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Harraga

Couverture du livre Harraga

Auteur : Boualem Sansal

Date de saisie : 30/08/2005

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Blanche

Prix : 16.00 € / 104.95 F

ISBN : 978-2-07-077538-5

GENCOD : 9782070775385


  • La dédicace de l'auteur

HARRAGA

Le titre est exotique mais il recouvre une réalité des plus tristes. En Algérie, ce pays malmené par les extrémismes nationalistes et islamistes, le mot ‘harraga' désigne les émigrés clandestins, ceux-là qui un jour, subitement, perdent la raison, font leur ballot, ramassent de maigres économies et vont s'engouffrer dans la cale du premier bateau ou la soute d'un avion en partance, ou empruntent la voie terrestre, la plus longue et la plus périlleuse. Ils disparaissent pour longtemps, à jamais pour certains. Rares sont ceux qui atteignent le but recherché : la terre promise, la vie, la liberté, le bonheur, là-bas, en Occident. Ce livre leur est dédié. J'espère que ceux qui liront Harraga auront une pensée pour eux.
Le roman aurait pu aussi avoir pour titre Rencontre, car il raconte l'histoire véridique de deux femmes, une adulte et une ado, une bourgeoise rebelle aux diktats de la société et une petite bohémienne bordélique, toutes deux atypiques dans un pays qui refuse tout aux femmes, vivant chacune dans son monde, des mondes que rien ne rapproche, et qui pourtant vont se rencontrer, se reconnaître et vivre une histoire d'amour fantastique.
Faut-il toujours que l'amour soit tragique et débouche des impasses ? Pour se rencontrer, il faut avoir été séparé et quelque part avoir fait les mêmes rêves. C'est ce drame éternel de la séparation et de la rencontre espérée qui est au coeur de Harraga.

Boualem Sansal



  • La présentation de l'éditeur

Une maison que le temps ronge comme à regret. Des fantômes et de vieux souvenirs que l'on voit apparaître et disparaître. Une ville erratique qui se déglingue par ennui, par laisser-aller, par peur de la vie. Un quartier, Rampe Valée, qui semble ne plus avoir de raison d'être. Et partout dans les rues houleuses d'Alger des islamistes, des gouvernants prêts à tout, et des lâches qui les soutiennent au péril de leur âme. Des hommes surtout, les femmes n'ayant pas le droit d'avoir de sentiment ni de se promener. Des jeunes, absents jusqu'à l'insolence, qui rêvent, dos aux murs, de la Terre promise. C'est l'univers excessif et affreusement banal dans lequel vit Lamia, avec pour quotidien solitude et folie douce. Mais voilà qu'une jeune écervelée, arrivée d'un autre monde, vient frapper à sa porte. Elle dit s'appeler Chérifa, s'installe, sème la pagaille et bon gré mal gré va lui donner à penser, à se rebeller, à aimer, à croire en cette vie que Lamia avait fini par oublier et haïr.


Né en 1949, Boualem Sansal vit à Boumerdès, près d'Alger. Son premier roman, Le serment des barbares, a été unanimement salué par la critique et par le public. Harraga est son quatrième roman.



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  • La revue de presse Olivier Le Naire - L'Express du 29 août 2005

Faut-il encore présenter Boualem Sansal ? Hélas, oui. Alors que cet écrivain algérien avait été salué dès 1999 pour son premier roman - Le Serment des barbares - témoignant, en français, du cauchemar infligé à son pays, Sansal, malgré les deux livres qui ont suivi, n'a pas encore rencontré la notoriété qu'il mérite... Harraga, son quatrième livre, sera-t-il enfin celui de la reconnaissance ? Espérons-le, car, par-delà son courage, Sansal est d'abord un excellent romancier, l'un des rares écrivains encore capables de faire briller la langue française hors de l'Hexagone, comme le prouve ce nouveau roman.

Harraga signifie «brûleur de route». C'est ainsi que l'on surnomme, en Algérie, les milliers de candidats à l'émigration qui préfèrent «mourir ailleurs que vivre ici»... Si ce nouveau livre de Sansal, qui s'inspire de faits authentiques, relève du réquisitoire contre un pays où le soleil d'Allah ne brille que pour les hommes, il s'agit avant tout d'un magnifique roman. Un moderne conte des Mille et Une Nuits plein d'histoires, de rêves, de personnages, où les vieux sont des parchemins, les maisons des poèmes et les villes des catins, comme Alger, la ténébreuse, qui demande «un mois d'amertume pour cinq minutes de plaisir». L'espérance est en supplément.


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