La triomphante / Passion du livre

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.. La triomphante

Couverture du livre La triomphante

Auteur : Teresa Cremisi

Date de saisie : 28/05/2015

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Ed. des Equateurs, Sainte-Marguerite-sur-Mer, France

Prix : 17.00 €

ISBN : 978-2-84990-407-7

GENCOD : 9782849904077

Sorti le : 07/05/2015

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  • La présentation de l'éditeur

«Longtemps je n'avais pas compris que le fait d'être une femme était comme on dit un handicap ; je ne m'étais nullement attardée sur l'évidence qu'il était difficile d'envisager un destin à la Lawrence d'Arabie en étant de sexe féminin. Je n'avais d'ailleurs eu aucune alerte à ce sujet. Mes parents ayant oublié de m'interdire quoi que ce soit, je n'avais jamais de ma vie entendu dire que je ne pouvais pas entreprendre quelque chose parce que j'étais une fille.»

La Triomphante est le portrait d'une aventurière : l'odyssée, réussie ou ratée, ne compte que pour elle-même.
La Triomphante est l'histoire d'une enfant d'Orient rêvant à l'Europe : adaptation, dissimulation, transformation ; drôles de batailles, inévitables défaites.
La Triomphante est un personnage qui a une conception primitive de l'amour : possible ou impossible, glorieux ou tragique.
La Triomphante est un traité de survie, quand il faut traverser l'exil, tous les exils, dans un monde au bord du gouffre.
La Triomphante est la cavalcade d'une étrangère dont la seule patrie est la littérature, l'humour, l'ironie.
La Triomphante est aussi un bateau, une belle corvette, qui ne demande qu'à larguer les amarres.

Teresa Cremisi est éditrice. La Triomphante est son premier roman.





  • La revue de presse Raphaëlle Leyris - Le Monde du 28 mai 2015

Il semble évident que Teresa Cremisi a pris un grand plaisir à rendre indémêlables l'autobiographique et le fictif dans son roman. Mais l'essentiel n'est pas là. Il est dans sa manière de restituer une sensibilité d'exilée affleurant toujours, même cadenassée par la volonté de se présenter en « pragmatique ». Il est dans les éclats de sensualité qui traversent une écriture classique, faussement sage. Il est dans la finesse d'observation et dans l'humour qui surgit l'air de rien - une lueur dans l'oeil - au détour d'une phrase, d'un chapitre. Il est dans l'envie que fait naître ce premier roman de lire les prochains.


  • La revue de presse Luc Le Vaillant - Libération du 14 mai 2015

Née en Egypte, grandie en Italie, la directrice des éditions Flammarion lâche les rênes et se raconte dans un premier roman...
Elle qui pilotait une maison forte de 650 salariés qui sortait 1 400 livres par an publie un premier roman très autobiographique de 206 pages. Cela a pour nom la Triomphante, et ce titre est la déclaration d'orgueil maintenu d'une aventurière. Elle aura beau faire valoir que la Triomphante est un vaisseau datant de 1848, et en montrer les gravures épinglées aux murs de son 80 m2 d'un très agréable quartier de la rive gauche, on n'en croira pas un mot. La facture de l'ouvrage est d'un classicisme alerte, où chatoie un jeu de correspondances réussi. Ce qu'on préfère, ce sont les notes ironiques en fin de chapitre. Il s'agit de refuser le pathos qui larmoie, de passer outre, de saborder les regrets.


  • La revue de presse Bernard Pivot - Le Journal du Dimanche du 3 mai 2015

Eh bien, non, elle n'a pas choisi la voie royale des souvenirs mais le chemin buissonnier et discret du roman. Un roman dans lequel elle a mis beaucoup d'elle-même et peu des autres. Où elle a dit ce qu'elle a dans et sur le coeur sans jamais déballer les secrets de sa mémoire professionnelle. Un seul thème, en somme, l'exil, pour un livre où tout est profondément vrai alors que certaines modalités et circonstances de sa biographie sont modifiées. Habile, élégant, joliment réussi et très romanesque parce que le vagabondage cosmopolite réserve bien des surprises. "J'ai l'imagination portuaire", première phrase de La Triomphante.


  • La revue de presse Jérôme Garcin - L'Obs du 7 mai 2015

Elle a publié Houellebecq, Angot, Reza, Onfray. Alors qu'elle cesse d'être la patronne de Flammarion, elle signe son premier livre, un retour au pays natal...
L'Egypte est son secret, son regret, sa blessure aussi. Elle y a grandi jusqu'à ses 10 ans et en a été chassée, avec ses parents qui y étaient si heureux, lors des la crise du canal de Suez. Elle en parle, dans son beau livre, comme d'un paradis perdu. Elle n'en a jamais oublié les couleurs, les parfums, la beauté solaire que même le spectacle de la misère ne parvenait pas à ombrer. Et elle les restitue avec une grâce juvénile...
«La Triomphante» est l'histoire, merveilleusement racontée, d'une petite Egyptienne nageuse et polyglotte qui se rêvait Lawrence d'Arabie, voyagea très tôt dans «l'Iliade», connut plus vite l'exil que l'insouciance, veilla en Italie sa tanagra de mère, une sculptrice rongée par la dépression, et son père, un naufragé de la vie, et partit en aventurière pour Paris, où elle «triompha» en même temps qu'elle renonçait à la Méditerranée.



  • Les premières lignes

J'ai l'imagination portuaire.
La liste est longue de ce qui fait battre mon coeur - photos jaunies, poèmes, chansons, images de films - et représente ou raconte les quais, les bateaux, les docks, les balles de coton, les containers, les grues, les oiseaux de mer.
Je suis née dans une grande ville poussiéreuse, au dernier étage d'une clinique dénommée l'«Hôpital grec», tout près d'un port. Un port plus célèbre que les autres, où l'Histoire a séjourné plusieurs fois avec éclat ; elle y a accompli d'étranges allers et retours, au hasard des siècles, sans cap apparent.
Un port qui a connu la gloire et l'oubli, une charnière du monde, à la croisée de tous les chemins. Cléopâtre y est née (un peu avant moi, quand même) et pendant des millénaires le sable des plages autour a restitué des monnaies de tous genres. Des monnaies polies par l'eau, le sel, le vent.
Ma mère a eu l'idée de demander à un bijoutier arménien d'enfiler sa collection de pièces, comme si c'était des perles ; aujourd'hui je porte de temps en temps ce collier bizarre où l'argent domine (une seule pièce en or, l'or est plus rare, plus fragile ; quatre ou cinq de cuivre noirci). Quand on les regarde une à une, les figures ne sont pas toutes effacées : des profils, des casques de guerriers, des symboles de civilisations perdues. Elles veulent peut-être transmettre des récits de soldats ou de marins noyés, endormis, détroussés, échoués, oubliés.
Une histoire silencieuse, qui me donne des frissons.

Je suis née à Alexandrie, de l'autre côté de la Méditerranée. Je n'écris pas aujourd'hui pour exprimer une quelconque nostalgie. Les lieux sont pour moi les seuls déclencheurs d'une tempête violente, mais la nostalgie n'est pas un sentiment que j'aime cultiver.
Je suis un esprit pragmatique, terre à terre.

*

Au début des années quarante, la petite fille que j'étais avait sous ses yeux un univers à découvrir. C'est ainsi pour tous les enfants, mais le monde offert par une civilisation finissante porte en soi quelque chose de désordonné, d'incohérent, d'élégant. La coexistence du souffle de l'Histoire et de bruits avant-coureurs de la modernité, le parfum de la pourriture, la lèpre qui mange les murs, les fleurs sauvages et indisciplinées, les rires d'une liberté impertinente, le fatalisme joyeux constituent un mélange qui n'avait pas besoin d'être exprimé par les mots pour marquer un enfant.
S'impose à moi une image de ce bonheur-là. Mon lieu de promenade préféré, on y allait en voiture. Je dirais vingt ou trente kilomètres par une route qui côtoyait la voie du vieux tramway au départ de la gare de Ramleh et filait vers Rosette. Le train des pauvres. Nous, c'était en Chevrolet. Tout de même, dans mon souvenir, c'était long : charrettes, chiens, enfants, paniers de légumes.
À l'arrivée une grande baie, un arc très évasé ouvert aux vents. C'était Aboukir.
La baie avait un peu la forme d'un hameçon, la pointe étant un fort en ruine.


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