Auteur : Alessandro Barbero
Traducteur : Elisabeth Auster
Date de saisie : 18/08/2006
Genre : Politique
Editeur : Flammarion, Paris, France
Prix : 25.00 € / 163.99 F
ISBN : 978-2-08-210439-5
GENCOD : 9782082104395
Le 18 juin 1815, près de 200 000 hommes s'affrontent sur une petite langue de terre d'à peine quatre kilomètres sur quatre : l'armée de Wellington, coalition hétéroclite de différentes nationalités, l'armée prussienne de Blücher, et celle de l'empereur Napoléon, alors haï de toute l'Europe. Des hommes de conditions diverses, frottés à la guerre ou non : tel ce vieux prince prussien qui confesse pudiquement "puer un peu", ou ces soldats irlandais qui traquent les femmes et l'eau-de-vie, dînant d'une maigre soupe assaisonnée de poudre avant de s'endormir dans la boue. Heure après heure, ce livre fait resurgir les interrogations et les doutes des protagonistes de cette journée mythique. Mais la "charnière du XIXè siècle", selon le mot célèbre de Victor Hugo, l'épisode qui détrôna Napoléon et assura la paix en Europe pendant plus de quarante ans eût pu connaître une fin différente. `Débusquant l'histoire sous le mythe, "oubliant" l'issue de la bataille, Alessandro Barbero nous en restitue le véritable déroulement, sans verser dans aucune "préférence nationale", en évitant les fausses évidences des manuels d'histoire. Il entremêle avec une extraordinaire maîtrise sources et témoignages, cartes et analyses stratégiques, dialogues hauts en couleur et aperçus historiques, livrant ainsi le roman vrai de cette bataille légendaire.
Sommaire :
° " Nous verrons demain "
° " Ce sera l'affaire d'un déjeuner "
° " Un corps-à-corps entre deux boxeurs "
° " Victoire ! Victoire ! "
Alessandro Barbero, spécialiste d'histoire militaire, enseigne l'histoire médiévale à l'université du Piémont-Oriental de Vercelli. Il est notamment l'auteur dune biographie, Charlemagne (Payot, 2004), et de deux romans La Belle Vie ou les Aventures de Mr. Pyle, gentilhomme, et Roman russe (Gallimard 1998 et 2002).
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Les lecteurs de Victor Hugo croient que Napoléon fut battu à Waterloo parce qu'ayant espéré «Grouchy», le commandant de son aile droite, dont il escomptait l'appui, il vit arriver Blücher, prince menant l'armée prussienne de Belgique. Pas si simple, en vérité. C'est seulement l'avant-garde de celle-ci, commandée par Bülow, qui renversa le cours du combat, longtemps incertain, au moment où les Anglais prenaient une belle déculottée... Tout cela est raconté avec verve. Spécialiste italien d'histoire militaire, Alessandro Barbero ne lésine pas sur les détails : ils sont tous là, du plus humble lignard à Napoléon, qui a pris de l'âge et eût sans doute mieux joué s'il n'avait répugné à sauter sur son cheval pour avancer vers le coeur de la bataille. Ils sont tous là, et leurs manoeuvres, expliquées à loisir: on apprend ainsi que la formation des troupes en carré n'est pas tellement carrée, que tous nos préjugés géométriques et stratégiques sont à revoir. La guerre, décidément, est une triste pagaille.
Il est une difficulté presque insurmontable en matière de récit historique : tenir le lecteur dans l'incertitude de ce qui est advenu alors même qu'il n'en ignore rien. A fortiori, c'est une performance que de tourner cette difficulté lorsqu'il s'agit d'une des batailles les plus mémorables, celle de Waterloo. Tel est bien, pourtant, le tour de force réalisé par Alessandro Barbero. Ce biographe de Charlemagne, professeur d'histoire médiévale à l'Université du Piémont, excursionne donc du côté de 1815... dans ce livre nous sommes non seulement, tour à tour, Wellington, Blücher, von Gneisenau, Napoléon, Ney et d'Erlon, mais aussi, le capitaine Mercer, l'enseigne Macready, le sergent Cotton du 7e Hussards ou le simple soldat Johann Karl Hechel du 12e régiment brandebourgeois... Dans l'immense masse documentaire et bibliographique relative à Waterloo, Alessandro Barbero a, en effet, privilégié les témoignages des acteurs, petits et grands, des deux camps bien sûr, et de toutes origines nationales... Ce qui frappe dans cette extraordinaire reconstitution, c'est l'impression que l'on se tue pratiquement en face-à-face, du moins lorsque ce sont deux carrés qui s'entrechoquent. Dans le même temps, il est surprenant de constater la très médiocre efficacité des tirs... On a ainsi pu calculer qu'en ce temps-là, sur l'ensemble d'une bataille, une balle toutes les quatre cent cinquante-neuf touchait son homme !... Alessandro Barbero ne s'amuse évidemment pas à imaginer une autre issue au terrible affrontement. En en montrant le caractère longtemps incertain, il révèle sa vraie nature : la bataille de Waterloo est essentiellement faite des assauts français et de la résistance obstinée de Wellington...
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