Auteur : Michel de M'uzan
Date de saisie : 13/09/2005
Genre : Psychologie, Psychanalyse
Editeur : Gallimard, Paris, France
Collection : Connaissance de l'inconscient
Prix : 16.00 € / 104.95 F
ISBN : 978-2-07-077531-6
GENCOD : 9782070775316
"Maman, dis-moi... dis-moi maman, pourquoi je suis moi ? !" C'est une toute petite fille qui, un jour, au plein de l'angoisse, lance cette interrogation. La confrontation avec le vacillement identitaire, on l'imagine concerner plutôt le philosophe ou le poète. Mais l'enfant fait savoir que n'importe qui, à un moment ou un autre, dès lors qu'il a cessé d'être endormi à lui-même, peut découvrir dans un saisissement que les limites de son être lui deviennent incertaines ; cependant que la distinction d'avec l'autre a perdu de son évidence dite naturelle. Dans ses précédents livres, l'auteur s'est attaché à l'étude de la problématique identitaire, pour l'approfondir aujourd'hui. A la faveur de ce parcours sont présentés des domaines, des situations où le côtoiement des confins de l'identité ouvre un gouffre sous les pas du sujet. Ainsi, et de nouveau, il sera question des derniers instants de la vie et de ce qui s'y joue dans le paradoxe le plus extrême. A côté de quoi, par exemple, le cri d'Antonin Artaud intervient quand, à partir de rien, son langage cherche à situer les frontières de son être. Mais on ne saurait méconnaître que ces ébranlements dramatiques sont aussi une chance pour l'esprit qui, là, se découvre des capacités cachées au fond de lui et jusqu'alors inaccessibles.
Michel de M'Uzan a publié dans cette même collection De l'art à la mort (1977) et La bouche de l'inconscient (1994).
Dans ce recueil de textes écrits entre 1996 et 2005, Michel de M'Uzan explore les limites de l'identité, les états de l'identité quand son possesseur est au bord de ne plus être en possession de lui-même, quand il est à la frontière de la mort ou de la folie, mais aussi dans des situations moins dramatiques, comme les rêveries de l'enfance ou la séance analytique. M'Uzan (qui a beaucoup écrit sur l'art, la psychosomatique, la mort, et a été l'analyste de Georges Perec dans les années 50) réussit à parler de choses dont les psychanalystes parlent finalement assez peu : l'orgasme féminin (ce qui n'est pas la même chose, montre-t-il, que de parler du plaisir, de la jouissance ou de la volupté), les imperceptibles changements de climat au cours d'une séance ou la séduction dans l'analyse.
Chacun peut se retrouver aux confins de sa propre identité, ce n'est pas forcément mauvais signe, ça peut être une fenêtre sur autre chose...
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