Auteur : Agustina Bessa-Luis
Traducteur : Françoise Debecker-Bardin
Date de saisie : 10/10/2005
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Métailié, Paris, France
Collection : Suites. Suite portugaise, n° 114
Prix : 11.00 € / 72.16 F
ISBN : 978-2-86424-557-5
GENCOD : 9782864245575
La Sibylle : ma potion magique. Tombée dedans un beau jour, je n'ai jamais cessé depuis d'aspirer à lire Agustina, savourer Agustina, traduire Agustina... On ne traduit bien que ce que l'on aime. Et Agustina est tout entière dans ce livre, où elle nous parle par la voix de Germa.
Quina, la vieille paysanne, sibylle de son village, vient de mourir. Germa, sa nièce, revient dans la maison déserte. Elle sait qu'elle est elle-même «l'actuel reliquaire de ce legs terrible, exténuant, qu'est l'aspiration humaine» ; elle sait aussi que les morts ne continuent à vivre ici-bas que dans notre souvenir. Alors, elle invoque Quina, et celle-ci se met à vivre devant nous : non pas disséquée dans une analyse psychologique, non pas recréée, mais traduite, portée par la musique des mots, par le rythme de phrases impétueuses formant comme une mélopée. Personnes et choses, autour d'elle, prennent une densité telle qu'elles en deviennent un peu irréelles. Tout cela sous l'oeil subtilement ironique de l'auteur, mais baignant aussi dans une secrète tendresse. Au lecteur, maintenant, d'entrer dans ces sortilèges.
Françoise Debecker-Bardin, traductrice de l'ouvrage
Dans le nord du Portugal, ce sont les femmes qui, devant l'indolence et les rêves d'évasion que nourrissent les hommes, assurent le lourd héritage des travaux de la terre. C'est vrai en particulier vers la fin du XIXe siècle, lorsque la propriété à l'abandon doit être prise en charge par Joaquina Augusta-Quina, une adolescente frêle et inculte, mais qui participe aux plus rudes tâches de la campagne aux côtés des ouvriers, tandis que sa soeur et ses frères se préparent à échapper au milieu rural.
La lucidité de Quina, rusée et chicaneuse, et son sens de la répartie lui valent ce surnom de sibylle sous lequel elle ne tarde pas à être connue et admise dans la bonne société, où l'on admire cette paysanne. Restée célibataire, endurcie par la lutte, haïe et admirée par les membres de sa famille, une passion étrange l'unit sur le tard à un enfant qui grandira
sous sa protection. Un admirable portrait de femme, le premier chef-d'oeuvre d'Agustina Bessa-Luís.
Deux livres d'Agustina Bessa-Luis, la grande dame de la littérature portugaise, paraissent au moment où elle célèbre ses cinquante ans de carrière : La Sibylle, son tout premier roman, sorti au Portugal en 1954, et L'Ame des riches, deuxième volume d'une trilogie inaugurée avec Le Principe de l'incertitude et qui s'achève avec Les Espaces en blanc, encore inédit... Dans La Sibylle, qui se passe à la fin du XIXe siècle dans le nord du Portugal, un monde encore rural et traditionnel où la romancière est née, elle trace le portrait d'une femme d'exception, Joaquina Augusta-Quina, paysanne dure à la tâche, farouchement indépendante et querelleuse, qui va porter sur ses seules épaules le domaine familial, tandis que les hommes passent leur temps à discuter et à boire, ou montent à la ville pour changer de vie.
L'Ame des riches est également focalisé sur une femme, Alfreda, belle, intelligente et riche, mais qui, au lieu d'admettre la structure établie du monde, va s'abandonner à son penchant pour les spéculations métaphysiques. Ainsi, elle revendique une proximité spirituelle - et sociale - avec la Vierge Marie, dont elle aimerait qu'elle lui apparaisse à elle, et non à des va-nu-pieds !
Dans chacun de ses livres, Agustina Bessa-Luis remet en cause, avec beaucoup de subtilité, telle ou telle institution de son pays...
Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli