Bourg-de-Four / Passion du livre

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.. Bourg-de-Four

Couverture du livre Bourg-de-Four

Auteur : Robert Fred

Illustrateur : Fred Naef

Date de saisie : 16/05/2015

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Slatkine, Genève, Suisse

Prix : 24.90 €

ISBN : 9782832106709

GENCOD : 9782832106709

Sorti le : 20/04/2015

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

«Le corps de la place est une cour en épaule : les terrasses s'y disposent en plate-bande sur le macadam, chaises en pétales autour des tables comme des fleurs d'aluminium.»

«Ils ne cherchent rien, ni ne certifient rien.»

«Ils sont assis les uns près des autres et se laissent emporter pour la soirée comme dans une croisière, ouverte sur une mer imaginaire.»

Cette nouvelle de Robert Fred, illustrée par Fred Naef, vous invite à une virée à Genève, dans la vieille ville, au Bourg-de-Four sur la terrasse de la Clémence où, de l'aurore à l'aube, se croisent et se décroisent les vies et humeurs de gens de toutes sortes. Un regard bienveillant, un voyage poétique dans le monde magique de la nuit.





  • Les premières lignes

Le Bourg-de-Four se trouve sur la colline de la vieille ville. On échappe sur ses hauteurs aux convulsions des enseignes, aux bureaux, à la circulation agglutinée du centre ou aux rues basses affairées et bruyantes.
La flèche de la cathédrale pointe son doigt vers le ciel, austère, telle une citadelle déserte au-dessus des façades du XVIe siècle qui donnent à l'esplanade son atmosphère chaleureuse, bienveillante et familière.
Faisant face au monument protestant, par-delà les toits de tuiles, apparaît la coupole de l'église orthodoxe, dôme d'or dont l'éclat solaire, ne craignant ni les intempéries ni les vicissitudes, garde au fil du temps, comme sous le ciel gris, la promesse sereine d'une aube.

Le corps de la place est une cour en épaule : les terrasses s'y disposent en plate-bande sur le macadam, chaises en pétales autour des tables comme des fleurs d'aluminium. Les verres se dressent en leur centre comme des pistils et semblent attendre les papillons de nuit.
En contrebas, trois robiniers d'Amérique plantent leurs silhouettes arboricoles sur le carré d'herbe qui fait office d'école aux corneilles, et où l'on voit au printemps les parents croasser, virevoltant sur la tête des passants pour les effrayer. Leur jeunesse envolée laisse danser le feuillage d'été dans la brise, donnant un air de fraîcheur. L'automne, les branches nues laissent pendre dans le vide de grands haricots comme des boucles d'oreilles bosselées.
Sis sur un promontoire au-dessus de ce jardin, un tilleul massif sert d'ombrelle à l'innocence de Clémentine, une frêle statue d'adolescente. Ce petit enclos sert de halte aux bohèmes, ils débattent autour de son banc de bois qui leur tient lieu d'observatoire imaginaire et de bureau lunaire.

À l'opposé, gardé par deux colonnes de molasse, l'escalier du Palais de Justice semble s'appuyer sur le poste de police... Telles des semelles de béton, ses marches mènent les méchants à l'ombre et relâchent les innocents dans leur chaloupe éblouie.

Le pourtour s'entrelace d'arcades et de petites boutiques, peuplées ci et là de restaurants et de bistrots. Au centre, une fontaine en est le monument : elle apporte l'eau claire dans une petite musique de ruisseau. Aujourd'hui fleurie, elle abreuvait autrefois la population, les chevaux et les ânes. Elle est l'âme du lieu qui rappelle à cet antique carrefour son passé marchand.

Depuis la façade épaisse de l'édifice où fut jadis son palais, jouxtant le clos de Clémentine, le roi Gondebaud trône sur la foule, assis dans une alcôve. La tête posée sur son glaive, l'air solitaire, il semble rêver sur les passants. A le voir, on dirait le Petit Prince devenu père qui les écoute avec bienveillance.


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