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L'anthropologue et la Bible : lecture du Lévitique

Couverture du livre L'anthropologue et la Bible : lecture du Lévitique

Auteur : Mary Douglas

Traducteur : Jean L'Hour

Date de saisie : 13/09/2005

Genre : Religion, Spiritualité

Editeur : Bayard, Paris, France

Collection : Domaine biblique

Prix : 29.00 € / 190.23 F

ISBN : 978-2-227-47242-6

GENCOD : 9782227472426

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  • La présentation de l'éditeur

Le Lévitique est, pour le lecteur moderne, l'un des livres les plus déroutants de la Bible. Avec ses règles minutieuses, voire sourcilleuses, sur l'impureté, il paraît en effet aux antipodes de notre culture moderne. Et pourtant, ce livre écrit au retour de l'exil babylonien du Vle siècle avant notre ère est un texte fondateur de la communauté juive. Sortant des cadres classiques de l'exégèse et de la théologie, Mary Douglas ouvre une voie nouvelle pour l'étude de ce texte, celle de l'anthropologie. Le Lévitique, véritable oeuvre littéraire soigneusement agencée, révèle toute une vision du monde dans lequel s'inscrit le peuple d'Israël, après le traumatisme de l'exil. Ce monde à trois dimensions, le corps, le temple, la montagne du Sinaï, se reconstruit autour des notions de sacré et de pureté, notions fondatrices et structurantes. Par son analyse fine et son décryptage saisissant de la religion juive, Mary Douglas nous invite à réfléchir sur le lien entre rite, écrit et représentation du monde.

Docteur en anthropologie de l'Université d'Oxford, Mary Douglas a commencé son travail de terrain dans l'ex-Congo belge au début des années 50 par une étude sur les Lele du Kasai. Elle a été professeur dans les universités d'Oxford, de Londres et de Princeton. Elle est actuellement Professor Emeritus de l'Université de Londres. Elle a publié un grand nombre d'oeuvres majeures dont De la souillure (La Découverte, 1971) et Comment pensent les institutions ? (la Découverte, 1987).





  • La revue de presse Vincent Aubin - Le Figaro du 8 septembre 2005

L'Anthropologue et la Bible est un de ces livres qu'on ouvre en hésitant, et que l'on quitte à regret. Le sous-titre annonce une «Lecture du Lévitique», et l'austère réputation du Lévitique n'est guère faite pour captiver le lecteur potentiel. Avouons-le donc : entre «l'anthropologue» et «la Bible», c'est le premier qui nous a attirés. Mary Douglas : l'un des plus grands noms de l'anthropologie contemporaine. Justement célèbre, partout ailleurs qu'en France, pour l'originalité et l'ampleur de son oeuvre. A près de quatre-vingts ans, elle met en chantier un vaste projet consacré au Pentateuque : et, une fois de plus, accompagnant Mary Douglas dans un lointain voyage, le lecteur revient chez lui non seulement instruit, mais transformé.

Mary Douglas aborde le Lévitique avec le même esprit aventureux qu'on lui imagine, lorsqu'en 1949, quittant Oxford pour le Congo, elle partait vivre chez les Lele du Kasai... C'est la même jeune femme, directe, chaleureuse et modeste qui s'exprime dès les premières lignes de ce livre magnifique : «Comme Abraham tenant tête à Dieu, je me demande à quel titre j'ose parler (...)... Mais pourquoi donc prendre le Lévitique comme objet d'étude ? La première réponse est que ce texte est un véritable répertoire des thèmes chers à Mary Douglas. Deux livres, notamment, préparent L'Anthropologue et la Bible. Natural Symbols (1970) qu'il serait bien venu de traduire enfin réévaluait l'importance du rituel dans la vie sociale. De la Souillure, surtout, analysait longuement les «abominations du Lévitique», dont l'opprobre jeté sur le porc est un fameux exemple. Démontant la pseudo-évidence d'une explication par l'hygiène, Mary Douglas resituait la classification des animaux dans la cosmologie biblique, et l'articulait à la grande «loi de sainteté» qui est le sommet du Lévitique : «Vous serez donc saints parce que je suis saint.»...

Ce seul verset suffit à faire saisir le paradoxe du Lévitique : son message est manifestement essentiel, et c'est pourtant, de tous les écrits bibliques, celui qui nous est devenu le plus illisible. Ses préceptes rituels nous semblent étouffants. Ses règles de pureté religieuse traduisent, à nos yeux, un rapport obsessif à la sexualité. Son rejet des «animaux impurs» a l'air barbare. Et en plus, son architecture nous échappe.

On comprend dès lors, en profondeur, pourquoi Mary Douglas devait revenir sur l'ensemble du Lévitique : notre idée de la religion doit passer au creuset de sa confrontation avec ce qui nous est devenu le plus étranger dans la religion. Demandant seulement au lecteur d'accepter de lire le Lévitique dans l'esprit où il a été écrit, Mary Douglas fait tomber, un à un, les voiles qui nous en masquent les beautés... L'Anthropologue et la Bible dépasse et amplifie les analyses de De la Souillure, en faisant saisir la façon dont une religion centrée sur l'élection est le contraire d'une religion d'exclusion... Lorsque le Lévitique est ainsi compris, lorsque sa cohérence interne a été saisie et qu'il est apparu comme une pièce maîtresse du monothéisme biblique, c'est notre idée même de la religion qui est transformée. En évitant le Lévitique, quelque chose d'essentiel nous échappait. La lumineuse lecture anthropologique de Mary Douglas nous le restitue..


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