Auteur : Marianne Rubinstein
Date de saisie : 26/08/2005
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Phébus, Paris, France
Collection : D'aujourd'hui
Prix : 13.00 € / 85.27 F
ISBN : 978-2-7529-0099-9
GENCOD : 9782752900999
Marianne Rubinstein rêve d'une littérature qui ne dirait rien, ou presque rien : une littérature en quête d'effacement... mais où se donnerait à entendre entre les mots, et comme sous les mots, la chanson ténue mais vibrante de ce que nous ne nous risquons presque jamais à confier aux autres - et qu'il nous arrive si souvent de taire à nous-mêmes. Une semaine de mai réunit trois générations d'une même famille dans une maison au bord de la mer (Louise, la vieille Louise, va mourir). Les enfants ont fait leur vie ; comme on dit, et se sentent plus ou moins défaits par elle. Entre eux, beaucoup de souvenirs que l'oubli est en train d'effacer... ruais dont certains refusent de passer, persistent à les faire boiter comme un mauvais caillou glissé dans une chaussure. Car chacun, dans l'histoire, ne peut faire autrement que d'évoquer cet été d'autrefois où tant de fils se sont noués... C'était en 1901, sur la fin d'une sale guerre (en Algérie) qui avait meurtri les corps mais aussi blessé les âmes. Cet été-là, un frère et une soeur avaient découvert, en se retrouvant, qu'ils pouvaient s'aimer plus que de raison.
Marianne Rubinstein, dont c'est là le premier roman, s'est déjà fait remarquer en publiant (chez Verticales, car 2002) une enquête consacrée aux petits-enfants de déportés morts dans les camps - ouvrage qu'avait tenu à préfacer Serge Klarsfeld. Le titre, emprunté au Jules Renard de Poil-de-Carotte, ironique et douloureux, annonçait la couleur : Tout le monde n'a pas la chance d'être orphelin.
Elle a déjà publié un essai remarquable, Tout le monde n'a pas la chance de naître orphelin (Verticales, 2002), sur les petits enfants des juifs déportés qui, revenus, n'ont pas su, pas osé, parler, rire, comprendre leurs propres enfants, persuadés qu'ils n'en avaient pas le droit.
Maintenant, elle écrit le roman né de la quasi même interrogation : comment oser vivre sa vie au milieu de sa propre famille quand elle va à hue et à dia sous les non-dits ? Jusqu'à atteindre le presque-rien, qui serait le noyau vital. Les deux thèmes se rejoignent ici... C'est un roman écrit tout en retenue, très pur et qui vibre de tant de violence contenue dans les relations familiales, lorsque chacun s'est cru, s'est senti, et donc a été, mal aimé.
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