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Ces lèvres qui remuent

Couverture du livre Ces lèvres qui remuent

Auteur : Catherine Lépront

Date de saisie : 22/10/2005

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Seuil, Paris, France

Collection : Cadre rouge

Prix : 21.00 € / 137.75 F

ISBN : 978-2-02-078773-4

GENCOD : 9782020787734

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  • La présentation de l'éditeur

Lili travaille aux Archives de la police. Elle a élevé sa soeur Louise, médecin, en mission humanitaire en Ingouchie, qui lui demande de "tout lui raconter dans le moindre détail". Sans toujours en nourrir son courrier, Lili fouille alors sa mémoire familiale, observe ceux qui l'entourent et, pour la première fois, se penche sur l'actualité immédiate, avec la guerre en Tchétchénie, le début de la guerre en Irak. Lili est bientôt désorientée dans ce monde qu'elle découvre. Tout lui semble bouleversé : l'amitié comme l'amour, la séparation, la mort, la présence des absents.


Catherine Lépront est romancière, nouvelliste, essayiste, dramaturge et lectrice. Elle a publié une vingtaine d'ouvrages parmi lesquels Le Passeur de Loire, Josée Bethléem et, aux éditions du Seuil : Le Cahier de moleskine noire du délateur Mikhaïl, Le Café Zimmermann, Des gens du monde. Paraît également chez Actes Sud-Papiers, Transactions infinies, suivi de Invitation à la pleine lune.





  • La revue de presse Michel Abescat - Télérama du 28 décembre 2005

Les phrases coulent, amples et sinueuses, enflent de leurs multiples incises, charriant une matière de plus en plus dense comme si chacune d'elles voulait, à elle seule, contenir le roman tout entier. Ces lèvres qui remuent, de Catherine Lépront, séduit d'abord par sa beauté formelle, une houle puissante qui vous porte et vous entraîne dans les méandres du soliloque de sa narratrice, Lil, 50 ans, employée aux archives de la police... C'est une forme singulière de journal que conduit ainsi Catherine Lépront. Un voyage intérieur qui court sur les années 2002 et 2003 - la guerre en Tchétchénie et la prise d'otages du Théâtre de la Doubrovka, à Moscou, le début de la guerre en Irak -,... Le propos, on s'en doute, est plutôt grave. La finesse du regard, l'acuité, l'humour, la férocité parfois de son auteur lui donnent une vie à nulle autre pareille.


  • La revue de presse Claire Devarrieux - Libération du 3 novembre2005

Alors que les trois quarts des romans contemporains sont tout naturellement construits sur la réminiscence, est-il bien raisonnable d'imaginer un stratagème pour qu'une narratrice se laisse envahir par le flux des souvenirs ? Mais aussi, qui a jamais raisonnablement cru que Catherine Lépront était une romancière raisonnable ? Avec une audace qui cache son jeu sous la musicalité de la phrase et l'élégance des idées, elle met cette fois en oeuvre la dissolution d'un caractère. C'est très beau, car il s'agit de transmettre la vie d'ici à l'être cher qui n'est pas (ou plus) là, et, ce faisant, de passer au scanner nos cervelles modernes. C'est risqué parce que le délitement progressif, et programmé, du point de vue principal, étourdit la lecture après l'avoir si fermement attachée à l'univers de Lil W., ses amitiés fidèles ou trahies, ses élans, ses pensées vagabondes...


  • La revue de presse Jean-Luc Douin - Le Monde du 21 octobre 2005

Pourquoi... Catherine Lépront reste-t-elle oubliée des prix, quasi ignorée des médias ?...

Il y a donc, dans Ces lèvres qui remuent, quelques passages aussi jouissifs qu'acides sur le piétinement de la culture par le spectacle (et l'extermination programmée des sisyphiens qui se battent "contre des moulins"). Il y a surtout des pages sur des livres aimés, "les grands romans, les trouvailles et les rudes vérités qu'ils contiennent", des hommages aux "vrais écrivains, leur style et leur souffle", des passages honorant Boris Pahor ou Yasushi Inoue, ballons d'oxygène à l'heure où on ne voit "promus que des merdes, du faux ou de la bibine, du pipi de chat, du placebo".

Il y a, ce qui nous rappelle que Catherine Lépront a écrit des textes magnifiques sur Clara Schumann, Caspar Friedrich et Jean-Sébastien Bach, des lignes bien tempérées sur le blues, le boogie-woogie, Vlaminck et Turner, des descriptions mélodiques et des portraits dignes d'un peintre (quand "le vert piqué des paillettes d'or s'est détaché des iris de Louise, est resté suspendu dans l'air à côté d'un rouille, d'un jaune de Naples de sa jupe...").

Lil W., la narratrice de Ces lèvres qui remuent, travaille aux Archives de la police judiciaire, vit avec un archéologue, fréquente une amie de lycée qui est légiste à la morgue. Elle prend plaisir à fréquenter des amis,... mais vit beaucoup dans les livres, plus attentive aux fictions, aux époques révolues qu'elles évoquent qu'à ses proches et à ce que racontent les journaux. Jusqu'au jour où sa jeune soeur Louise, médecin en mission humanitaire en Ingouchie, dans le Caucase, lui réclame des nouvelles régulières. Sommée de tout raconter dans les moindres détails, Lil doit interroger son passé et questionner l'actualité immédiate. Et la voilà bouleversée par le chaos du monde, transfigurée par des émotions nouvelles.

C'est donc le ravissement et la révolte de Lil W. que dépeint Catherine Lépront, une Lil W. assaillie par des visages enfouis et des images oubliées...


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