Sacré bleu / Passion du livre

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.. Sacré bleu

Couverture du livre Sacré bleu

Auteur : Christopher Moore

Traducteur : Luc Baranger

Date de saisie : 15/06/2015

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Ed. des Equateurs, Sainte-Marguerite-sur-Mer, France

Collection : Romans

Prix : 23.50 €

ISBN : 9782849903858

GENCOD : 9782849903858

Sorti le : 07/05/2015

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  • La présentation de l'éditeur

1890. Vincent Van Gogh est assassiné à Auvers-sur-Oise par un mystérieux dealer de bleu, «l'Homme-aux-Couleurs». Toulouse-Lautrec mène l'enquête. Il enrôle son ami Lucien Lessard, peintre-boulanger de la butte Montmartre. Mais Lucien n'a qu'une obsession : brosser le portrait de Juliette, muse magnétique, qui vient de lui offrir un tube de bleu très rare...
De sa plume débridée, trempée à l'ultramarine, Christopher Moore signe une fabuleuse comédie qui revisite l'histoire et le Paris de l'impressionnisme. Renoir, Pissarro, Toulouse-Lautrec, Monet, Manet, les frères Van Gogh, Gauguin sont victimes d'un piège qui n'est peut-être que celui de l'inspiration. Comment savoir ? Surtout lorsque la muse sort du cadre pour asséner de façon peu académique ses considérations sur l'art et la manière.
Sacré Bleu dynamite tous les codes, du roman noir au rose, du livre d'art à la saga. Voici le premier roman bleu.

«C'est une histoire de bleu. Le lecteur peut être désorienté, décontenancé, entraîné sur les chemins tortueux de l'amour, de l'Histoire et de l'inspiration. Mais c'est toujours le bleu.»

Christopher Moore, né en 1957 dans l'Ohio, est l'auteur de quinze romans, dont L'Agneau et Le Lézard lubrique de Melancholy Cove (Série noire). Paru aux États-Unis en 2012, Sacré Bleu a figuré dans la liste des meilleures ventes du New York Times.





  • Les premières lignes

Prélude en bleu

C'est une histoire de bleu. Le lecteur peut être désorienté, décontenancé, entraîné sur les chemins tortueux de l'amour, de l'Histoire et de l'inspiration. Mais c'est toujours le bleu.
Lorsque vous pensez bleu, lorsque vous dites bleu, comment savoir que vous parlez du même bleu que tout le monde ?
Le bleu est insaisissable.
Le bleu, c'est l'azur, l'outremer, l'oeil de Dieu, la queue du diable, on l'associe à la naissance, à une mort par strangulation, à la robe de la Vierge ou au cul d'un singe. C'est un papillon, un oiseau, une trouille, le bleu du blues, la couleur de la gaieté.
Filou et insaisissable, le bleu sait la jouer fine et s'inviter en douce dans votre chambre.
La couleur bleue est au coeur de cette histoire, et comme elle, rien n'y est authentique. Le bleu est synonyme de beauté, pas de vérité. Le «bleu de bleu» est un leurre, pour la rime, un coup on le voit, un coup on le voit plus. Le bleu est une couleur intrinsèquement sournoise.
Le bleu profond ne l'est même pas, profond.
Le bleu, c'est le pouvoir et la gloire. Une onde, une particule, une vibration, une résonance, un esprit. C'est une passion, un souvenir, une vantardise, une métaphore, un rêve.
Le bleu, c'est une comparaison.
Le bleu ressemble à une femme.

I

UN CHAMP DE BLÉ ET DES CORBEAUX

Auvers, France, 1890.

Le jour de son assassinat, dans la ruelle pavée devant l'auberge où il venait de déjeuner, Vincent Van Gogh croisa une bohémienne.
- A-t-on jamais vu si grand chapeau ? s'étonna-t-elle. Vincent s'arrêta un instant et se délesta du chevalet qu'il portait sur son épaule. D'un doigt, il repoussa son chapeau de paille en arrière. De fait, le couvre-chef était immense.
- Si fait, madame. Quand je travaille, il abrite mes yeux du soleil.
La bohémienne, vieille et sans le sou - mais moins âgée et moins démunie qu'elle ne le laissait paraître (car qui ferait l'aumône, ne serait-ce que d'un centime, à une jeune mendiante argentée ?) -, jeta un regard sombre sur la vallée de l'Oise. Un orage montait au-dessus des toits de tuiles de Pontoise. Elle cracha aux pieds du peintre.
- Mais il ne fait pas soleil, monsieur le Hollandais. Il va pleuvoir.
- Eh bien, dans ce cas, c'est de la pluie que mon chapeau protégera mes yeux.
Le peintre s'attarda sur le fichu de la romanichelle, jaune, brodé d'un liseré de vigne verte. Le châle et la jupe, de couleurs différentes, couverts de poussière, formaient à ses pieds un arc-en-ciel dépenaillé. L'artiste se dit qu'il devrait peut-être la peindre. A la manière des paysans de Millet, mais avec une palette plus vive. De manière que la silhouette se détache sur le champ.
- Monsieur Vincent, fit une voix de jeune fille, vous devriez vous mettre au travail avant l'arrivée de l'orage.
A la porte de l'estaminet, armée d'un balai exclusivement destiné à chasser les bohémiens fauteurs de troubles, se tenait Adeline Ravoux, la fille de la maison. Elle avait treize ans, était blonde et, bien qu'un jour elle deviendrait une beauté, d'une magnifique fadeur à faire fondre les coeurs. Depuis son arrivée en mai, Vincent avait fait à trois reprises le portrait d'Adeline ; et pendant tout ce temps elle lui avait conté fleurette à la façon maladroite et empotée d'un chaton qui s'en prend à une pelote de laine avant de réaliser que ses griffes peuvent faire couler le sang. Une mise en chauffe en quelque sorte, à moins qu'un peintre tourmenté, fauché et doté d'un seul lobe d'oreille ne soit soudainement devenu la coqueluche des jeunes filles.
(...)


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