Auteur : Pascal Michon
Date de saisie : 12/09/2005
Genre : Sociologie, Société
Editeur : PUF, Paris, France
Collection : Pratiques théoriques
Prix : 34.00 € / 223.03 F
ISBN : 978-2-13-054562-0
GENCOD : 9782130545620
Le rythme a été l'un des modèles formels les plus discutés par les sciences sociales et par la philosophie entre les années 1890 et les années 1940, période pendant laquelle il a servi à penser l'organisation d'un monde en perpétuelle métamorphose. Il a subi ensuite une éclipse au profit des notions de structure et de système, qui l'ont fait disparaître de la conscience scientifique. À travers une étude minutieuse de textes allant de la sociologie et de l'anthropologie à la théorie des médias et à la poétique en passant par la psychanalyse et la psychologie sociale, Pascal Michon reconstitue la généalogie complexe de cette notion et montre en quoi elle nous est à nouveau nécessaire pour penser les nouvelles formes d'individuation et de pouvoir qui viennent de surgir avec la mondialisation. Quel que soit l'étage à partir duquel il est observé - individu, famille, groupes intermédiaires, publics, entreprises, États-nations ou encore Empire -, notre monde est en effet présenté, dans les multiples descriptions réticulaires qu'il suscite, comme un lieu où les individus psychiques et collectifs apparaissent comme autant de remous fugaces dans les grands brassages permanents du marché et de l'information. Or, cette fluidité n'est pas totale d'une part, il existe encore dans cet océan un certain nombre de rocs relativement stables qu'il serait bien téméraire de négliger ; de nombreuses résistances se font jour, qui épaississent et ralentissent les courants qui le parcourent. De l'autre - et c'est là un point capital -, ces constellations, ces réseaux et ces flux se meuvent suivant des rythmes descriptibles dans lesquels se cachent aujourd'hui les nouvelles formes de pouvoir. Ce sont ces rythmes qu'il nous faut comprendre, décrire et critiquer, si nous voulons avoir prise sur le monde et l'Empire fluides.
Sommaire :
° La découverte des rythmes de l'individualisation
° Rythmes et pouvoirs dans les sociétés archaïques et anciennes
° La dérythmisation des sociétés moderne
° De l'arythmie des foules aux rythmes des masses ?
° Arythmie et tyrannie
° Les rythmes entre utopie et retour à l'ordre
° De la dérythmisation aux nouveaux rythmes techniques et politiques
° Rythmes et langage au XIXe siècle
° Rythmes et pouvoir au XIXe siècle
° Les rythmes de la propagande politique dans la première moitié du XXe siècle
° Les rythmes de la Lingua Tertii Imperii
° Pour une critique des rythmes au début du XXIe siècle
Pascal Michon est agrégé et docteur en histoire, ancien élève de l'École normale supérieure de Saint-Cloud. Il a été directeur de programme au Collège International de Philosophie et a déjà publié Éléments d'une histoire du sujet (Kimé, 1999), Poétique d'une anti-anthropologie. L'herméneutique de Gadamer (Vrin, 2000) et Les Gestes dans la voix. Avec Henri Meschonnic (Rumeur des Âges, 2003). Il est membre du groupe Polart.
Nous venons d'entrer dans un monde fluide, aux formes d'organisation plus diversifiées et plus labiles qu'autrefois. Depuis une trentaine d'années, des mutations appuyées les unes sur les autres sapent les dispositifs stables et homogènes qui dominaient depuis la seconde guerre mondiale. Les normes de la famille se fragilisent. L'autorité parentale régresse, exige des formes d'ouverture et de mobilité inédites. Dans les entreprises, les modes de management participatif - que les Etats appliquent ensuite à leurs administrations - invitent à la souplesse horaire et relationnelle. La mondialisation capitaliste se développe hors du contrôle des Etats-nations. Simultanément, les sondages et les médias transforment la démocratie élective en démocratie communicationnelle.
Le livre de Pascal Michon s'ouvre sur ce constat : "Une ère nouvelle de l'histoire vient de commencer." Son ambition est de percevoir la logique de ces bouleversements. Une analogie historique et l'examen d'une notion, celle de rythme, sont mobilisés à cette fin... Avec clarté et minutie, Pascal Michon construit par rectifications successives l'énoncé d'un problème fondamental, celui de la "dérythmisation" des sociétés modernes et des "risques de rerythmisation autoritaire de ces sociétés". Les lignes de force d'une nouvelle philosophie de l'histoire s'affirment, à bonne distance des structuralismes d'hier comme de la fascination contemporaine pour les connexions temporaires, les flux et les réseaux.
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