Auteur : Louis-Philippe Dalembert
Date de saisie : 04/07/2006
Genre : Romans et nouvelles - français
Collection : Littérature
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 978-2-268-05530-5
GENCOD : 9782268055305
Jean, jeune Noir parisien, vit seul avec sa mère dans une studette de l'Onu, en fait la rue du Faubourg Saint-Denis, où grouille une faune humaine d'origines diverses et variées... Sa mère, Brigitte, une ex-«sans-papier» régularisée par Tonton, travaille comme femme de ménage au noir pour subvenir à leurs besoins.
Mais la vedette de l'histoire, à mes yeux, c'est Ma'ame Bouchereau, vieille Gauloise bigote, solitaire et raciste en mal de petits-enfants. Elle vit terrée dans son deux-pièces où elle ne reçoit la visite que de Jean et de Brigitte - sa bonne à tout faire -, et de son médecin traitant. En plus de ne pas «kiffer» les Arabes, qui traînent dans la rue, elle ne s'entend pas avec M'sieu Kahn, son voisin de palier. Ce qui n'arrange pas l'affaire de Jean, obligé de faire le grand écart entre les deux vieillards.
En écrivant ce roman, j'avais à coeur deux choses : montrer du doigt le rapport de la France d'aujourd'hui à ses «vieux» - ce n'est pas un hasard si l'histoire se déroule durant la canicule 2003 ; donner à voir le cheminement identitaire d'un ado dans une grande ville cosmopolite. Des sujets qui peuvent paraître graves. D'où le côté cocasse, l'humour corrosif, du roman, et son parler - celui de Jean - qui emprunte son accent au langage des jeunes.
Louis-Philippe Dalembert
"L'histoire ? Elle arrive. Si j'ai déroulé tout ce cinéma avant, c'était pour créer l'ambiance. On met pas les pieds dans un film comme on entre au MacDo du coin. Faut préparer le spectateur. Lui laisser le temps de voir venir. De bien s'installer dans son fauteuil. La qualité d'une histoire, vous savez, dépend pour beaucoup du siège où qu'on est assis pour la vivre. Si on y est bien calé ou pas. Suffit d'un dossier de traviole, d'un mauvais rembourrage ou qu'on n'ait pas réussi à trouver la bonne position pour le dos et l'histoire est nulle... Vous avez raison, j'arrête. En fait ces détours, c'est parce que c'est un peu perso comme histoire. Alors ça sort pas tout seul. Allez je me jette. C'est le seul moyen. Sinon on y sera encore au bout de dix pages." Paris, été 2003. Un jeune adolescent, dont les origines se perdent sur plusieurs continents, et une vieille "Gauloise" apprennent à s'apprivoiser. Leurs regards sur le monde et sur la faune hétéroclite de la rue du Faubourg Saint-Denis tour à tour se heurtent et se retrouvent. Dans ce roman, cocasse, tendre et grave à la fois, Louis-Philippe Dalembert rend hommage à La Vie devant soi de Romain Gary.
Ancien pensionnaire de la Villa Médicis, Louis-Philippe Dalembert a publié notamment : Le crayon du bon Dieu n'a pas de gomme, L'Autre Face de la mer (Prix RF0 1999 et bourse Poncetton de la Société des Gens de Lettre), L'Île du bout des rêves... Certains sont traduits en plusieurs langues.
Merveilleuse saveur de cette littérature haïtienne, si l'on peut parler de «littérature haïtienne» sans réduire ses représentants à des pastilles folkloriques. Tels Lyonel Trouillot ou Dany Laferrière, Louis-Philippe Dalembert pourrait être lu sans référence à son pays d'origine, comme un écrivain se livrant à un intéressant travail sur la langue française.
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