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Le pays

Couverture du livre Le pays

Auteur : Marie Darrieussecq

Date de saisie : 26/08/2005

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : POL, Paris, France

Collection : Blanche

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 978-2-84682-085-1

GENCOD : 9782846820851


  • La présentation de l'éditeur

Une femme rentre au pays. Elle est fille, petite-fille, épouse, mère et soeur. Ce dernier point est le lieu des secrets. Cette femme court, déménage, achète des meubles et en laisse d'autres, se pose quelques mois et écrit je de temps en temps. La Maison des Morts l'attire comme un casino attire un joueur, mais son mari est contre, heureusement. C'est un petit pays, charmant et balnéaire, mais dont les traditions funéraires ne sont pas pour attirer les touristes, il faut en convenir. Un pays natal, c'est une parcelle d'un sol, c'est aussi une muqueuse utérine, c'est une langue, c'est la mémoire des morts, c'est une histoire et une géographie. C'est un roman d'amour, et des cartes postales. Mais est-ce que ça existe, un pays sans Etat ? Un pays coupé en morceaux ? Et une femme enceinte au cerveau politique ?





  • La revue de presse Didier Jacob - Le Nouvel Observateur du 29 septembre 2005

Elle ne se plaisait plus en écrivain parisienne. Il lui fallait du large, de l'air, de la mer et du jambon de pays : on reconnaît là les vieux démons de l'auteur. Retour, donc, en terre basque, sa terre natale, avec Marie Darrieussecq (Marie Rivière dans le livre), son fils et son mari. Premier acte : les cartons. La narratrice a trop de livres. Entre Crébillon et Canetti, il faut bien choisir, et Marie bazarde Canetti. C'est toujours un drame, ces déménagements. Il faudrait ne jamais retourner au pays.
Arrivée près d'Anglet, la narratrice écoute la pluie tomber. Ce signe ne trompe pas : elle est peut-être enceinte. Le suspense dure un peu, et puis oui, la bonne nouvelle est confirmée : on va décorer la chambre du bébé. A la fin du roman (il y a eu quelques échographies dans l'intervalle) naît une petite fille, Epiphanie. En réalité, ce sont des triplés. Car Marie Darrieussecq, dans ce livre souvent touchant où le roman fait, chemin faisant, route avec l'autobiographie, raconte aussi comment elle a porté ce livre... A quoi reconnaît-on un roman de Marie Darrieussecq ? A ses vraies beautés de phrase, d'univers, de construction. A tous ces bruits, aussi, dont elle agrémente curieusement son récit, dans un langage bébé qui n'appartient qu'à elle...


  • La revue de presse Olivier Delcroix - L'Express du 15 septembre 2005

... Depuis Truisme, en 1996, La Naissance des fantômes, ou plus récemment White, on sait que la phrase de Marie Darrieussecq est chevillée à la sensation. Et qu'il y a toujours quelques fantômes, quelques esprits, comme si elle était capable de se promener entre deux mondes, le nôtre et celui des morts.

Avec Le Pays, Marie Darrieussecq entreprend de nous conter son retour sur la terre de ses ancêtres. Pour mieux brouiller les pistes, elle scinde son récit en deux parties distinctes, multipliant ainsi les points de vue... Comme dans tous les romans de Marie Darrieussecq, il est question de voyage. Un voyage, ici, vécu comme une épiphanie, dans tous les sens du terme. Marie Darrieussecq fait escale au coeur de son passé et finit par reconnaître que «c'est peut-être ça, être de quelque part. Un sentiment géographique, reconnaître une terre comme on reconnaît un visage». Que vaudrait notre randonnée sur terre si l'on passe sa vie à oublier ses racines ? Adishatz, Marie !...


  • La revue de presse François Dufay - Le Point du 8 septembre 2005

Du propre aveu de Marie Darrieussecq, l'idée de son nouveau roman, «Le pays», a germé il y a trois ans, le jour où un journaliste de la télévision basque espagnole est venu l'interviewer. Aux yeux de ce reporter, l'auteur de «Truismes», née à Bayonne en 1969, est en effet un écrivain basque d'expression française ! «Que vous le vouliez ou non, vous êtes basque, comme un escargot est un escargot», lui a-t-il asséné.

Loin de s'offusquer, Marie Darrieussecq a été enchantée de cette définition. Et ce pur produit de la littérature Rive gauche, passée par la très jacobine Rue d'Ulm, s'est mise à apprendre cette langue hérissée de consonnes gutturales qui avait bercé son enfance. Elle a donné un deuxième prénom basque à ses filles, et fréquente assidûment ses confrères de Bilbao et de San Sebastian.

Son livre est le résultat, à peine transposé, de ce retour aux sources... plus que sur l'actualité politique, les rêveries de son personnage portent sur un drame familial sous-jacent : un frère adoptif qui a sombré dans la folie, une mère artiste plus célèbre que sa fille, d'où rivalité ! Mais ces embryons d'histoires sont recouverts par son unique obsession. Car ces retrouvailles avec la terre des ancêtres - pieusement conservés sous forme d'hologrammes dans d'étranges «maisons des morts» - coïncident avec une double gestation : celle d'un enfant à naître et celle d'un texte. A l'écoute de son corps, la romancière excelle à décrire ces remuements internes, ces ressacs hormonaux...


  • La revue de presse Michel Abescat - Télérama du 31 août 2005

On avance dans le roman de Marie Darrieussecq avec l'impression de flotter légèrement. L'esprit souvent s'échappe. Il rêve, s'évade, revient, comme au gré d'un paysage. Sans doute est-ce dû à la liberté apparente du texte, à ses digressions et vagabondages. Sans doute aussi à ses liens avec l'invisible, tous ces fantômes qui le parcourent et le hantent, une nouvelle fois : la sensation du vide, omniprésente, l'étrangeté de notre présence au monde, la mort, l'absence... Le Pays dessine ainsi une géographie personnelle, vibrante d'intelligence et de sincérité... Une géographie des vivants et des morts infiniment brûlante, que seule l'écriture permet de relier et de tenir à distance. Qu'importe au bout du compte le «pays d'origine». L'essentiel est de s'habiter soi-même.


  • La revue de presse Patrick Kéchichian - Le Monde du 26 août 2005

Marie Darrieussecq, dans chacun de ses romans, hésite ou oscille entre deux possibilités, deux hypothèses, deux modes d'être : la présence et l'absence. Dans la littérature actuelle, on peut ainsi la reconnaître de loin. C'est elle qui se tient avec bravoure sur la frontière séparant le plein et le vide, et qui fait signe. Des deux univers, le second est évidemment le plus inquiétant. Car l'absence n'est pas uniforme, étale ou égale à elle-même, mais plurielle, toujours différente, toujours étrangère. D'où le courage de la romancière à explorer cet univers, à l'habiter parfois. Là, elle lie connaissance avec les citoyens du "pays", les fantômes.

Dans le dernier paragraphe de son roman, Marie Darrieussecq écrit justement : "Les fantômes ne rôdent pas dans les limbes. Ils n'existent que dans la rencontre. Ils n'ont d'autre lieu que leur apparition." Si l'on met de côté le premier livre, Truismes (POL, 1996), flamboyante et charnelle entrée en matière qui effraya bien des assoupis, Le Pays est le plus incarné de ses romans. Mais cette incarnation ne se revendique pas comme une victoire sur l'absence. Et celle-ci ne se trouve pas comblée ou guérie, tel un trou, un vide, une dépression. D'ailleurs, en ce domaine, toute victoire marquerait la fin de l'écriture...
Le roman est construit sur l'alternance des voix : directe, à la première personne, et indirecte, qui poursuit la narration de l'extérieur ; les deux étant légèrement décalées et typographiquement distinctes... L'autre axe du livre est celui de la filiation. Marie appartient à une fratrie, est inscrite dans un héritage, reçu et à transmettre. Elle doit tenir sa place, avancer, être fille et mère, entre un frère mort, comme évanoui, Paul, et un autre, Pablo, enfant adopté, devenu fou et se disant le fils du général de Gaulle. Les quelques pages sur Pablo sont d'ailleurs parmi les plus belles, les plus justes du livre. Au point de rencontre de ces deux lignes de force, la question de la littérature surgit, centrale. Avec force et urgence...


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