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Chasse à courre

Couverture du livre Chasse à courre

Auteur : Clémence Boulouque

Date de saisie : 03/09/2005

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Blanche

Prix : 16.00 € / 104.95 F

ISBN : 978-2-07-077509-5

GENCOD : 9782070775095


  • La présentation de l'éditeur

«Parce que, finalement, nous vendons les gens, nous sommes des négriers, nous devons faire des résultats et afficher notre cynisme, pour oublier tout cela. Et ce n'est qu'une dépression masquée, le cynisme...»
Après une école de commerce, un passage en banque d'affaires et des études aux États-Unis, Frédéric Marquez devient chasseur de têtes. Fasciné par le pouvoir, il met en place des cadres aux postes les plus élevés des sociétés et s'en grise. Mais peut-il vraiment sans danger utiliser les êtres pour faire avancer sa carrière ? «Donnez-moi la règle et je gagne», résume-t-il avec orgueil. Pourtant, de son ambition froide et désespérée, il brise surtout ceux qui servent ses visées et ceux qu'il voudrait aimer.


Clémence Boulouque, dans un style incisif, parvient à peindre avec humanité un milieu dont la règle est de n'en pas avoir.

Clémence Boulouque est née en 1977. Elle a déjà publié aux Éditions Gallimard Mort d'un silence (2003) et Sujets libres (2004).



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  • La revue de presse Erik Orsenna - Le Figaro du 13 octobre 2005

Quoi de plus joyeux qu'un rendez-vous de lecteur ? Le coeur battant, on attend le soir pour retrouver l'histoire abandonnée si tristement la veille... Et parfois, rarement, il suffit d'un premier livre d'un écrivain tout jeune pour que s'installent et l'attente et la confiance. Une petite voix vous dit la bonne nouvelle : dorénavant, vous avez un ami de plus ; dorénavant, vous allez vous languir jusqu'au prochain opus.

Clémence Boulouque nous fit ce cadeau-là. Sitôt refermé sa Mort d'un silence, je savais qu'elle ne me quitterait plus.
Entre autres intérêts que je devine multiples, et pas tous avouables, Mlle Boulouque se passionne pour des petites bêtes qui nous ressemblent. Un salut liminaire à Tchekhov donne le ton : «Chez les insectes, la chenille devient papillon ; chez les humains, c'est le contraire.» La chasse peut commencer. Une drôle de chasse : une chasse aux chasseurs. Eux-mêmes drôles de chasseurs, puisqu'ils chassent des têtes, je veux dire des hommes et des femmes susceptibles de jouer les rôles les plus essentiels de notre société : directeur financier, directeur pour l'Europe du contrôle qualité (sic), directeur du marketing et de la communication... Vous avez compris. Les héros cette fois choisis par Mlle Boulouque recrutent pour le compte d'entreprises des cadres de haut niveau... Aucune graisse, dans le style de Mlle Boulouque. Aucune viande non plus, aucune de ces audaces rancies tellement prisées par les débutantes, il y a dix ans. Mais de la vivacité. De l'allant. De l'acuité. Elle pique les scènes, au double sens de dérober et de punaiser sur le mur. Avec, par dizaines, ce qu'on appelle des «bonheurs d'expression» faute d'oser employer le mot juste qui serait «vérité»...


  • La revue de presse Marc Lambron - Le Point du 1er septembre 2005

«Chasse à courre», roman, est le troisième livre de Clémence Boulouque. L'argument ? Quelques mois dans la vie de Frédéric Marquez, trentenaire passé par une école de commerce et une banque d'affaires avant de devenir chasseur de têtes. Que l'intrigue mélange le drame d'un grand patron suicidé et quelques flirts de bureau, qu'elle conduise les personnages de Londres à Hongkong et de la place Vendôme à la 5e Avenue n'a qu'un intérêt cosmétique. Ce qui retient avant tout dans cette étude de moeurs, c'est l'aptitude à faire parler à la première personne un rapace des temps modernes... C'est un roman sur les passions tristes, la sincérité travaillée, l'humiliation du dressage. Une étude en bocal sur des vies effaçables... En filigrane de ce conte moral, on devine les questions d'une jeune femme à son écritoire. Dans le monde «jivarisant» des chasseurs de têtes, un individu est substituable à un autre. On entend ici le cri du papillon. Il s'articule en phrases bien frappées. Style rapide, alcyonien, vitaminé, constellé de sentences fléchées...



  • Le message de l'auteur

Quoi de plus joyeux qu'un rendez-vous de lecteur ? Le coeur battant, on attend le soir pour retrouver l'histoire abandonnée si tristement la veille... Et parfois, rarement, il suffit d'un premier livre d'un écrivain tout jeune pour que s'installent et l'attente et la confiance. Une petite voix vous dit la bonne nouvelle : dorénavant, vous avez un ami de plus ; dorénavant, vous allez vous languir jusqu'au prochain opus.

Clémence Boulouque nous fit ce cadeau-là. Sitôt refermé sa Mort d'un silence, je savais qu'elle ne me quitterait plus.
Entre autres intérêts que je devine multiples, et pas tous avouables, Mlle Boulouque se passionne pour des petites bêtes qui nous ressemblent. Un salut liminaire à Tchekhov donne le ton : «Chez les insectes, la chenille devient papillon ; chez les humains, c'est le contraire.» La chasse peut commencer. Une drôle de chasse : une chasse aux chasseurs. Eux-mêmes drôles de chasseurs, puisqu'ils chassent des têtes, je veux dire des hommes et des femmes susceptibles de jouer les rôles les plus essentiels de notre société : directeur financier, directeur pour l'Europe du contrôle qualité (sic), directeur du marketing et de la communication... Vous avez compris. Les héros cette fois choisis par Mlle Boulouque recrutent pour le compte d'entreprises des cadres de haut niveau... Aucune graisse, dans le style de Mlle Boulouque. Aucune viande non plus, aucune de ces audaces rancies tellement prisées par les débutantes, il y a dix ans. Mais de la vivacité. De l'allant. De l'acuité. Elle pique les scènes, au double sens de dérober et de punaiser sur le mur. Avec, par dizaines, ce qu'on appelle des «bonheurs d'expression» faute d'oser employer le mot juste qui serait «vérité»...(Erik Orsenna, le Figaro du 13 octobre 2005)


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