Louise / Passion du livre

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.. Louise

Couverture du livre Louise

Auteur : Julie Gouazé

Date de saisie : 01/09/2014

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Léo Scheer, Paris, France

Collection : Littérature

Prix : 18.00 €

ISBN : 9782756104515

GENCOD : 9782756104515

Sorti le : 20/08/2014

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  • La dédicace de l'auteur

Oui, avancez encore un peu. Non, non plus bas. Un peu plus sur la gauche. Voilà, c'est moi, «Louise». Je sais, vous ne connaissez ni mon nom, ni mon visage. Et puis un premier roman c'est toujours un pari.
Vous me plaisez vous. J'aime la façon dont vous me prenez dans vos mains. En caressant la couverture d'une main légère. Sans casser la tranche. Vous regardez les deux autres qui se trouvent à côté de moi. C'est le jeu !
Je ne peux pas vous promettre que je vais vous plaire. Je peux juste vous promettre que j'ai mis dans mon livre toute mon âme et toutes mes tripes. Que vous raconter une histoire a été mon fil rouge pendant que j'écrivais. J'ai pensé à vous souvent.
Je vous regarde déambuler dans les allées. Vous arrêter sur un titre ou parce qu'un rayon de soleil rebondit sur une couverture. Il y a toujours un moment où l'on revient en arrière.
Si j'atterris dans votre sac, je peux vous appeler «future lectrice»... ou «futur lecteur»... Alors chère lectrice, cher lecteur, je croise les doigts pour que la lecture de «Louise» soit un moment d'abandon, un instant d'émotion. Les mots parfois font du bien, emportent loin ou plonger profond. J'espère que les miens seront de ceux-là.

Julie Gouazé



  • La présentation de l'éditeur

«Louise va bien. C'est un principe de base. Une loi fondamentale. Alice est enfermée, Jean est perdu, Marie et Roger ont pris quinze ans dans la figure. Ne vous inquiétez pas, il en faut plus pour entamer Louise ! Elle est forte. C'est un soleil et le soleil ne s'éteint pas. Même la fée Clochette se remet à briller quand on recommence à croire en elle.»

La soeur de Louise, Alice, se noie dans l'alcool. Roger et Marie, leurs parents, les noient dans un trop-plein d'amour. Louise, elle, va tout faire pour garder la tête hors de l'eau.
Roman à l'écriture affûtée, Louise plante son scalpel au coeur des relations familiales. Autopsie d'un bonheur obligé, d'un débordement d'affection qui provoque l'asphyxie, il est un lumineux récit d'apprentissage et une formidable leçon de vie.

Julie Gouazé est née en 1977 à Lyon. Elle vit aujourd'hui à Paris. Louise est son premier roman.





  • Les premières lignes

Juin 1995. Lyon. Dans quelques semaines, Louise aura 18 ans. Ce week-end est le dernier avant l'épreuve de philo. Son amoureux s'appelle Marc. Louise a des parents, Marie et Roger, et une soeur. Plus âgée, Alice est partie il y a des années faire sa vie ailleurs. Son départ, Louise s'en souvient encore. De la déchirure. De la solitude. Du coeur qui se serre. Et du silence qui s'abat sur la maison. Qu'il est assourdissant, ce silence. Elle met les mains sur ses oreilles pour ne pas l'entendre. Avant, Louise s'endormait bercée par les 45 tours d'Alice. Le son arrivait dans la chambre mais la chaîne était dans le salon. Il fallait aller les retourner tout le temps. Entre les disques d'Alice et ceux de ses parents, Louise s'est forgé une culture musicale qui ne ressemble pas à celle de ses copains. À l'époque, elle se serait damnée pour avoir un vinyle de Jeanne Mas et elle chérissait par-dessus tout sa cassette Les Hits des années 80. A la maison, pourtant, selon l'heure de la journée, elle allait de Brassens à Angelo Branduardi en passant par Ferrât, Maxime Le Forestier, Ogeret, les Clash, Marie-Paule Belle, Bobby Lapointe, Serge Reggiani, Renaud, Charlebois... Brel était considéré comme misogyne et Serge Lama n'avait pas droit de cité. Guy Bedos avait la cote. Raymond Devos était adulé. Et Zouc, avec sa robe noire et sa gueule de travers, tirait encore des larmes.
Louise ne supportait pas de s'entendre dire qu'elle était un peu comme une fille unique. Quatorze ans d'écart, c'est comme si elle avait eu une deuxième maman. Non ! Louise a une soeur. Une soeur chérie. Adorée. Imitée. En fouillant bien dans sa mémoire, Louise pourrait se souvenir d'une soirée dans un restaurant chinois avec Alice et ses copains. Elle avait tellement insisté pour faire partie de l'une des virées nocturnes de sa grande soeur. Alors ça y est, elle est assise là. Il fait nuit. Et c'est le bonheur. Aujourd'hui, les restaurants chinois, elle déteste. Pendant des années, Louise a gardé précieusement un tee-shirt à capuche, avec des rayures bleues, jaunes et roses, parce qu'Alice avait le même. Après le départ de sa soeur, Louise allait faire régulièrement des incursions dans sa chambre inoccupée. C'est là qu'elle a récupéré un vieux pyjama orange en éponge. Des pulls tricotés main. Lorsqu'elle ouvre la porte de la chambre, la vie est partie. Reste encore un peu l'odeur d'Alice. Alors Louise ferme les yeux. Elle revoit les débuts de soirée d'hiver lorsque la nuit était déjà tombée et que sa soeur travaillait, penchée sur sa table d'architecte, son Rotring à la main. Elle entend encore le grattement de la lame de rasoir sur le calque. Un parfum mélangé de savon, de déodorant et de fumée de cigarette. La seule qui avait le droit de fumer dans sa chambre sans s'attirer des regards noirs, c'était Alice. Tout, pourvu qu'elle rentre. Surtout, qu'elle reste. Encore un peu. Une minute. Toujours. Tout était beau, chez Alice. Tout était parfait. Elle sentait bon. Elle était belle. Elle était drôle. Et comme la vie reprenait lorsque Alice était à la maison ! Quand l'homme qui venait d'entrer dans sa vie était là, c'était beaucoup moins bien. Il la taquinait jusqu'à ce qu'elle pleure. Pour rien. Par jeu.


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