverture du livre Pensée grecque, culture arabe

Auteur : Dimitri Gutas

Traducteur : Abdesselam Cheddadi

Date de saisie : 22/08/2006

Genre : Philosophie

Editeur : Aubier, Paris, France

Collection : Philosophie

Prix : 28.00 € / 183.67 F

ISBN : 978-2-7007-3415-7

GENCOD : 9782700734157

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  • La présentation de l'éditeur

Sous le pouvoir à peine conquis des Abbassides, Bagdad, entre le VIIIe et le Xe siècle, est le lieu d'un formidable éveil de la pensée philosophique et scientifique. Cet essor de la vie intellectuelle s'accompagne d'un vaste mouvement de traduction des textes grecs anciens. Que traduit-on ? Toutes les disciplines scientifiques - de l'astrologie, de la médecine, de l'astronomie, des mathématiques... et même des manuels d'art militaire -, puis de la philosophie, notamment Aristote. Tout un corpus se constitue - de traductions, fidèles ou paraphrastiques, en commentaires, de compilations en oeuvres propres -, qui deviendra la base de la pensée arabe classique et une source capitale de notre accès à l'Antiquité grecque. L'originalité de Dimitri Gutas est d'analyser les facteurs sociopolitiques et surtout idéologiques qui ont permis ce grand mouvement culturel il corrige l'idée selon laquelle ces traductions auraient été faites en vertu d'une sorte de goût altruiste pour la culture. Il montre qu'elles émanent en réalité de la demande de l'État et plus généralement de la société, puisque leurs commanditaires sont les califes et aussi des marchands, des propriétaires terriens, des Arabes et des non-Arabes, des musulmans et des non-musulmans... Enfin, Dimitri Gutas décrit l'influence de cette grande entreprise de traduction sur cet autre renouveau intellectuel qu'on a appelé le "premier humanisme byzantin". Salué, lors de sa parution en langue anglaise en 1998, par une critique unanime, ce livre est un classique des études sur les rapports entre l'Antiquité grecque et le monde arabe.

Dimitri Gutas est professeur de langue et littérature arabe à l'université de Yale. Il est l'auteur de Greek Wisdom Literature in Arabic Translation (1975), de Avicenna and the Aristotelian Tradition (1988), de A Greek and Arabic Lexicon (vol. l, 1992-2oo2) en collaboration avec Gerhard Endress, et de Greek Philosophers in the Arabic Tradition (2ooo). Il travaille actuellement sur l'histoire de la philosophie de langue arabe.





  • La revue de presse Robert Maggiori - Libération du 6 octobre 2005

... Professeur de langue et littérature arabe à l'université de Yale, Dimitri Gutas est l'auteur d'un ouvrage tout à fait remarquable, Pensée grecque, culture arabe, qui, dès sa parution aux Etats-Unis en 1998, a suscité, non pas des «réactions», comme on dit, mais de très sérieuses études et des travaux dont l'effet a été de confirmer qu'il y eut bien en terre d'Irak, dès le début du califat abbasside, une «saison magique» comparable, par son retentissement, aux «miracles» de «l'Athènes de Périclès, l'Italie de la Renaissance ou la révolution scientifique des XVIe et XVIIe siècles». Cette saison est celle de la «rencontre diachronique», à travers «un mouvement de traduction sans précédent», qui s'est faite entre la civilisation grecque et la civilisation arabe : le livre de Gutas en décrit les acteurs, les phases historiques, les conditions politiques, sociales, religieuses, idéologiques, en montrant à la fois la «transfusion» du patrimoine scientifique et philosophique grec dans la société arabo-islamique, et, en retour, la contribution de la culture arabe à la culture européenne. Entre le VIIIe et le Xe siècle, «presque tous les ouvrages séculiers grecs à caractère non littéraire et non historique qui étaient disponibles dans l'ensemble de l'empire byzantin oriental et le Proche-Orient furent traduits en arabe» : textes d'astrologie, sciences occultes, astronomie, mathématique,... et évidemment de philosophie, notamment tout le corpus aristotélicien, la métaphysique, l'éthique, la politique, la zoologie, la botanique et la logique. Une telle entreprise ne peut pas s'expliquer par l'initiative individuelle de lettrés séduits par un savoir exogène, ni par l'esprit d'ouverture de «dirigeants éclairés», ni par «le zèle scientifique de quelques chrétiens de langue syriaque»... si les mécènes se recrutaient «aussi bien parmi les Arabes que les non-Arabes, les musulmans que les non-musulmans, les sunnites que les chiites», c'est que ce mouvement de traduction «répondait» aux besoins et aux tendances de toute la société abbasside naissante, «tels qu'ils se sont reflétés dans sa structure et son idéologie».

Aussi est-ce à la reconstruction de ce contexte social, politique, économique et culturel que Dimitri Gutas consacre ses efforts...


  • La revue de presse Claude Jannoud - Le Figaro du 8 septembre 2005

Pendant les VIIIe et IXe siècles de notre ère, un formidable mouvement de traduction sans précédent gréco-arabe eut lieu dans la société abbasside. La plupart des ouvrages grecs édités à Byzance concernant la philosophie, les mathématiques, la physique, l'astrologie, l'alchimie, l'astronomie, la médecine, la pharmacologie, la minéralogie, l'optique et aussi la musique, furent traduits.

Selon Dimitri Gutas, cette avalanche de traductions du grec ne relève pas du hasard, d'un quelconque engouement, mais a, pour origine, des raisons sociologiques et politiques. La dynastie des Abbassides qui venait de prendre le pouvoir contrôlait la majorité des musulmans et aussi des minorités d'autres religions. C'était la fin du tribalisme... L'auteur observe en conclusion que si l'héritage du mouvement de traduction dans la société islamique fut profond et diversifié, il serait historiquement erroné d'en parler en l'isolant de la tradition scientifique et philosophique arabe, qui la nourrit tout au long de son existence. À un niveau plus large et plus fondamental, l'importance du mouvement de traduction gréco-arabe réside dans le fait qu'il démontra pour la première fois dans l'histoire que pensées scientifiques et philosophiques sont internationales, qu'elles ne sont liées ni à une langue ni à une culture particulière. Comme l'a dit Edward Saïd, «toutes les cultures sont liées les unes aux autres, nulle n'est unique et pure... Toutes sont hybrides, hétérogènes, extraordinairement différenciées et non monolithiques»....


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