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Couverture du livre Avis non autorisés...

Auteur : Françoise Hardy

Date de saisie : 23/09/2015

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Ed. des Equateurs, Sainte-Marguerite-sur-Mer, France

Prix : 19.00 €

ISBN : 9782849903964

GENCOD : 9782849903964

Sorti le : 04/03/2015

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  • La présentation de l'éditeur

Quand elle passe au crible notre société contemporaine - les mensonges religieux et politiques, les idéologies et le sectarisme -, Françoise Hardy prend vite feu. Si cette frondeuse n'hésite pas à avouer ce qui la révulse, à épingler avec humour ceux qui l'agacent, elle sait aussi faire preuve d'admiration et de tendresse envers des hommes publics comme Michel Rocard ou Hubert Védrine, Nicolas Hulot ou Alain Juppé, Patrick Modiano ou Michel Houellebecq.
Françoise Hardy nous offre ici son «âge de femme». Elle, l'égérie longiligne des sixties, évoque sans concession l'épreuve de la vieillesse, de sa vieillesse, de la décrépitude des corps. Dans une époque qui se refuse à vieillir, il faut un vrai courage d'écrivain pour se confronter ainsi à sa propre image et raconter sa souffrance, la maladie, le parcours du combattant auprès des médecins, et parfois des charlatans.
Dans ce livre, à la fois poignant et drôle, composé de messages personnels, les souvenirs avec les chanteurs, les couturiers, les artistes se mêlent aux digressions sur la politique, l'environnement, l'économie, les médias et les médecines douces. Françoise Hardy s'attache enfin à nous faire partager ses passions pour la littérature, l'astrologie et la spiritualité.
Apparaît toute la sensibilité à fleur de peau d'une femme qui préfère la singularité, la solitude et la beauté à la foire aux vanités.

Icône de plusieurs générations, Françoise Hardy a notamment publié Le Désespoir des singes et autres bagatelles (Robert Laffont, 2008) et, plus récemment, L'Amour fou (Albin Michel, 2012).





  • Les premières lignes

En quête de vieux documents, je suis tombée sur des photos prises il y a une trentaine d'années à l'occasion d'un anniversaire où la famille de mon mari et la mienne - se bornant à ma mère - étaient réunies. Parents et beaux-parents, âgés alors de soixante à soixante-dix ans, esquissaient le même sourire vague et sans joie, tête baissée et regard éteint. C'était si frappant que je ne pouvais pas ne pas le remarquer à l'époque, mais j'étais jeune encore et les questions dérangeantes qui m'étaient venues à l'esprit avaient vite été occultées par d'autres préoccupations.
Maintenant que j'ai atteint cet âge dit respectable, vénérable ou avancé, je découvre à mon tour l'épreuve du vieillissement. C'est une telle dévastation à tous les niveaux que si la conscience en existait quand cet ultime passage obligé semble encore loin, personne ne souhaiterait mourir le plus tard possible. Et pourtant, dans leur grande majorité, les personnes âgées ont rarement envie de mourir, à moins d'être diminuées ou malades à un degré insupportable. Elles arrivent même à entretenir l'espoir utopique de mieux se porter et à oublier en partie l'imminence effrayante de la fin du tragique sursis de leur brève existence terrestre.
Vieillir, c'est subir la déchéance d'un corps qui, en même temps qu'il fonctionne de moins en moins bien, s'abîme, se déforme, se dénature de plus en plus... Non seulement on ne le reconnaît plus, non seulement ses dysfonctionnements rendent le quotidien difficile, mais la honte, parfois même le dégoût qu'il vous inspire provoquent une réticence presque insurmontable à consulter dentistes et médecins - le gynécologue et le dentiste en premier lieu - quand il le faudrait pourtant.
Ces changements éprouvants contribuent à réduire la vie relationnelle. L'augmentation du nombre des années va de pair avec la raréfaction progressive des coups de fil et des mails. La retraite, qui implique l'absence d'activités et de perspectives excitantes à communiquer, y est pour beaucoup, ainsi que le décès ou l'exil géographique de nombreux collègues ou amis. Ceux qui restent s'intéressent moins à vous, de même que l'on s'intéresse moins à eux : on se connaît trop et l'affection ne suffit pas toujours à surmonter l'agacement provoqué d'un côté comme de l'autre par une inévitable prévisibilité... Sans parler du miroir attristant de la déchéance accélérée que l'on se tend les uns aux autres...
Comment la sociabilité ne serait-elle pas en chute libre dès lors que la dégradation du corps et une fatigabilité grandissante, quand ce n'est pas la progression d'une pathologie, ralentissent, handicapent, infériorisent, incitant à appréhender toute sortie au point de préférer rester confiné chez soi ? Quand on est jeune, on n'imagine pas les difficultés motrices du troisième âge susceptibles de rendre cauchemardesques les montées et descentes d'escalier, ni les désordres digestifs : quand ils ne vous isolent pas totalement, ils impliquent des régimes draconiens, pénibles à respecter et impossibles à imposer à des hôtes éventuels.
(...)


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